• Un numéro de revue ne se construit pas uniquement autour d'un thème, mais aussi à partir d'un ton ou d'une tonalité: d'une clé, comme disent les musiciens. Les textes rassemblés dans cette édition font entendre une certaine hauteur de notes où l'on ressent à la fois une sourde inquiétude, et une ironie grinçante, qui peut aller jusqu'au rire le plus lucide, le plus libérateur. Le portfolio de Christine Palmiéri côtoie ici la prose et les vers de Jean Daive, Alain Farah, Émile Martel, Patrick Chatelier, Normand de Bellefeuille, Marie-Pascale Huglo, Philippe Beck, Nicole Caligaris, Guy Beausoleil, Serge Lamothe, Kim Doré, Patrick Nicol, Jean-François Poupart, François Charron, François Rochon, Cristina Montescu, Jean Royer et Jacques Rancourt.

  • La voix est un corps sonore qui voyage dans le temps et dans l'espace. Les « transports » de la voix ne sont pas seulement des élans spirituels, émotifs ou pulsionnels, ils sont aussi des combinés téléphoniques, des écrans télévisuels, des haut-parleurs, des radios : les « milieux » de la voix se diversifient et se multiplient avec les médias et les formes de télécommunication, mais si la technologie hante nos imaginaires contemporains, elle reste en prise tant avec la question du sujet et du corps qu'avec celle du collectif ou de la machine elle-même et de ses résistances. Entre la voix de l'âme, du coeur, du peuple (des régions, des femmes, des hommes, des jeunes, des minorités), la voix-radio ou la voix-cinéma, le spectre va s'élargissant. Dans cet entrecroisement des voix, on peut constater un mouvement d'atomisation à tous les niveaux. La voix du sujet se dissémine, la voix collective se localise, la voix médiatique se diversifie. Sans doute est-ce là le point de départ de ces imaginaires de la voix. Il s'agit ici de faire travailler des transports et des transferts imaginaires qui relèvent précisément des métamorphoses de la voix moderne et contemporaine en littérature ainsi qu'en théâtre et en cinéma.

  • Dans ce roman pétillant mettant en scène trois adolescentes inséparables, l'auteure établit un lien entre les figures mythologiques des Trois Grâces, une marquise du 18e siècle et l'une de ses descendantes. Trois strates de récit se superposent et s'entrelacent.

  • Comment aborder le récit contemporain ? La variété de ses structures formelles et ses jeux d'intertextualité sont désormais bien connus, mais la sensibilité perceptive inhérente aux façons de raconter demeure peu étudiée. Or, chaque récit déploie, de manière diffuse, un univers discursif et perceptif pétri d'imaginaires et de mémoires collectives qui mérite considération. Le sens s'y noue au sensible qui le fonde. D'où la nécessaire approche esthétique revendiquée par cet essai. Dans l'univers contemporain, les sens sont certes sollicités par la variété du monde, mais aussi par les cultures livresques et audio-visuelles, entre genres anciens et nouveaux médias : quelles conséquences ces nouveaux modes de perception ont-ils sur la façon de raconter ? Comment, pour nous qui la lisons, la littérature s'en trouve-t-elle transformée ? Les études critiques ici rassemblées démêlent ainsi l'intrication du sens, de la perception sensible et de la mémoire culturelle chez des écrivains aussi divers que Michel Leiris, Louis-René des Forêts, Witold Gombrowicz, Emmanuel Carrère, Jean-Philippe Toussaint, Lydie Salvayre, Antoine Volodine ou Nathalie Sarraute. Elles ouvrent la voie à une approche renouvelée de la narrativité contemporaine.

  • En ce début de siècle, rien ne semble plus présent que le passé. Qu'est-ce donc qui nous passionne autant ? Les essais recueillis dans ce volume abordent diverses facettes de notre rapport au passé. Que ce soit dans les arts médiatiques, la littérature et le cinéma, par la musique, l'histoire ou l'architecture, en fonction de notre expérience de la ville ou du quotidien, ce sont à chaque fois nos manières de recycler la mémoire, et donc, aussi, de mettre en pratique l'oubli, qui sont attentivement analysées.

  • Troublantes parce qu'à peine dérivées de notre réalité, les nouvelles de « Peaux » explorent autant d'univers insoupçonnés. La peau, grattée, tendue, déchirée, embaumée, admirée ou même couverte de lésions, occupe le seul vrai premier rôle de ce surprenant recueil de nouvelles.

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