• Parmi les ouvrages consacrés au général de Gaulle et à son oeuvre, ce livre sera remarqué par son originalité. Il est en effet le résultat brut, sans suppression ni ajout, d'entretiens que le Général eut, de la dernière période de la guerre d' Algérie jusqu'à son départ des affaires, avec Michel Debré, son premier Premier ministre et l'un de ses plus proches collaborateurs.

    Au-delà de la qualité même des interlocuteurs, on est frappé par la diversité de leurs propos, leur très grande franchise, parfois la rudesse du ton. Tous les sujets importants de l'heure sont abordés avec la plus totale liberté de parole. L' Histoire est là, sous nos yeux, en train de se faire : quelle position adopter alors que s'ouvrent les premières négociations avec la Rébellion en Algérie ?
    Le Général doit-il se présenter aux élections présidentielles de 1965 ? Comment gouverner dans la tourmente de l'après-Mai 68 ? Pourquoi le référendum suicidaire de 1969 ?


    A travers ces conversations dans le secret du bureau de l'Elysée ou le calme des forêts proches de Colombey, on pénètre au coeur de l'Etat et l'on comprend mieux nombre de décisions qui ont façonné un certain visage de la France .

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Que faire pour conserver à la France sa place dans le peloton de tête, dans le camp des vainqueurs ? D'abord ne plus parler de « crise ». La réalité de la compétition, monétaire, énergétique, commerciale aussi bien qu'idéologique et démographique, est une réalité durable. Parler de crise provisoire, c'est s'en remettre à la fatalité. L'honneur de la politique est de refuser cette fatalité. Politique de la famille et de l'enfance ; politique d'expansion agricole et industrielle ; politique de solidarité sociale approfondie et diversifiée ; politique d'ambition pour les Français et pour la France. Quatre grands chapitres éclairent le chemin de l'action que propose Michel Debré pour que notre pays retrouve son équilibre et sa prospérité. Mais la France est une personne de la communauté des peuples. « La liberté est un honneur et la paix est une charge. » Sous ce titre qui, à lui seul, appelle au courage et à l'effort, l'auteur renouvelle les orientations essentielles de la politique extérieure et de la défense françaises... Avec un refus égal du discours officiel - « on ne peut faire mieux » - et du discours de l'opposition - « rien n'est possible sans un bouleversement général » -, la lettre ouverte de Michel Debré sur la reconquête de la France part d'un examen des réalités politiques et sociales pour ouvrir, par la « reconquête de la France », les chemins du renouveau et de l'espoir.

  • La situation politique de la France se présente, en ce premier semestre de l'année 1963, sous un jour assez neuf. Pour la première fois depuis près de vingt-cinq ans, notre armée n'est plus au combat. Que de gloires, mais aussi que d'épreuves ! Les plus récentes ne furent pas les moins amères. Mais il fallait une fin : la guerre civile risquait d'être le prix d'une évolution mal dominée pendant trop longtemps. Il était nécessaire de préserver le destin de la Nation. Pour la première fois depuis plus de trente ans, l'état des finances publiques est satisfaisant. Sans doute est-ce, notamment chez nous, un état toujours précaire, et au premier manque de rigueur, les difficultés surgissent. Mais la réalité est là : le développement continu de l'économie, la hausse du niveau de vie. Un redressement n'est jamais terminé : l'existence même de la Nation est un constant effort. Au cours des années qui s'ouvrent, la tâche du Pouvoir demeure immense. Il doit, certes, tenter de répondre aux aspirations des citoyens, car il a besoin, pour sa légitimité, donc pour agir, d'une vaste adhésion. Mais il doit faire davantage : se souvenir de ce que les citoyens oublient, regarder ce qu'ils ne voient pas, deviner ce qu'ils n'imaginent pas. La tâche sera ingrate car l'absence de danger immédiat et la relative aisance de la Trésorerie font éclore, comme il n'est que trop naturel, les ambitions les plus démagogiques, les idées ou les illusions les plus fausses, sans oublier les influences étrangères hostiles, comme toujours, à une France redressée qui affirme sa politique. Cependant, savoir, observer, prévoir, après quoi commander en fonction de l'intérêt national, est une nécessité que l'on peut qualifier d'impérieuse. Il est une certaine tendance d'esprit, dont la République a beaucoup souffert depuis un demi-siècle. Elle conseille de prendre les problèmes au moment où ils provoquent une crise et de résoudre les difficultés au fur et à mesure qu'elles vous contraignent à les affronter. Une telle attitude est déplorable. Les pages qui suivent, écrites à l'intention des hommes et des femmes qui, simplement, croient, en leur pays et ont foi en son avenir, qui, profondément, croient en la liberté et ont foi dans le bienfait social qu'elle peut apporter, n'ont pas d'autre ambition que d'expliquer les chemins qui sont ceux d'une politique nationale. Les principes étant connus, les objectifs n'étant pas contestés, où agir ? Comment agir ? C'est à ces questions que ce projet de programme entend proposer des éléments de réponse.

