Editions Sulliver

  • L'interview

    Mathias de Breyne

    Derrière le dialogue entre intervieweur et interviewé qui court tout au long du livre, se révèle vite l'introspection ludique d'un auteur qui utilise cette forme vivante afin, réellement, de s'interroger sur son écriture, sur son existence et sur le monde auquel les deux sont confrontées.
    La spontanéité et la complicité des deux voix, parfois leurs taquineries, leurs attaques à fleuret moucheté, soutenues par de savoureuses inventions langagières, amènent le lecteur à se prendre d'amitié pour ces « deux » compères. Les deux voix, si elles sont complices, peuvent aussi s'avérer contradictoires, révélant les fractures intérieures. Dans ce jeu subtil où l'humour et l'autodérision ont la part belle, c'est bien nos aspirations à tous, nos élans, mais aussi nos fragilités qui sont évoqués, même si la vie de l'auteur est clairement ancrée dans un temps et dans un lieu : le Buenos-Aires et l'Argentine d'aujourd'hui, dont l'atmosphère imprègne et pimente le livre, ajoutant encore à son originalité.

    Mathias de Breyne est né à Lyon en 1973. Ses voyages lui permettent de découvrir les poètes de la Baby Beat Generation et il se lance ainsi dans la traduction littéraire. Il s'installe ensuite plusieurs années en Argentine où il établit une anthologie bilingue de littérature argentine contemporaine. Il a publié 12 livres, seul ou en collaboration, et notamment Livre offert (Sens et Tonka), Baby Beat Generation (La main courante), En voyage avec mon ami mort (Éditions H&O), Ruée vers l'homme (Éditions du Cygne, préface de Marcel Moreau).

  • « Être conscient que travailler là où je travaillais me faisait consciemment participer à l'absurdité et la misère du monde, et donc à la mienne, me bouffait un peu plus chaque jour. Me rongeait tripes et cerveau. Je ne voulais plus et n'en pouvais plus de prendre part à ce monde indigent. Je me demandais de quoi serait faite la prochaine révolution ; qu'elle ne soit pas matérielle, voilà ce que j'espérais : elle serait dérisoire, inutile ; qu'elle soit le regain de notre instinct, de notre vie instinctive, qu'elle soit antimatérielle en somme ! »
    Mourir avec son temps, se retrancher en soi jusqu'à la mort sociale, s'extraire du vase désespérément clos où nous confinent le monde du travail et la société qui le sous-tend, se soustraire à cette existence qui use et qui mine pour laisser s'épanouir ses univers intérieurs.
    Mourir avec son temps pour vivre ailleurs et autrement, dans une « ultravie » où l'imaginaire nourrit l'évasion. « Ça fusait dans sa tête, sa nouvelle vie était un entrelacs de vies. »
    Mourir avec son temps pour renaître Littérature. « C'était ça l'ultravie : désobstruer, se défaire, se débarrasser, reconstruire, remodeler, se réaccaparer, s'inventer une vie à part entière pour survivre. »
    La littérature comme mode de survie.

    Mathias de Breyne, né en 1973, a déjà publié 13 ouvrages, seul ou en collaboration. Ses voyages lui permettent de découvrir et de traduire les poètes de la Baby Beat Generation. Il s'installe plusieurs années en Argentine où il établit une anthologie bilingue de littérature argentine contemporaine, écrit ses romans L'Interview (Sulliver) et Entretien avec un frigo (Rouge Inside), et découvre et traduit l'inédit La Racine de l'ombú d'Alberto Cedrón et Julio Cortázar (CMDE). Il vit actuellement en France.

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