• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Élevé comme il aurait pu l'être du temps de Luther, Marcel Haedrich a vécu une existence particulièrement riche. La guerre, la captivité, l'Occupation, la Résistance, la Libération, les journaux, les livres... Dans tout ce qui lui arrivait, il cherchait un rapport, avec le divin. Quand Hitler triomphait, il tremblait : Dieu est vaincu ? En captivité, il attendait un secours, du ciel ; et pourquoi pas du pain ? Dans la France occupée, il découvrait la patience des idées. Et c'était le maquis, des aventures qui rempliraient plusieurs vies, et la libération, Paris, les hommes nouveaux de la libération, qu'il connaissait tous, dont il notait les propos, dont il découvrait les ambitions. Des millions d'auditeurs d'Europe 1 savent bien que Marcel Haedrich dit toujours ce que personne ne dit. Et pourtant ils ont le sentiment de parler par sa bouche. Dans Seul avec tous les lecteurs ressentiront quelque chose d'analogue : enfin, on leur parle des années noires comme personne ne l'a fait, au mépris de toutes les idées reçues.

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  • « Suis-je le seul Français à me sentir mauvaise conscience quand on parle du maréchal Pétain ? Le hasard m'a fait rencontrer une demoiselle de plus de quatre-vingts ans, Jeanne Lucet, qui a travaillé pour lui, dans son ombre, pendant plus de trente ans. Au G.Q.G., pendant la Grande Guerre, il lui dictait ses ordres du jour. Et elle se trouvait là, à Vichy, en août 44, quand il fut enlevé par les Allemands. Entre-temps, elle avait tapé les manuscrits du capitaine de Gaulle, les notes de Weygand et de Gamelin. A la Libération, elle refusa de reprendre auprès de de Gaulle la place de confiance qu'elle occupait auprès de Pétain. » « Je rêve souvent, dit-elle, de ce qui aurait pu se passer si le général de Gaulle n'avait pas repoussé les avances du Maréchal. » « Qu'on ne cherche pas dans ce livre des révélations historiques époustouflantes. A travers la vie incroyablement transparente de Mlle Lucet, mes idées sur la guerre se sont encore clarifiées, et simplifiées. Elle a aimé le Maréchal, c'est évident. Comme un homme ? Comme un dieu ? Et lui, ce luron que l'on trouvait dans le lit de sa bien-aimée quand on le cherchait pour Verdun ? Il avait soixante et un ans quand, un jour, Jeanne Lucet, dactylographe administrative, embauchée pour taper des citations, est entrée dans son bureau, à Compiègne. Elle avait des cheveux blond cendré et des yeux bleu pervenche. »

  • « Nous voulons que l'on cesse de nous prendre pour des imbéciles », pour des enfants attardés, pour des hommes de l'autre siècle. Hommes de l'ère atomique, nous sommes déjà des hommes de l'an 2000. Hommes d'un monde nouveau, nous continuons cependant à vivre sur les codes, les conventions, les lois, la religion, la morale d'un monde mort. Les temps qui viennent ne sont pas, comme on veut nous le faire croire, des temps de terreur et d'esclavage ; ce sont des temps d'abondance et de liberté. Ce n'est pas demain, mais aujourd'hui même qu'il faut en prendre conscience et, pour un monde nouveau, créer une morale nouvelle, rajeunir Dieu, vivre enfin avec son temps...

  • On connaît, de Marcel Haedrich, plusieurs visages. Il y a en lui, qui cohabitent, un Protestant critique et empêcheur de danser en rond (il fit scandale quand on interdit à la télévision un Saint Paul peu orthodoxe de son crû), un grand journaliste doublé d'un reporter, un romancier à succès que jouèrent, adapté à l'écran, Juliette Gréco et Orson Welles (Drame dans un miroir), en un mot : un homme que son métier, ses passions et son atavisme, tout en l'ayant comblé, déchirent souvent aux aspérités de la société d'aujourd'hui. Marcel Haedrich n'accepte pas facilement les choses comme elles sont, ni « un monde où tout le monde triche... » Il a l'oeil libre et sa confiance peut virer très vite au sarcasme. Rappelez-vous ses deux derniers romans, La Rose et les soldats, Le Patron : l'un contenait beaucoup de son optimisme, l'autre beaucoup de son amertume. On voyait dans le premier un jeune homme, Marc Waerlé (qui ressemblait singulièrement à l'auteur), se jeter avec appétit sur la vie ; on le retrouvait dans le second, déjà blessé, déjà instruit... L'Entre-deux-dieux n'appartient à aucun genre littéraire officiel. C'est une longue réflexion familière. nourrie de souvenirs, acharnée à poser avec simplicité les questions fondamentales d'une vie. Livre du dialogue intérieur, un débat passionné des deux hommes que tous nous portons en nous ; livre aussi de la division essentielle entre hier et demain, entre le Dieu de l'enfance, de la mère et de la Bible, et le dieu technocrate et impérieux qui déjà nous investit. Marcel Haedrich nous raconte ses premières années, l'Alsace, la drôle de guerre et la moins drôle, la Résistance, Vichy... Mais ces souvenirs sont traversés des lueurs entrecroisées du désarroi et de la colère : quel Dieu un homme de ce temps peut-il enseigner à ses enfants, quand Leonov sillonne l'espace, que la biologie est bouleversée et que les computers commencent à régir nos vies ? A quelle foi se raccrocher, à quelle espérance ? L'Entre-deux-dieux est un livre surprenant, où les charmes de la mémoire et les drôleries de l'anecdote font parfois place à une sourde peur. C'est un livre aux couleurs des vraies vies : grave, curieux des lendemains, mais fidèle. F. N.

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  • Vous vous êtes souvent demandé ce que sont devenus les « hommes nouveaux » de la Libération, ces inconnus fantastiques, sortis de la nuit de l'oppression, héros authentiques ou imposteurs, à la fois féroces et magnanimes, à la fois juges et coupables, à la fois bourreaux et victimes... Si vous voulez les revoir (sans danger), si vous voulez les comprendre (pour essayer de les aimer) et si, à travers eux, vous voulez comprendre une époque aussi cruciale que déconcertante, dont l'influence pèse encore sur la vie de la France et sur votre vie, lisez ce roman. C'est un livre qui donne la clé d'une époque. Avec une lucidité impartiale, l'auteur a peint la fresque extravagante du « Paris année zéro » - une fresque émouvante et grandiose, qu'aucun cinéaste n'a osé jusqu'ici prendre comme toile de fond.

  • Je suis l'esclave de mon style. Un style ne se démode pas. Chanel ne se démode pas. Chanel vue par Coco ! Marcel Haedrich a recueilli les souvenirs et les confidences de la grande styliste. Et Mademoiselle Chanel se livre comme jamais ! Son franc-parler légendaire, son humour, les secrets de son enfance, sa jeunesse, sa manière unique de créer, et ses amours, rythment ce texte qui, plus qu'une biographie, est le récit par Coco Chanel de sa vie romanesque. Alors que son personnage est incarné - au cinéma et à la télévision - par de prestigieuses comédiennes, oui, Chanel reste indémodable.

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