  • La situation politique de la France se présente, en ce premier semestre de l'année 1963, sous un jour assez neuf. Pour la première fois depuis près de vingt-cinq ans, notre armée n'est plus au combat. Que de gloires, mais aussi que d'épreuves ! Les plus récentes ne furent pas les moins amères. Mais il fallait une fin : la guerre civile risquait d'être le prix d'une évolution mal dominée pendant trop longtemps. Il était nécessaire de préserver le destin de la Nation. Pour la première fois depuis plus de trente ans, l'état des finances publiques est satisfaisant. Sans doute est-ce, notamment chez nous, un état toujours précaire, et au premier manque de rigueur, les difficultés surgissent. Mais la réalité est là : le développement continu de l'économie, la hausse du niveau de vie. Un redressement n'est jamais terminé : l'existence même de la Nation est un constant effort. Au cours des années qui s'ouvrent, la tâche du Pouvoir demeure immense. Il doit, certes, tenter de répondre aux aspirations des citoyens, car il a besoin, pour sa légitimité, donc pour agir, d'une vaste adhésion. Mais il doit faire davantage : se souvenir de ce que les citoyens oublient, regarder ce qu'ils ne voient pas, deviner ce qu'ils n'imaginent pas. La tâche sera ingrate car l'absence de danger immédiat et la relative aisance de la Trésorerie font éclore, comme il n'est que trop naturel, les ambitions les plus démagogiques, les idées ou les illusions les plus fausses, sans oublier les influences étrangères hostiles, comme toujours, à une France redressée qui affirme sa politique. Cependant, savoir, observer, prévoir, après quoi commander en fonction de l'intérêt national, est une nécessité que l'on peut qualifier d'impérieuse. Il est une certaine tendance d'esprit, dont la République a beaucoup souffert depuis un demi-siècle. Elle conseille de prendre les problèmes au moment où ils provoquent une crise et de résoudre les difficultés au fur et à mesure qu'elles vous contraignent à les affronter. Une telle attitude est déplorable. Les pages qui suivent, écrites à l'intention des hommes et des femmes qui, simplement, croient, en leur pays et ont foi en son avenir, qui, profondément, croient en la liberté et ont foi dans le bienfait social qu'elle peut apporter, n'ont pas d'autre ambition que d'expliquer les chemins qui sont ceux d'une politique nationale. Les principes étant connus, les objectifs n'étant pas contestés, où agir ? Comment agir ? C'est à ces questions que ce projet de programme entend proposer des éléments de réponse.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ce livre a été achevé pendant l'hiver 1956-1957. Depuis, les événements ont éclairé d'une lumière très vive la thèse - ou plutôt - le diagnostic de l'auteur. Les « princes qui nous gouvernent » sont à ce point attachés au système qui les fait ce qu'ils sont, qu'ils préfèrent l'abdication de la France au redressement qui serait le salut. Or, ce redressement, nécessaire à l'existence de la France et à la liberté des Français, est possible, mais il exige des « princes » un acte de courage. Quelle erreur commettent-ils en ne le comprenant pas ! Le régime ne résistera pas à certaines épreuves et, après avoir tout perdu, pour n'avoir pas osé s'attaquer au seul problème, celui de l'autorité politique, nos princes seront, eux-mêmes, des épaves perdues. Se ressaisiront-ils avant qu'il soit trop tard ?

