Sciences humaines & sociales

  • Ce recueil essentiel publié chez Armand Colin en 1952 propose trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 par le co-fondateur avec Marc Bloch des Annales. Lucien Febvre y développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire et propose de précieux  conseils de méthode et y affirme sa dimension pluridisciplinaires  (géographie, sociologie, linguistique, philosophie...)  en proposant 11 portraits de grandes figures de ces différentes disciplines.  Le grand historien y définit  l'Histoire "comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. [Il faut pour cela] recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent".

  • Les lettres au mystérieux Lucilius de Lutèce qui ouvrent ce livre donnent le ton : intime, allègre et érudit. S'il évoque toujours ce qui lui tient à coeur, l'histoire et la philosophie chez les Grecs, les Romains et les Premiers chrétiens, ou les contre-vérités qui ont fait long feu, Lucien Jerphagnon nous parle aussi avec brio et profondeur de sujets plus personnels ses amis, ses affections, et ses conversations avec les dieux. Le Maître nous rappelle alors, avec son accent inimitable, que le présent doit se conjuguer avec la plus divine des obligations, dont les dieux d'Homère ont donné l'exemple : « rire ».

  • Lucien Jerphagnon a publié tout au long de sa carrière nombre de textes enlevés : des articles grand public ou savants, légers et polémiques, drôles et inattendus. Ce livre se veut un choix des meilleurs inédits du Maître sur l'Antiquité, relus et retravaillés par ses soins. Lucien Jerphagnon nous entraîne de page en page à voir avec leurs yeux ce que voyaient les Anciens. Quoi qu'il traite, il nous entretient avec bonheur de la sagesse et de la mystique chez les Grecs et les premiers chrétiens. Car, pour Lucien Jerphagnon, il en va toujours de la recherche du Bien suprême - un Bien suprême qui n'exclut ni le rire ni l'humour.
    « Connais-toi toi-même » - phrase reprise de la devise qui ornait le fronton du temple de Delphes, et dont Socrate a fait son leitmotiv - est le vade-mecum parfait de ceux pour lesquels l'esprit n'a pas d'âge et appartient à tous les siècles - à aujourd'hui comme à demain.

  • Lucien Febvre fut un des initiateurs de la nouvelle école d'historiens français. Dans ce volume il étudie le XVIe siècle, l'aurore des temps modernes. Il cherche à le comprendre de l'intérieur car, dit-il, il est difficile d'imaginer 'à quel point la psychologie d'un Français du XVIe siècle ne saurait être celle d'un Français du XXe'. Il évoque brillamment toute une civilisation, grâce à une méthode qui permet de comprendre cet homme du XVIe siècle qui ''(doit être intelligible non par rapport à nous, mais par rapport à ses contemporains', auquel il ne faut pas prêter nos idées et nos connaissances, mais qu'il convient de replacer dans son époque, pour pouvoir saisir ses problèmes et sa façon d'être.

  • Les trois volumes de La Guerre d'Indochine, pour la première fois réunis en un seul volume. Lucien Bodard balaie en près de mille deux cents pages quinze années tragiques où se mêlent l'espoir et les larmes. Parce qu'il a croisé les acteurs de cette guerre, il les fait revivre avec force : Giap, de Lattre, Bao Dai et les autres. C'est le récit d'un auteur qui a vécu son sujet, qui sait les dangers de la jungle, la fraîcheur des hauts plateaux. Et il y a ces lieux, oubliés parfois, Dien Bien Phu, bien sûr, mais aussi Vinh Yen, Lang Son, Cao Bang, la R.C.4... Lieux amers et drôles. Qui se souvient du Saïgon des bandits, des piastres et des jeux, cité de jouissance célèbre dans tout l'Orient ? De l'aventure à l'humiliation, des jours tendres aux pluies cruelles, voici l'histoire d'une guerre, l'histoire de deux pays, passion désordonnée et proche où notre innocence s'est perdue.

