Langue française

  • Octobre 1944. Marie et son époux Moïse sont déportés à Auschwitz, d'où ils ne reviendront pas. Du moins est-ce là ce que croit savoir leur petite-fille qui, soixante-dix ans plus tard, décide de retracer le parcours tourmenté de sa grandmère, de sa Roumanie natale jusqu'à l'Italie - refuge illusoire face aux persécutions nazies -, en passant par la Bulgarie et la France. La narratrice se rend tout d'abord à Jérusalem, puis sillonne l'Europe centrale à la recherche d'éléments biographiques.
    À la recherche de Marie J. entrecroise ainsi deux récits : celui de l'enquête haletante de la narratrice à travers différents pays, et celui de la vie romanesque d'une jeune sépharade d'Europe de l'Est dans la première moitié du XXe siècle. À la fois investigation rigoureuse et chronique familiale bouleversante, ce livre raconte une lignée de femmes fortes confrontées à l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire européenne.

  • En 1984, Michèle Sarde retraçait, dans son premier Regard sur les Françaises, l'histoire des femmes dans l'Hexagone du Moyen Âge aux années 1970. Sorties de " l'alcôve " grâce à la révolution contraceptive, il était logique que ce soit dans " l'arène " publique et politique qu'elles se battent désormais.Pour comprendre l'évolution de la France en matière d'égalité des sexes, cet essai parcourt tous les aspects, de l'intime au public, de la vie des Françaises. À travers quatre grandes thématiques - Sexualité, Mixité, Laïcité et Parité - l'analyse recense toutes les grandes batailles sociales qui les concernent : du PACS à l'homoparentalité, de la prostitution aux violences sexuelles, du code de la famille au port du voile à l'école, de la parité linguistique à la parité politique. Pourtant, comparée à d'autres pays européens, la France accuse encore de nombreux retards, surtout dans les domaines professionnels et politiques.Ce livre offre un bilan sociologique objectif et lumineux sur la longue marche des femmes françaises vers l'égalité. En guise d'illustration, il donne aussi la parole à des femmes d'aujourd'hui, toutes générations confondues, de Simone Veil à Fadela Amara, en passant par Clémentine Autain, Mazarine Pingeot, Yvette Roudy, Edith Cresson, Dominique Desanti, Juliette Minces etc... De l'expérience de chacune jaillit une représentation plurielle du féminin et l'horizon de luttes encore à mener. Car, des plus âgées, parce qu'elles ont posé les premières pierres, aux plus jeunes, parce qu'elles bâtissent l'avenir, toutes les femmes contribuent à cette révolution sociale. Sans oublier les hommes qui les accompagnent.

  • Revenir du silence

    Michèle Sarde

    • Julliard
    • 1 Septembre 2016

    Née en Bretagne au seuil de la Seconde Guerre mondiale, Michèle Sarde a longtemps tu ses origines. À travers le récit tardif de sa mère, Jenny, elle reconstitue le parcours de sa famille, de l'exil de Salonique et de l'installation à Paris, en 1921, à l'assimilation réussie dans la France des années trente. Mais les persécutions de l'occupation nazie contraignent Jenny et les siens à se cacher et à dissimuler leur identité. Jenny luttera alors de toutes ses forces pour survivre et protéger sa fille. Un traumatisme qui perdurera dans l'après-guerre et finira par les réduire toutes deux au silence. Saga hors norme d'une tribu méconnue, les Sépharades de l'Empire ottoman qui, chassés d'Espagne par les Rois catholiques, s'étaient installés quatre siècles durant en terre musulmane avec leur religion et leur langue, ce livre est le fruit d'une démarche littéraire à la fois ambitieuse et originale. Michèle Sarde y entrecroise une enquête fouillée, un témoignage authentique et un roman haletant, poignant, et parfois drôle, sur le destin d'une famille prise dans la tourmente du sombre XXe siècle. Il soulève en même temps des questionnements contemporains sur la migration, l'intégration, la transmission et la résilience.

  • Chronique d'un désir, celui qui pousse Nejla vers Serge, lequel se refuse presque jusqu'à la fin du livre, n se donnera alors mais pour bientôt se refuser à nouveau ; cette descente au plaisir s'exaspère devant le refus mâle de reconnaître le Désir-Femme - Dans cette expérience, Nejla trouvera une conscience nouvelle d'elle-même, de sa situation de femme et de ses rapports avec l'autre. La Révolution qu'elle soit algérienne ou mythique sert de contrepoint à cette aventure désespérée, et paradoxalement tout aussi subversive : combattre les tentations masochistes et les vieux stéréotypes mentaux. L'aide aux frères algériens en lutte, la torture, les communistes puritains, les barbelés de l'enfance juive, la mode psychanalytique, le « machisme » des uns et des autres, traceront le cercle de feu à l'intérieur duquel Nejla. vivra sa passion et l'exorcisera.

  • Il aura fallu la parution de deux ouvrages -Le Manuel du Goulag en 1997 et Qu´elle était belle cette utopie ! Chroniques du Goulag en 2000 - pour que le public découvre le destin singulier et extraordinaire de Jacques Rossi, ce Français emprisonné au Goulag. Mais, si ces deux ouvrages donnaient toutes les clés du système concentrationnaire soviétique et exprimaient les souffrances inouïes des déportés, ils ne disaient rien du parcours de l´auteur avant et après son séjour au Goulag. C´est l´objet de ce livre où il s´est confiéà l´écrivain Michèle Sarde.



    Jacques le Français, surnom qui lui fut donné par ses compagnons de captivité, relate avec force, vivacité et humour l´existence de Jacques Rossi. Né en 1909 d´une mère française, il vécut en Pologne une adolescence de fils de famille et adhéra très jeune au Parti communiste, ce qui entraîna une première peine de prison. En 1929, il se trouvait à Berlin où ses talents de polyglotte (il pratique une dizaine de langues) lui valurent d´être affectéà la section des liaisons internationales OMS du Komintern et au service de renseignements de l´Armée rouge, le GRU. Pendant environ huit ans, le jeune agent secret mena à bien de dangereuses missions en voyageant à travers l´Europe sous des identités d´emprunt.



    Pendant la guerre d´Espagne, agent de liaison pour le compte des Républicains sur le territoire de Franco, il est rappeléà Moscou lors des grandes purges de 37. Accusé d´espionnage, il est condamné, sans autre forme de procès, à« huit ans de camp de redressement par le travail » qui se prolongeront en vingt années forcées en Arctique et en Sibérie. Après la mort de Staline, il sera assignéà résidence à Samarcande en Asie centrale pendant quatre ans. Au sortir d´URSS, la vie de l´ancien Goulaguien sera consacrée à rentrer dans sa patrie française où il ne retournera définitivement qu´en 1985 et à témoigner sur un siècle qui restera dans l´Histoire celui de l´inhumanité idéologique, symbolisée par les totalitarismes nazi et soviétique.

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