  • Solitaire ou chef de file ? Homme du passé ou visionnaire ? Ce critique du présent condamne-t-il ou annonce-t-il l'avenir ? Est-il le dernier et l'inutile survivant de la foi gaulliste ? Annonce-t-il le réveil national des nouvelles générations de demain ou d'après-demain ?

    Ce serviteur de l'Etat, l'un des fondateurs de la Ve République, est-il aujourd'hui divorcé de la République ou son meilleur défenseur, dans la tradition des républicains d'antan ?

    Ces questions, nombreux sont ceux qui se les posent, chacun à sa manière. Du centriste majoritaire au gaulliste d'opposition, de l'intellectuel de gauche au polémiste de droite.

    Elles montrent en définitive que Michel Debré est une personnalité à part dans le monde politique actuel. Un homme hors du commun.

    Garde des Sceaux, rédacteur des institutions, Premier Ministre pendant la période la plus difficile de l'après-guerre, puis successivement Ministre de l'Economie et des Finances (1966-1968), Ministre des Affaires Etrangères (1968-1969), Ministre d'Etat chargé de la Défénse Nationale (1969-1973), Michel Debré a fondé l'Ecole Nationale d'Administration, le Centre National d'Etudes Judiciaires devenu Ecole Nationale de la Magistrature, ouvert l'Ecole Polytechnique aux femmes et aux lycéens issus de la filière technique de l'Education Nationale. Il est aussi l'auteur des grandes lois-programmes qui ont modernisé l'agriculture, orienté l'économie, développé le secteur bancaire, fait progresser enseignement technique et formation professionnelle.
    Sans oublier les lois-programmes sur la défense, sur l'équipement sportif, sur la protection du patrimoine national, sur les sources nationales d'énergie.
    Et dans bien d'autres domaines son nom s'attache à des réformes déterminantes.

    Michel Debré porte aujourd'hui ses réflexions et ses analyses sur l'exercice de la démocratie, sur la démographie, sur le développement de la Recherche et de l'Innovation, sur la compétition économique mondiale. Et, naturellement, sur les perspectives de l'organisation européenne dont il fut un des artisans, notamment par la politique agricole commune qu'il définit et mit en place.

    Estimant mal conçue, ambiguë et pour tout dire dangereuse l'élection prochaine au suffrage universel d'une Assemblée Européenne, Michel Debré, le premier, a mis en garde nos dirigeants et l'opinIon. Le premier aussi il affirma que cette "affaire" allait profondément diviser la France alors qu'une autre voie était possible, et toujours possible, qui assure un grand avenir à l'Europe, dans l'affirmation d'une France forte et indépendante.


    Cet ouvrage, écrit avec passion mais avec le souci de la précision, est à la fois une histoire, un réquisitoire et un plaidoyer qui éclairent tous trois nos débats actuels. Et ceux de demain.

  • Après le premier tome consacré à sa jeunesse, à la Résistance et à la Libération, Michel Debré entreprend dans cette seconde partie de ses Mémoires le récit de son combat politique pendant la IVe République et aux origines de la Ve République. Peu de personnalités ont alors tenu une place aussi importante. C'est dire l'exceptionnel intérêt de ce témoignage.


    Au moment où, en 1946, le Général de Gaulle quitte le pouvoir, commence pour Michel Debré la période d'une opposition déterminée à un régime dont il dénonce les errements et prévoit la chute. Aussi retrouvons-nous à travers ces pages le pamphlétaire redouté du Courrier de la colère, le sénateur dressant des réquisitoires de la tribune du Palais du Luxembourg, l'adversaire du projet de la Communauté Européenne de Défense... Mais l'apport de Michel Debré réside dans l'analyse de bien d'autres événements politiques, comme les circonstances de la création du Rassemblement du Peuple Français, en 1947, ou la critique de la loi électorale de mai 1951 dont il affirme qu'elle priva la France d'un retour du Général de Gaulle au pouvoir et qu'elle eût évité l'épreuve de mai 1958.