  • « Des souvenirsd'une force exceptionnelle. »Max GalloCe livre retrace la guerre d'un soldat du rang. Dans un stylesobre, Lucien Richard, caporal appelé au 121e régimentd'infanterie, y rend compte au jour le jour des épisodesde sa campagne contre l'Allemagne, du 9 mai au 17 juin1940.Parti comme ses camarades confiant et déterminé au secoursde la Hollande, il se rend à l'évidence : les avions et leschars donnent aux Allemands une supériorité écrasante.Lucien Richard participe aux combats de retraite à travers laBelgique. Malade, il perd son régiment, embarque à grandpeineà Dunkerque pour l'Angleterre, d'où il reviendra deuxjours plus tard pour se battre encore.En témoignant des heures tragiques de 1940, Lucien Richardn'a pas voulu se donner un rôle. Il confie simplement sessensations et ses réflexions de combattant. Son récit estémaillé de descriptions et d'analyses d'un grand intérêtdocumentaire, qui font justice de bien des idées reçues surle comportement au feu des soldats français d'alors.L'un des livres les plus honnêtes et précieux sur le désastrede 1940.

  • Sait-on encore ce qui fonde l'Europe ? Quel ordre juridique et constitutionnel les peuples européens peuvent-ils et doivent-ils adopter ? Quelle éducation doit être proposée pour perpétuer la civilisation dont nous sommes issus ? C'est à ces questions que Lucien Jaume répond en menant une enquête sur la nature de l'esprit européen. Ni « identité » ni « conscience » européenne, ce dernier est bien plutôt un héritage intellectuel, artistique, spirituel et scientifique, ainsi qu'une attitude de l'esprit vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis de la société. On peut parler d'un « sens commun » qui, depuis la Renaissance, a nourri et façonné nos nations aujourd'hui membres de l'Union.
    Entre la règle et le marché, mais aussi à travers la puissance (ambivalente) de l'opinion, l'esprit européen s'exprime par les créations de la liberté qui se soumet aux règles et aux normes.
    Depuis Bossuet et Pierre Nicole, en passant par Locke et Adam Smith, pour arriver, grâce à Tocqueville, à notre démocratie d'opinion, cet ouvrage invite chacun à se remémorer le lien original que l'Europe a forgé entre l'individu et la communauté.

    Un recueil de textes de Locke, Bossuet, Nicole, Adam Smith, Tocqueville et Bachelard prolonge cet essai.

  • En 1950, le grand historien Lucien Febvre, aidé par un jeune assistant en Sorbonne, François Crouzet, se lance un défi : écrire, en réponse à une sollicitation de l'Unesco, un manuel « modèle » d'histoire de la civilisation française. Oublié jusqu'à aujourd'hui dans un grenier poussiéreux, ce livre veut prouver qu'il n'y a pas d'identité française providentiellement surgie de la nuit des temps, mais que la France s'est progressivement créée grâce à un constant métissage ethnique et culturel qui est le cœur battant de sa civilisation. Véritable défense et illustration du caractère « international » et «interdépendant » de toute nation, Nous sommes des sang-mêlés dénonce les tentations de refus de l'autre qui ont conduit aux atrocités des conflits mondiaux du XXe siècle. Selon Febvre et Crouzet, l'historien a pour mission, scientifique et éthique, d'éliminer les ferments de haine xénophobe entretenus par l'enseignement d'une histoire trop nationaliste, et d'ouvrir les esprits à l'idée d'une « fraternité » universelle qui serait l'essence même du passé et donc du présent. Livre singulier d'histoire engagée, promotion d'un projet de paix qui serait l'avenir de l'humanité, Nous sommes des sang-mêlés conserve toute sa pertinence aujourd'hui.

  • L'accession de la Chine au rang de deuxième puissance économique mondiale confère une meilleure image à la révolution chinoise qu'à la russe. Elles ont pourtant presque tout en commun : la révolution chinoise a d'abord été une copie conforme de l'autre, Mao Tsé-toung ne connaissant guère le marxisme qu'à travers la vulgate de Staline. Puis il a pris conscience moins des vices de son modèle que de son inadaptation à un pays surpeuplé du tiers-monde.

    Mais au lieu de corriger le modèle, il a prétendu aller plus loin et plus vite dans le même sens. À la différence de la réplique d'un séisme, d'ordinaire moins catastrophique, le Grand Bond en avant est une réplique aggravée du premier plan quinquennal soviétique (1929-1933), conçu en fonction d'une fin rêvée sans tenir compte des possibilités. Et c'est en tournant le dos à la révolution que la Chine se développe à vive allure.

    Finalement, le panorama que fait ressortir Lucien Bianco de son étude est assez similaire : système politique, surexploitation de la paysannerie, entraînant les deux plus grandes famines du siècle, mise au pas des intellectuels, répression, camps. La comparaison entre Staline et Mao qui couronne le tableau le conduit à remonter jusqu'à Lénine et à faire sien le constat d'un historien chinois : "Autant que possible, le mieux est d'éviter de recourir aux révolutions."

