Jeunesse

  • Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur est un recueil de neuf nouvelles, écrites par Maurice Leblanc, qui constituent les premières aventures d'Arsène Lupin. La première nouvelle du recueil, L'Arrestation d'Arsène Lupin, est publiée en juillet 1905 dans le journal Je sais tout. Il s'agit de la première nouvelle mettant en oeuvre Arsène Lupin. Celle-ci ayant rencontré un réel succès, Maurice Leblanc est encouragé à écrire la suite par son éditeur. Or, comme l'auteur est perplexe sur la façon poursuivre les aventures d'un héros qui vient d'être coffré, l'éditeur l'enjoint de le faire évader. La saga du gentleman-cambrioleur est née. Plusieurs nouvelles paraissent dans Je sais tout, à intervalles irréguliers, jusqu'en 1907, avant d'être regroupées en volume. Extrait : Au fond, je bénissais Arsène Lupin. N'était-ce pas lui qui nous rapprochait ? N'était-ce pas grâce à lui que j'avais le droit de m'abandonner aux plus beaux rêves ? Rêves d'amour et rêves moins chimériques, pourquoi ne pas le confesser ? Les Andrézy sont de bonne souche poitevine, mais leur blason est quelque peu dédoré, et il ne me paraît pas indigne d'un gentilhomme de songer à rendre à son nom le lustre perdu. Et ces rêves, je le sentais, n'offusquaient point Nelly. Ses yeux souriants m'autorisaient à les faire. La douceur de sa voix me disait d'espérer. Et jusqu'au dernier moment, accoudés au bastingage, nous restâmes l'un près de l'autre, tandis que la ligne des côtes américaines voguait au-devant de nous. On avait interrompu les perquisitions. On attendait. Depuis les premières jusqu'à l'entrepont où grouillaient les émigrants, on attendait la minute suprême où s'expliquerait enfin l'insoluble énigme. Qui était Arsène Lupin ? Sous quel nom, sous quel masque se cachait le fameux Arsène Lupin ?

  • Après le noir 813, Maurice Leblanc revint aux nouvelles plus légères, dans le style de celles de son premier recueil, Arsène Lupin gentleman cambrioleur. Elles ont paru dans Je sais tout à partir d'avril 1911. Les trois dernières nouvelles, lors de leur publication initiale, ne portaient pas le sur-titre Les Confidences d'Arsène Lupin. On y retrouve le Lupin des débuts, charmeur, à qui tout réussit, dans les situations perdues. Les Jeux du soleil, publication initiale in Je sais tout n° 75, 15 avril 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : Les Jeux du soleil -- L'Anneau nuptial, publication initiale in Je sais tout n° 76, 15 mai 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : L'Anneau nuptial -- Le Signe de l'ombre, publication initiale in Je sais tout n° 77, 15 juin 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : Le Signe de l'ombre -- Le Piège infernal, publication initiale in Je sais tout n° 78, 15 juillet 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : Le Piège infernal -- L'Écharpe de soie rouge, publication initiale in Je sais tout n° 79, 15 août 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : L'Écharpe de soie rouge -- La Mort qui rôde, publication initiale in Je sais tout n° 80, 15 septembre 1911, sous le titre Les Confidences d'Arsène Lupin : La Mort qui rôde -- Le Mariage d'Arsène Lupin, publication initiale in Je sais tout n° 94, 15 novembre 1912 -- Le Fétu de paille, publication initiale in Je sais tout n° 96, 15 janvier 1913 -- Édith au cou de cygne, publication initiale in Je sais tout n° 97, 15 février 1913 -- Extrait : Sans en dire davantage, Lupin m'entraîna de nouveau, redescendit et, une fois dans la rue, tourna sur la droite, ce qui nous fit passer devant mon appartement. Quatre numéros plus loin, il s'arrêtait en face du 92, petite maison basse dont le rez-de-chaussée était occupé par un marchand de vins qui, justement, fumait sur le pas de sa porte, auprès du couloir d'entrée. Lupin s'informa si M. Dulâtre se trouvait chez lui. - M. Dulâtre est parti, répondit le marchand... voilà peut-être une demi-heure... Il semblait très agité, et il a pris une automobile, ce qui n'est pas son habitude.

  • La Demeure mystérieuse est un roman policier de Maurice Leblanc, paru en 37 feuilletons quotidiens dans Le Journal du 25 juin au 31 juillet 1928, puis en volume chez Pierre Lafitte en juillet 1929. Il met en scène le gentleman-cambrioleur Arsène Lupin et fait suite à L'Agence Barnett et Cie, dont on retrouve un personnage phare, le brigadier Béchoux. À Paris, en 1907, un enlèvement est commis à l'Opéra durant un défilé de haute couture: la belle chanteuse Régine Aubry est conduite par deux individus dans une maison non-identifiée où on la dépouille de son corselet de diamants. Puis elle est relâchée, sans sa parure évidemment au grand dam du diamantaire véreux Van Houben qui avait conçu la robe. Extrait : L'auto fila rapidement. Régine ôta son voile et reconnut la place du Trocadéro. Si près qu'elle fût de son appartement (elle habitait à l'entrée de l'avenue Henri-Martin), il lui fallut un effort prodigieux pour s'y rendre. Ses jambes fléchissaient sous elle, son coeur battait à lui faire mal. Il lui semblait à tout instant qu'elle allait tournoyer et s'abattre comme une masse. Mais, au moment où ses forces l'abandonnaient, elle avisa quelqu'un qui venait en courant à sa rencontre, et elle se laissa tomber dans les bras de Jean d'Enneris, qui l'assit sur un banc de l'avenue déserte. « Je vous attendais, dit-il, très doucement. J'étais certain qu'on vous reconduirait près de votre maison, dès que les diamants seraient volés. Pourquoi vous eût-on gardée ? C'eût été trop périlleux. Reposez-vous quelques minutes... et puis ne pleurez plus. »

  • Ce roman parut en feuilleton dans Le Journal, de septembre à novembre 1912. Le volume sortira en librairie dans la foulée. Maurice Leblanc s'est inspiré dans ce roman du célèbre scandale de Panamá (1892-1893). Il emprunte par ailleurs à la nouvelle La Lettre volée d'Edgar Allan Poe l'idée consistant à mettre très en évidence l'objet que l'on veut cacher. Au cours d'un cambriolage chez le député Daubrecq, un crime est commis et deux complices d'Arsène Lupin sont arrêtés par la police. L'un est coupable du crime, l'autre innocent mais les deux seront condamnés à mort. Lupin va s'employer à délivrer la victime de l'erreur judiciaire. Extrait : Vaucheray donna son nom. Gilbert refusa de donner le sien, sous prétexte qu'il ne parlerait qu'en présence d'un avocat. Mais comme on l'accusait du crime il dénonça Vaucheray, lequel se défendit en l'attaquant, et tous deux péroraient à la fois, avec le désir évident d'accaparer l'attention du commissaire. Lorsque celui-ci se retourna vers Lupin pour invoquer son témoignage, il constata que l'inconnu n'était plus là. Sans aucune défiance, il dit à l'un des agents : - Prévenez donc ce monsieur que je désire lui poser quelques questions. On chercha le monsieur. Quelqu'un l'avait vu sur le perron allumant une cigarette. On sut alors qu'il avait offert des cigarettes à un groupe de soldats, et qu'il s'était éloigné vers le lac, en disant qu'on l'appelât en cas de besoin. On l'appela, personne ne répondit.

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