• Élève, muse, amie, complice : voici ce que fut Jeanne Baudot pour Renoir pendant plus de vingt-six ans. Elle vouait au maître une admiration sans borne que la passion commune pour la nature et ses beautés exacerbait. Que de moments précieux et joyeux partagèrent-ils ! Dès son plus jeune âge, évoluant au coeur de la sphère privilégiée d'intellectuels, d'artistes et de collectionneurs parisiens de la Belle Epoque, cousine de Paul Gallimard, amie des petites Manet, de Degas, Mallarmé, Maillol, Maurice Denis, Valéry et de tant d'autres, Jeanne ne pouvait que succomber à l'appel de l'Art. La peinture l'ensorcela.
    À la lumière de Renoir tente de percer le secret de cette folle passion aux vertus rédemptrices. « Grâce à la peinture, j'ai éprouvé dans ma vie des émotions et des joies esthétiques qui m'élevèrent dans le royaume de la Beauté pure et m'immunisèrent contre tant d'atteintes terrestres. », dira-t-elle dans ses souvenirs.

  • 1836, les Gordoniens se préparent au recensement pour lequel, Antoine Maurier, instituteur à Aubigny, a été missionné, en remplacement de son oncle souffrant. Hébergé par le maire et châtelain de Saint-Satur, il tombe, d'emblée, sous le charme de son épouse Rosa, femme superbe, à la personnalité envoûtante. Antoine découvre avec beaucoup d'intérêt le milieu des vignerons et des mariniers. Sollicité par ses hôtes, il donne des leçons à leur fille Caroline. La crue de la Loire viendra prolonger son séjour. 1844. Marié et promu juge de paix à Sancerre, Antoine se retrouve au coeur d'un drame qui touche la famille du châtelain : Doit-il conclure à l'accident ou au suicide ? L'ascendant, qu'exerce sur lui Rosa, toujours aussi séduisante, pèsera sur sa décision. Le dernier volet de ce triptyque s'ouvre en 1851. C'est, cette fois, Caroline qui fait appel au juge, l'obligeant à rouvrir le dossier. Antoine enquête, prenant en compte des pistes négligées sept ans plus tôt. De révélations en révélations, il reconstitue une histoire qui fait resurgir le passé trouble de certains protagonistes. Comment dévoiler la vérité sans mettre en péril son propre bonheur ?

  • Une histoire d'amour au coeur de la Grande Guerre et le combat d'une femme pour sa liberté. Juin 1914. L'été s'annonce radieux. Maxime Bedu est chargé de photographier Blanche qui doit épouser, six semaines plus tard, un riche veuf de plus de vingt ans son aîné. En s'entretenant avec la jeune fille, il apprend qu'elle s'est jetée dans cette union par dépit amoureux. La rencontre entre les deux jeunes gens se transforme en idylle. Éclate alors la guerre avec son cortège de deuils et de destructions. Éprise de liberté et de justice, Blanche, ne supporte pas sa condition d'épouse soumise. Le souvenir de Maxime, dont elle ignore le sort, et son amour pour lui, vont l'aider à s'affranchir et à prendre sa destinée en main. Arrivera-t-elle à trouver le bonheur et reconstruire sa vie sur les ruines fumantes de l'ancien monde ? A travers le combat de Blanche pour s'émanciper apparaît en filigrane celui des femmes qui, au sortir de la première guerre mondiale, militent pour obtenir plus de reconnaissance et le droit de vote.

  • Gien, meurtri par la guerre, a presque fini de panser ses plaies et est devenu un "joyau de la reconstruction". La population s'étourdit dans une activité fébrile et joyeuse, mêlant travail, fêtes costumées grandioses, concours en tous genres, et plaisirs de la chasse. Les événements d'Algérie en arrière-fond troublent peu le moral au beau fixe. Maud, la demoiselle du téléphone, une Berruyère venue travailler à Gien, ne tarde pas à s'intégrer à une bande de jeunes : on danse, on rit, on flirte... Les passions éclosent : l'amour, la jalousie... La haine mûrit lentement dans le coeur de Maud pour la trop belle Francine, qui plaît à tous les garçons, et surtout à celui dont elle est éprise. Dès lors, elle n'aura de cesse de nuire à sa rivale, s'appuyant sur des racontars. Les souvenirs de l'occupation sont encore bien présents. Le passé finira-t-il par dévoiler son double visage ? Dans cette petite ville typique du début des années 60, l'amour sera-t-il plus fort que le « qu'en dira-t-on » ?