  • Un Frankenstein technologique nous menace. Du moins le croyons-nous. Déjà nous vivons dans un monde de machines, à transporter, à fabriquer, à penser. pour remédier à la catastrophe imminente, nous comptons sur la communication : concept magique, mode envahissante, nouvelle science liturgique du siècle à venir. La communication - sous toutes ses formes - va-t-elle sauver nos sociétés ?
    On ne parle jamais autant de communication que dans une société qui ne sait plus communiquer avec elle-même, dont la cohésion est contestée, dont les valeurs se délitent, dont les régulations s'effacent. Dieu, l'Histoire, les anciennes théologies et valeurs fondatrices ont disparu en tant que moyens d'unification. Dans le creux laissé par leur faillite se développe la communication, entreprise désespérée pour relier entre elles des analyses spécialisées et des milieux cloisonnés à l'extrême. Comme une nouvelle théologie, celle des temps modernes, fruit de la confusion des valeurs et des fragmentations imposées par la technologie.
    De cette nouvelle science qui a ses écoles, ses laboratoires, ses grands prêtres, Lucien Sfez entreprend l'exploration systématique et la critique radicale.

  • Avec leur cortège de belles espionnes, de faux moines et de vrais aventuriers, les affaires d'espionnage dont Lucien Bély a retrouvé la trace sont souvent des ébauches de romans. Aristocrate, marchand, prêtre, voyageur anonyme, le bon agent secret doit ressembler à tout le monde. A la moindre alerte, il disparaît.
    Au-delà du pittoresque, cette formidable enquête sur l'information et la diplomatie à l'aube des Lumières nous plonge au coeur des sociétés modernes. Si _ raison d'Etat oblige _ les princes de l'Europe ont leurs réseaux de renseignement, dans la réalité l'espionnage justifie la surveillance policière mais suscite aussi la fabulation.
    A l'univers du doute et du soupçon qu'est par définition l'information secrète s'oppose celui des ambassadeurs, monde de l'éclat, de la certitude, de la cérémonie publique. Le parfait négociateur doit être l'image du souverain à l'étranger. Transplanté dans un monde différent, il doit apprendre à le connaître et chercher à le séduire.
    A suivre au jour le jour ces hommes qui s'efforcent d'organiser l'Europe, on voit apparaître " une profession à part ", celle de " négociateur ", mise en valeur au début du XVIIIe siècle par le congrès d'Utrecht. On découvre aussi que l'Histoire s'écrit autant à coups d'hésitations et d'erreurs que de décisions bien pesées.
    Etape essentielle dans l'histoire de la diplomatie, Utrecht témoigne d'un art de vivre européen, du culte de la langue française, du goût de la conversation, mais surtout d'un idéal commun, l'oeuvre de paix. Après tant de guerres, et malgré les menaces de rupture, une paix fut signée. La diplomatie définissait un ordre politique durable et répondait aux aspirations des peuples en travaillant à leur bonheur. La même année, l'abbé de Saint-Pierre publiait son Projet de paix perpétuelle. Au lendemain de la guerre de Succession d'Espagne, les valeurs pacifiques l'emportaient pour un temps sur la gloire de la guerre.
    Lucien Bély, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé d'histoire, ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, docteur ès lettres, est professeur d'histoire moderne à l'Université Charles-de-Gaulle de Lille.