    Ce retour du Général de Gaulle, Michel Debré en restitue les étapes à la fois comme artisan et témoin privilégié. Il apporte des lumières définitives sur l'élaboration de la Constitution de 1958 qui fut en grande partie son oeuvre et sur le recours à l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Ces réformes qui ont assuré à la République une stabilité qui lui avait gravement manqué au cours de son histoire sont au coeur de l'actualité...

  • Gouverner : 1958-1962 ! Le titre du troisième tome des Mémoires de Michel Debré en souligne l'importance. De mémoire de Républiques on ne connaît guère de gouvernement qui ait bénéficié d'une telle longévité et qui, par les décisions prises, ait autant engagé l'avenir de la France.


    Sept mois après le retour au pouvoir du général de Gaulle, et alors que le drame algérien est déjà noué depuis quatre ans, et jusqu'aux prémisses de la paix, Michel Debré est Premier Ministre. C'est dire la valeur de son témoignage, très attendu, sur des événements qui n'ont pas fini de susciter les passions. L'auteur restitue avec minutie les étapes des tentatives de paix et les drames successifs - complot des barricades, putsch des généraux, naissance de l'OA.S. Il suit au fil des pages l'action du général de Gaulle. Nul ne pouvait mieux que cet ouvrage contribuer à une meilleure connaissance des problèmes d'une extrême complexité que le Général avait reçus en héritage et que son Premier Ministre, soumis aux interrogations nées de ses propres convictions, partagea avec un sens de la fidélité et de l'intérêt national.


    Au-delà de l'affaire de l'Algérie et du Sahara, cet ouvrage apporte une moisson d'informations sur le redressement financier et économique, sur la nouvelle politique scientifique, les réformes agricoles, les exigences de la paix scolaire, la création du Centre national d'Etudes spatiales, l'Outre-Mer et l'évolution de la Communauté, les premières lois de programme, des mesures décisives pour l'aménagement du territoire : les circonstances du transfert des Halles de Paris, de l'aménagement du quartier de La Défense, de la création du R.E.R. sont, parmi d'autres, évoquées. L'ampleur du travail accompli par le gouvernement éclate aux yeux du lecteur.


    Enfin, au terme de trois ans et trois mois de pouvoir, la modernisation de notre système de défense, la naissance, traitée dans le détail, de la force de dissuasion, la disposition de l'arme nucléaire donnaient à la France "les mains libres" et la mettaient en mesure d'exercer son influence en Europe et dans le monde.

  • Combattre toujours, le dernier tome des Mémoires de Michel Debré, est en quelque sorte son testament politique. Dans cet ouvrage, l'ancien Premier ministre du général de Gaulle prend ses distances avec l'événement, sans pour autant s'abstenir de juger les faits et les hommes. Avec un regard lucide, il analyse la fin de la présidence de Georges Pompidou, le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et la politique de la gauche au pouvoir.

    Ministre d'Etat chargé de la Défense nationale, son dernier poste ministériel de 1969 à 1973, il appliqua ses idées réformatrices, permettant notamment aux femmes d'accéder à Polytechnique et aux grades d'officier. Mais ce livre montre aussi l'homme de terrain, efficace sur le plan communal ou régional. A cet égard, il contribua au développement de la ville d'Amboise dont il était le maire et à celui de l'île de la Réunion où, en tant que député, il s'attacha à faciliter l'accession des jeunes aux études et aux diplômes.

    Enfin, c'est en défenseur des valeurs authentiques du gaullisme - celles qu'il mit en avant lors de sa candidature à la présidence de la République en 1981 - qu'il évoque les problèmes de l'Europe et qu'il porte sur le chômage, l'immigration ou le danger islamiste des analyses qui méritent plus que jamais de retenir notre attention.

    Davantage qu'un bilan, son «adieu aux affaires» est un héritage transmis aux générations futures, pour que vive une certaine idée de la France.