  • Marseille, novembre 1873. Jules, jeune rentier, se réjouit d'un rendez-vous galant. Le sort en décide autrement. Ses amours contrariées par le décès subit de Clotilde, sa bien-aimée, provoquent en lui un désir et des regrets qui tournent à l'obsession, et le plongent peu à peu dans la dépression. Sur les conseils de ses amis, Jules va, en guise de thérapie, entamer une enquête sur le passé énigmatique de la belle Clotilde, qui le mènera dans différents lieux de Paris et en Bourgogne. Guidé par le carnet intime de la disparue, des lettres trouvées à son domicile, et surtout par Marie, la chanteuse de cabaret rousse, arrivera-t-il à percer le mystère qui plane autour de la défunte, dont la personnalité apparaît plus complexe qu'au prime abord ? Pourquoi a-t-elle changé de nom ? A Marseille, elle se faisait appeler Clotilde, alors que six ans plus tôt à Paris, elle était Adeline. Comme si la jeune femme possédait une double personnalité : Adeline la sage, Clotilde la maîtresse ? Ou pire encore, la fille de joie ?... Que trouvera Jules au bout de l'aventure ? La paix de l'esprit ou le néant ? La vie et l'amour seront-ils plus forts que la mort ? Un regard sur un destin de femme et une étude de la condition féminine à l'époque d'Offenbach et de Zola...

  • Qui se souvient encore de Madeleine Sologne ? Son nom n'évoque souvent qu'un arrêt de train à la gare de La Ferté-Saint-Aubin devant l'espace baptisé en son honneur. Et cependant en 1943, elle connut la gloire aux côtés de Jean Marais dans L'Éternel Retour de Jean Cocteau. Le couple mythique symbolisait alors la résistance face à l'occupant. Adulée par toute une jeunesse qui imita sa coiffure, longue mèche blonde tombant sur le front, Madeleine Sologne gagnait sa place dans la famille des grandes actrices. Elle était à l'apogée de sa carrière. Ainsi se trouvait réalisée la prophétie qu'un baladin avait faite, à la jeune Madeleine et à son amie d'enfance, Renée quelque vingt ans auparavant. Si cette dernière, pourtant talentueuse et animée de rêves, allait suivre une voie toute différente et semée d'embûches, chacune devait savourer un jour, à sa façon, son heure de gloire. Deux parcours de femmes aux fortes personnalités, aux destins à la fois divergents et entremêlés, indissociables... Une réflexion sur le bonheur et la renommée, sur la vanité des entreprises humaines, et le temps qui passe et efface, telle une puissante vague, les mots gravés sur le sable...

  • Femme de robe

    Michèle Dassas

    « Robe sur robe ne vaut », voilà comment un grand nombre de ses confrères avocats accueillirent la prestation de la première femme à avoir plaidé. Les railleries, le mépris traduisaient l'angoisse des hommes de voir des représentantes du sexe dit faible, accéder à des fonctions qui leur étaient jusqu'alors exclusivement réservées. Combien avait-elle dû se battre, Jeanne Chauvin, avant de pouvoir enfin prêter serment, trois ans après avoir essuyé un humiliant refus, alors qu'elle était pourtant munie de tous les diplômes nécessaires ! Femme de robe retrace le parcours de cette femme remarquable, ses combats, son humanité, ses espoirs. Aux côtés d'une mère d'exception et d'un frère, aussi déterminé qu'elle, qui fut député de Seine-et-Marne, et secrétaire du Grand Orient, Jeanne laisse le souvenir d'une femme digne, résolue, charismatique, une pionnière éprise d'équité. Mais Femme de robe est aussi un roman qui, au-delà des faits historiques, ressuscite une Jeanne plus intime, avec ses passions et sa sensibilité toute féminine.

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