• En 1913, Marc Elder succédait à André Savignon au palmarès du prix Goncourt. L'île de Noirmoutier prenait, en quelque sorte, la suite de l'île d'Ouessant en tant qu'héros principal du roman primé...
    Situé au port de l'Herbaudière, face à l'îlot du Pilier, au nord-ouest de l'île de Noirmoutier, Le Peuple de la Mer se présente en trois séquences liées (la Barque, la Femme, la Mer) ; y est mis en scène le petit peuple noirmoutrin des marins, des pêcheurs, des employé(e)s des conserveries ou de l'administration et leur vie quotidienne faite tout à la fois de rudesse et de cruauté, de pauvreté, de dignité et de fierté, de fidélité et d'amour ; où le destin des protagonistes semble inexorablement tout tracé.
    Une plongée quasi ethnologique au coeur de la Vendée maritime transcendée par le talent romanesque de Marc Elder au style à la fois littéraire et populaire, grâce à une connaissance intime et charnelle du pays, de ses gens, de leurs mentalités.
    La présente édition est illustrée des bois gravés de Renefer (édition de 1930).
    Marc Elder (de son vrai nom Marcel Tendron), né à Nantes (1884-1933) ; il fut romancier, historien et, en son temps, conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes.

  • Pays de Retz

    Marc Elder

    • Claae
    • 10 Décembre 2018

    Un Nantais raconte le pays de ses vacances et de ses souvenirs de jeunesse.
    Marc Elder est le nom de plume de Marcel Tendron, originaire de Nantes (1884-1933), critique d'art, historien et conservateur du château des ducs de Bretagne. Avec ce récit, l'auteur nous raconte le pays de ses vacances, le pays de souvenirs merveilleux de jeunesse.
    Depuis l'âge le plus tendre, l'été me ramène au Pays de Retz.
    Je m'arrête parfois sur cette route de Bourgneuf, un peu au-delà de La Bernerie, au lieu dit le Chambaraud. Il y a là une vigne, un cellier, gloire d'un ancien voilier qui les fonda naguère. Cet homme était court et portait, sur une barbe blanche, un visage qui avait l'air d'un soleil couchant sur la neige. Le vin blanc, qu'il caressait, lui ménagea, non sans prévenir, une congestion radicale. Il finit dans le faste d'un petit bourgeois glorieux et renté, ajoutant aux assises d'une propriété réputée les agréments du yachting et de l'auto...
    Plongez dans ce récit, et tombez sous le charme de la plume de Marcel Tendron, critique d'art, historien et conservateur du château des ducs de Bretagne.
    EXTRAIT
    Brusquement, passé la gendarmerie, le monde s'abîmait dans un désert d'étoiles tout rempli de bruissements comme si le ciel chantait. Le relent fade des vases du marais, mêlé au parfum de violette du sel nouveau, rôdait sur des brises agonisantes, et la mer, encore lointaine, tendait jusqu'à notre visage ses doigts humides. Nous n'avions pas moins de six kilomètres à faire le long des digues qui défendent le polder, tantôt longeant des chaumes clairs, des guérets sombres, tantôt côtoyant des étiers où l'eau dormait, lourde, glacée, inquiétante et déchirée de temps à autre par les soupirs des fonds. Les gammes fluides d'un ruisseau, le cri d'une mouette, la foulée d'un lapin surpris et nos pas sur le sentier mou, voilà toute la vie. Nous marchions vers les étoiles, l'esprit dilaté, les poumons frais, le corps porté sur les flots denses du calme.
    La nuit s'achevait dans la paille du père Papon qui se levait en chemise pour nous conduire à sa grange, en balançant à bout de bras un falot le long de ses tibias secs. Nous surprenions toujours le bonhomme au lit avec sa jeune servante, Sulamite de ce David vendéen. Avant l'aube, le café chauffé aux bousas qui rougeoyaient dans la cheminée fumait sur la table de la ferme. Le mobilier n'était fait que d'épaves : panneaux de rouf, claires-voies, capots... et, jusqu'au linge, tout sentait le roussi. En sortant, nous trouvions sur l'aire un des fils du vieux, armé d'une gigantesque canardière bourrée de deux charges de poudre et d'une poignée de double zéro.
    Depuis bien des années, je n'ai revu ni le Paracaud, ni la ferme des Papon où le grand vieillard a dû s'éteindre, quelque jour, entre la mer et le vent, sous son chaume précaire. Je ne suis ni chasseur ni pêcheur d'instinct, et seul le feu de la jeunesse me poussait au jeu. Mais l'aube se lève toujours là-bas, comme naguère, quand nous étions blottis derrière le mur des caloges, aube floconneuse, grise, lente, qui lutte avec peine contre les ténèbres blanches où les phares clignotent hâtivement avant de mourir. 