  • Dans les royaumes des Temps modernes, la vie d'un prince était affaire d'Etat, et l'on suivait avec passion les étapes, de sa petite enfance à ses funérailles. Son destin était inséparable de celui des autres monarques, souvent ses parents. Les souverains constituaient aussi une société fermée au sein de la chrétienté et entretenaient des relations cruciales : François Ier et Henri VIII rivalisèrent de faste au Camp du drap d'or ; Louis XIV rencontra Joseph II voyagea incognito pour conseiller Marie-Antoinette et Louis XVI. Dans ce cercle des têtes couronnées, les rapports personnels définissaient les relations internationales, car ils signifiaient la guerre lorsque les monarques profitaient des crises de succession pour renforcer leur puissance, mais ils étaient également synonymes de apis lorsque les mariages princiers favorisaient les réconciliations.
    Rassemblant de multiples témoignages sur les grandes dynasties, ce livre offre un tableau coloré de cette société européenne des souverains, dans laquelle l'émulation, les rivalités et les conflits n'excluaient pas des liens solides et où les femmes tenaient un rôle essentiel, puisqu'elles assuraient la continuité d'une maison et l'avenir de la monarchie. Il dévoile en particulier les règles et les lois secrètes de ce monde à part. Au fil du temps, l'humilité du prince chrétien laisse la place à une savante mise en scène de la majesté royale, puis les princes des Lumières cherchèrent à s'affranchir du carcan du cérémonial et à se rapprocher de leurs sujets.
    Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, Lucien Bély est professeur d'histoire moderne à la Sorbonne. Il est l'auteur de nombreux livres, dont Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (1990), Les Relations internationales en Europe, XVIIe-XVIIIe siècle (1992), La France moderne (1994). Il a également dirigé le Dictionnaire de l'Ancien Régime (1996) et codirigé L'Invention de la diplomatie (1998).

  • The history of France has been eventful and dramatic, exciting and complex. By looking at the most outstanding moments in the long process of evolution which has shaped national identity, this book attempts to highlight the main traits that have made the country what it is today. It takes a look at the questions, controversies and uncertainties of the past. France, however, could not exist without the French people, once the subjects of a monarch, now citizens of the French Republic, and it is their life which is described here. History on this scale necessarily turns the spotlight on the men and women responsible for taking the decisions that govern and guide their fellow-citizens. They are the men and women who have created or been subjected to events, people who have supported or instigated collective movements. It also seemed appropriate to set France in its place within Europe and the rest of the world, to see how other nationalities considered, and continue to consider, the country. Lucien Bély was born in Lyon in 1955. He studied in Ecole normale supérieure and obtained the agrégation d'histoire and a thèse d'Etat. He is now Professor at the Sorbonne in Paris.

  • Lorsque des écrivains flatteurs parlaient de Louis XIV comme du plus grand roi du monde, le monarque lui-même, ses sujets et nombre de ses contemporains n'étaient pas loin de penser de même. La France étant alors un pays peuplé aux armées puissantes, son souverain s'impose comme le premier dans la hiérarchie des rois, derrière un empereur regardé avec condescendance, dans une Europe chrétienne, qui pense être supérieure au reste de l'univers.Ce livre s'interroge donc sur les raisons et les méthodes qui ont conduit ainsi à l'exaltation d'un prince. Il se penche sur l'émergence d'un souverain qui, pendant sa longue vie, assume la fonction royale avec sérieux, constance et orgueil, mobilisant l'Etat et les Français pour des entreprises grandioses, dont Versailles est le symbole même, mais faisant aussi courir de grands risques à son pays. Le portrait de Louis XIV esquissé ici permet de découvrir également ce que furent les espérances, les rêves et les joies, ainsi que les malheurs et les désillusions d'un moment étonnant de l'histoire de France. Lucien Bély est Professeur d'histoire moderne à la Sorbonne (Paris IV). Plusieurs de ses livres traitent du temps de Louis XIV dont il est spécialiste, en particulier Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV (1990), Les Relations internationales en Europe, XVIIe-XVIIIe siècles (1992), La France moderne (1994) et La Société des princes (1999). Il a aussi dirigé le Dictionnaire de l'Ancien Régime (1996), L`Invention de la diplomatie (1998) et La Présence des Bourbons en Europe, XVIe-XXIe siècle (2003).

  • Les années 1789-1794 sont capitales dans la genèse de la vie politique moderne, dont elles ont constitué le laboratoire: la voix de l'opinion publique, le jeu des " factions ", la citoyenneté, le dogme de la souveraineté populaire entrent en scène avec éclat. De cela l'étude de la forme d'organisation des Jacobins, de leurs idées, de leur rhétorique est un excellent révélateur.
    Ce club, à l'origine diversifié, est devenu, sous l'effet des Brissot, des Marat, des Robespierre, une remarquable machine politique; il a capitalisé les attentes de couches sociales multiples, incarné contre plusieurs adversaires _ et pas seulement les royalistes! _ la " Personne " du peuple et l'unité de l'Etat révolutionnaire.
    L'efficacité du discours jacobin met en évidence le pouvoir, nouveau, de l'offre politique sur l'électorat et annonce ce qui est devenu aujourd'hui la compétition et les techniques de conquête de l'opinion.
    Dans le fil des problèmes soulevés par François Furet, cet ouvrage éclaire des pans entiers, longtemps délaissés par l'historiographie, de la pratique et de l'idéologie révolutionnaires.
    Agrégé de philosophie, historien et politiste, Lucien Jaume s'est fait connaître jusqu'à présent par des travaux sur Hobbes et sur les questions concernant la souveraineté et la représentation.

