• Il y a, dans la manière dont les supporters du traité de Maastricht veulent nous conduire à voter, quelque chose de suspect. Une inquiétude naît des vérités successives qui nous sont à moitié avouées, changeantes et incertaines, comme de la hâte trop visible avec laquelle on nous presse. Pourquoi tant d'obscurité, d'ambiguïtés et de vrais mensonges ? Pourquoi tant d'impatience ? Pourquoi cette sorte de chantage permanent qui fait hésiter beaucoup de nos concitoyens, comme au bord du piège ? Il est bien difficile de débrouiller un écheveau si malignement emmêlé. Avec un sens unique de la formule, Marie-France Garaud réfute, point par point, les arguments du pouvoir, et dresse un réquisitoire serré contre le texte soumis au référendum.

  • Avec un sens inné de la formule, un art du portrait aussi et le goût de l'Histoire qui passe, Marie-France Garaud nous raconte le déroulé de ces cinquante dernières années. L'opposition de Gaulle/Mitterrand, mais aussi Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.
    Don Juan, orgueilleux séducteur, défie dans l'opéra de Mozart le noble Commandeur. Celui-ci triomphe cependant. Don Juan, foudroyé, disparaît aux enfers. Tout peut alors rentrer dans son ordre. " Elle ne dure jamais longtemps, la fête des fous ", chante Masetto. La Ve République a porté en elle un semblable défi, celui de Don Juan-Mitterrand face à de Gaulle. Mais dans notre histoire, c'est Don Juan qui l'emporte finalement sur le Commandeur. Celui qui avait osé lancer : " Le gaullisme n'est qu'une aventure personnelle " a laissé derrière lui, soigneusement choisis, des germes de destruction qui continuent à parfaire son oeuvre au-delà de sa vie. Et se plaçant dans la lignée de son prédécesseur, Jacques Chirac est devenu, consciemment ou non, l'exécuteur testamentaire de celui qui se flattait d'être le " dernier vrai président " de la Ve République. Quelle force mystérieuse a donc conduit l'héritier présomptif de la tradition gaulliste à s'inscrire dans la continuité de François Mitterrand, achevant ainsi le démembrement des structures politiques dont le Général avait doté la France ? Car elle est bien morte, la Ve République, après une longue agonie, et le temps est venu de dresser le constat de décès alors que la fête des fous continue de plus belle... C'est une histoire qui aura duré à peine cinquante ans et dont nous avons déjà oublié les racines. Il se trouve qu'elle est celle de ma génération et que, d'un petit coin de la scène, j'en ai vu se dérouler le fil.

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