  • En 1913, Marc Elder obtenait le prix Goncourt avec son roman Le Peuple de la Mer dont l'action se situait sur l'île de Noirmoutier. En 1932, il faisait paraître La Bourrine, autre roman de terroir qui se déroule aussi en Vendée, dans le pays de Monts.
    Voilà un court mais intense roman qui dépeint si justement, au travers de la lente agonie physique d'un riche paysan maraîchin, cette inéluctable fin de la race paysanne, pourtant si fière de ses traditions et de ses valeurs, qui se revendique même aristocrate de la terre cultivée...
    Confronté, après la Première Guerre mondiale, au changement subit des mentalités, aux progrès techniques et à l'attractivité de la ville, le monde paysan pourtant si particulier du marais vendéen, voit les nouvelles générations abandonner la culture de la terre et les mentalités qu'elle a si longtemps forgées.
    Une plongée quasi ethnologique au coeur de la Vendée maritime que l'auteur mène, dans un style à la fois littéraire et populaire, grâce à une connaissance intime et charnelle du pays, de ses moeurs, de son langage.
    Un autre beau texte, après Le Peuple de la Mer, à redécouvrir de Marc Elder (de son vrai nom Marcel Tendron), né à Nantes (1884-1933), romancier, historien et en son temps, conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes.

  • Sur le coteau de Cheverchemont, au-dessus de Triel, s'élève une claire maison aux murs lumineux dans le neuf des pierres et de la chaux, aux tuiles fraîches, aux peintures vives, les pieds cachés parmi des massifs de pois de senteur, d'asters, de roses et de plantes vertes qui montent tumultueusement aux façades d'une poussée de leur forte sève. Et par le jardin, tout alentour, ce sont les grandes taches colorées des fleurs répandues à profusion, le jaune ardent des soleils, les ramages bruyants des dahlias, et tout le long des allées, où elles débordent sauvagement, des capucines naines aux tons de minium, d'ocre, de sang, et encore des buissons d'asters à peine bleutés, de pois de senteur luxuriants dont les lianes enchevêtrées portent des fleurs multicolores, si légères qu'elles semblent prêtes à s'envoler.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Jacques Cassard est né à Nantes en 1679. Il perd son père alors qu'il est encore jeune. La famille étant sans ressources, il entre dans la marine à l'âge de 14 ans sur l'un des navires marchands appartenant à son oncle, le Dauphin de Cayenne. Devenu adulte, il commandera de nombreux navires de la flotte française, participant à des manoeuvres guerrières en Amérique en Sud, avant que Louis XIV n'ait vent de ses exploits et lui octroie le rang de lieutenant de frégate et la gratification financière qui va de pair. Devenu spécialiste de la guerre de course, Jacques Cassard est connu pour être un redoutable manoeuvrier. Le nombre et l'abondance de ses prises finissent par le rendre célèbre, autant que son respect des lois. Le roi de France l'engage alors pour escorter des convois de marchandises provenant d'Afrique fréquemment harcelés par les Anglais. Jacques Cassard prend ensuite le commandement d'une escadre et multiplie les assauts contre les colonies anglaises, hollandaises et portugaises des Antilles, pillant et rançonnant les navires ennemis pendant de longs mois. Il est promu capitaine de vaisseau en 1712. Mais, sur le butin considérable qu'il a ramené des Antilles, Jacques Cassard n'a pratiquement rien touché. Ses promotions, symboliques, lui permettent à peine de subsister. En 1736, Jacques Cassard va réclamer justice au Cardinal de Fleury, principal ministre du roi Louis XV, ainsi que les sommes qui lui étaient dues. Mais son caractère fier n'arrange en rien sa situation. Hors de lui, il insulte et bouscule le ministre. Déclaré fou, il est interné dans la forteresse de Ham dans la Somme, où il mourra après quatre ans de détention.
    Marc Elder (de son vrai nom Marcel Tendron), né à Nantes (1884-1933) ; il fut romancier, historien et, en son temps, conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes.

  • Le Peuple de la Mer

    ,

    • Ligaran
    • 26 Janvier 2015

    A la manière de Zola, Marc Elder nous fait découvrir la vie des habitants de Noirmoutier, au coeur des années 1910, et leur relation avec la mer.

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