  • Des relations entre Michel Debré et Georges Pompidou, on ignore presque tout. Mais leurs différences de tempérament et de style s'imposent : l'un, homme de convictions, ne transige pas, souvent au détriment de sa carrière politique. L'autre privilégie le compromis, ce qui le destine aux plus hautes fonctions de l'État.

    L'échange entre ces deux personnalités ne pouvait qu'être passionnant. Leur correspondance et les notes inédites, prises par Michel Debré après ses entretiens avec le président de la République, révèlent qu'il fut passionnié et soulèvent des questions toujours d'actualité :
    Comment maintenir l'essentiel tout en s'adaptant aux circonstances historiques ? Suffit-il d'être favorable aux essais nucléaires pour être gaulliste ? Le septennat est-il une disposition fondamentale de notre constitution ?
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    Le dialogue politique constitue un exercice littéraire très particulier ; ces entretiens offrent un modèle du genre. Savamment dosés, graves sans jamais être ennuyeux, parfois même drôles, ils foisonnent d'anecdotes sur la «famille gaulliste» et sur le septennat interrompu de Georges Pompidou.

    Observateur attentif, Michel Debré s'y montre sans complaisance. li n'épargne personne, pas même lui. Et le lecteur retrouve la sensation de découvrir l'Histoire en direct et le ton d'authenticité qui firent le succès de ses Entretiens avec le général de Gaulle.

  • De son départ de l'Hôtel Matignon, en 1962, à la mort du général de Gaulle, Michel Debré n'a cessé d'être présent aux destinées de la France. C'est investi de responsabilités ministérielles majeures et pleinement conscient des enjeux de la modernité qu'il nous apparaît dans ce quatrième tome de ses Mémoires.

    En effet, de retour au Parlement comme député de La Réunion dès 1963, Michel Debré prend, deux ans plus tard, la tête du ministère de l'Économie et des Finances. En quelques mois, il réussit à modifier en profondeur le paysage économique de la France, créant, entre autres, la Banque nationale de Paris, la Commission des opérations en Bourse, et introduisant sur le marché français de nouvelles procédures telles que l'offre publique d'achat. Conscient du handicap que des structures archaïques font peser sur l'économie française, mais aussi de l'inadaptation de la main-d'oeuvre, il fait adopter la première loi sur la formation professionnelle.

    La crise de Mai 1968 met un terme à cette ardeur réformatrice.
    Ministre des Affaires Étrangères durant la dernière année de la présidence du général de Gaulle, Michel Debré défend sur le front international "une certaine idée de la France". Ayant vainement tenté de dissuader le Général de provoquer le référendum d'avril 1969, il assiste à son échec et à son départ. La colère le cède alors à la tristesse, inspirant à Michel Debré les plus belles pages de ses Mémoires.

  • "Je constate que les personnalités éminentes consultées sont toutes d'accord - ou à peu près - sur l'origine du mal. Elles le sont moins sur les leçons à en tirer. Je trouve d'ailleurs cela fort bien. Il serait fâcheux que triomphe une opinion moyenne et par là moutonnière. C'est précisément d'un débat ouvert - et il l'est largement - que naîtront les solutions urgentes que l'opinion réclame. Nous n'avons pas changé : nous aimons que l'on nous raconte des histoires. Celles-ci réunies font l'Histoire. On a cru pouvoir, trop longtemps, opposer Histoire traditionnelle et nouvelle Histoire. Aujourd'hui, et c'est tant mieux, la hache de guerre est enterrée. On s'est aperçu que l'une et l'autre sont complémentaires, ceci pour le plus grand bonheur de nos contemporains. Que les pédagogues chargés de refondre les programmes de nos collèges et de nos lycées veuillent bien ne pas l'oublier. À ceux qui ne comprennent pas la passion pour l'Histoire, je dirai ceci : s'il advenait que, par l'effet de quelque cataclysme, nous soyons privés de toute référence au passé, si nous en arrivions à ignorer tout ce qui s'est déroulé avant nous, que serions-nous, sinon des orphelins ?"

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