  • « Le langage des biologistes brille le plus souvent par sa précision. Celui des juristes aussi. Mais lorsqu'on en vient aux concepts les plus communs sans lesquels aucun avis éthique n'est formulable - être humain, personne, respect, dignité, etc. -, pareil souci d'éclaircissement semblerait n'être plus requis. » Lucien Sève nous entraîne dans un vaste périple à travers les questions posées par la biomédecine et les problèmes de société qu'elles recouvrent - progrès de la science, rôle de l'argent. Membre du Comité consultatif national d'éthique depuis sa création, Lucien Sève est philosophe.

  • Lire levi-strauss

    Lucien Scubla

    Lire Lévi-Strauss, c'est avoir à réunir deux versants de son oeuvre. Le versant sociologique des structures de parenté et le versant symbolique de l'interprétation des mythes. Curieusement, l'articulation des deux versants est un point aveugle de son oeuvre, une « formule canonique du mythe » qu'il a énoncée sans prendre toute la mesure de son rôle. Dans ce livre, Lucien Scubla explique cette formule canonique et montre sa très grande richesse d'utilisation, retrouvant ainsi la source vive de l'une des pensées les plus marquantes de ce siècle. Anthropologue, Lucien Scubla est membre du CRÉA (École polytechnique).

  • Faut-il opposer la loi et les droits ? L'universalité de la loi possède-t-elle un sens pour la liberté démocratique ? À l'heure de la montée des particularismes, des communautarismes et des différentialismes, c'est la question majeure de nos sociétés dont ce livre retrace l'émergence, l'oubli et les altérations.
    On assimile communément le libéralisme au triomphe de l'individu protégé par un certain nombre de droits, ou bien au triomphe du marché et de la société civile. D'où les figures du Contrat, du Juge et de la délibération sur la Justice popularisées par la philosophie américaine ou de langue anglaise, mais au prix d'un oubli des origines du libéralisme en philosophie : c'est la souveraineté de la loi et la fécondité de la loi pour la liberté humaine que les « classiques » ont mis au centre de leur pensée. Dans l'histoire américaine, puis européenne, la montée en puissance des droits de l'homme et du juge constitutionnel a également contribué à occulter la première philosophie du libéralisme. Tout comme a été obscurci, enfin, le grand partage entre libéralisme politique et libéralisme économique, entre la vision rationaliste de la loi et l'anthropologie empiriste des Écossais.
    Enseignant la philosophie et l'histoire des idées politiques à Sciences Po et au Centre Raymond-Aron (EHESS), Lucien Jaume apporte ici le complément, dans le domaine de la philosophie, à sa radiographie de l'esprit libéral en France publiée chez Fayard en 1997 : L'Individu effacé ou le paradoxe du libéralisme fran-çais (prix Guizot, 1998, décerné par le Conseil général du Calvados, et Prix Philippe Habert de science politique, Sciences Po/Le Figaro, 1998).

  • La technique qui, aujourd'hui, s'est ennoblie en "technologie" est au centre des dispositifs de pouvoir. Elle est fortement politique, alors qu'elle se dissimule derrière les objets techniques porteurs de rationalité et de progrès, nous dit-on. C'est pour cette raison que les gouvernements du monde développé, en panne d'idées nouvelles, croient trouver dans les nouvelles technologies un appui pour l'élaboration du consensus.
    Mais loin de se réduire à des objets, la technologie est une série de grands discours ou récits de légitimation de l'ordre existant. Ces récits dispersés, toujours changeants, souvent non fondés, s'enracinent en imageries, en métaphores osées ou métonymies abusives.
    Le projet de ce livre est d'analyser le récit du techno-politique, ses imageries techno-sociales ou techno-naturelles, et leur mode envahissant de fonctionnement dans tous les milieux dirigeants. La technique serait-elle devenue instituante de l'Etat et de la société ? Rien n'est moins sûr.

  • Ce Dialogue, rédigé à la prison de Clairvaux par deux anciens collaborateurs, est resté à ce jour inédit. Les deux hommes rédigent une vingtaine de " dialogues " où ils s'expriment en totale liberté. Ils parlent de l'histoire de leur engagement, du nationalisme maurrassien au racisme hitlérien. Ils évoquent De Gaulle qu'ils haïssent, Staline qu'ils admirent. Ils passent en revue l'histoire de la littérature, invectivent Sartre, vomissent Genet, s'enthousiasment pour Marcel Aymé et Céline.
    Ces dialogues nous invitent à regarder l'adhésion au nazisme de certains intellectuels français non pas comme un accident de parcours ou une parenthèse, mais comme l'accomplissement de ce qu'ils pensaient et continuaient à penser malgré la défaite de leur camp.

  • Extrait : "On est dans l'usage de comprendre sous le nom de démocratie des états politiques fort différents, bien que ce mot qui signifie, à proprement parler, pouvoir du peuple ou gouvernement du peuple, ne s'applique, si on le prend à la rigueur, qu'à la situation politique déterminée."
    À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
    Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.
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    o Livres rares
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    o Poésies
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    o Policier

  • Extrait : "C'est encore une rivière des Pays-Bas, disent tous ceux qui voient le Rhin à Cologne, après avoir visité la Hollande et la Belgique. Les Anglais, préparés par Byron à ce Rhin qui présente l'assemblage de toutes les beautés, sont étonnés en arrivant, de se trouver sur les rives plates d'un cours d'eau plus souvent trouble que clair. De rochers, de forêts, de vignobles, de vieux châteaux forts, pas la moindre apparence."
    À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :
    Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :
    o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
    o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.





  • Extrait
    Assimilation
    Le modèle républicain français recherche l’assimilation des nouvelles populations à l’identité française, au contraire des systèmes anglo-saxons, qui visent l’intégration de ces populations. Alors que la première vise à gommer toutes les différences entre les individus et les populations, la seconde ignore ces différences. Le point culminant de l’assimilation est le changement de prénom.
    L’identité française est basée sur un élément essentiel : la langue française. au XIXe siècle, les langues régionales étaient nombreuses. Les mesures prises par Jules Ferry pour les affaiblir à la fin du siècle ont contribué à imposer cette langue unique dans tout le pays. C’est cette stratégie d’unification qui constitue le coeur historique de notre identité nationale.
    Si l’ancienne génération d’immigrés a tenté d’oublier ses origines et enfoui son identité, la nouvelle génération revendique la reconnaissance des singularités et affirme ses différences. Elle ne veut plus être assimilée, car elle considère que c’est un reniement de soi. Cette nouvelle attente pose un nouveau problème : elle nous impose l’abandon de la gestion de masse pratiquée jusqu’alors.
    Le concept d’assimilation semble donc révolu car rejeté par les populations. Pour elles, il ne s’agit plus de se fondre dans une identité commune mais d’intégrer la nation en gardant sa propre identité au sein du groupe. L’assimilation irait donc à l’encontre de la notion de diversité. Face au défi de la mondialisation, il semble essentiel d’apprendre à connaître les différentes cultures qui nous entourent au quotidien.
    Le terme assimilation est diversement compris par les uns et autres.
    « L’assimilation est une des voies proposées pour l’intégration. Cela correspond au modèle républicain français. [...] La diversité a sa place en France, dans l’espace communautaire. » (Benjamin Abtan)

  • Dans les neuf lettres qui composent cet ouvrage, on retrouve Lucien Bouchard tel qu'en lui-même : éloquent, entier et combatif. L'homme n'a jamais mâché ses mots, et son souhait de voir la jeunesse d'aujourd'hui s'engager en politique le met en verve. Mais la forme de la correspondance donne aussi un ton très personnel à son discours. Il nous fait ainsi découvrir chacune des facettes du dur mais fascinant « métier » de politicien en évoquant sans détour ses réussites et ses échecs, ses enthousiasmes et ses déceptions. Chose certaine, s'il a pris ses distances avec la politique active, sa passion du Québec et de la chose publique n'est pas près de s'éteindre.

    La collection « Lettres à un jeune... »
    Les titres de la collection prennent la forme de lettres écrites par une figure marquante de la société québécoise à un jeune correspondant imaginaire qui voudrait se lancer dans la carrière où son aîné s'est illustré. Il s'agit, en une série de lettres thématiques, de transmettre le feu sacré d'une profession et les astuces d'un métier.

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