Fayard

  • Journal

    Michel Chaillou

    • Fayard
    • 22 Avril 2015

    Auteur d´une oeuvre de premier plan, Michel Chaillou a tenu un journal pendant près d´un quart de siècle. Impressions de lectures, ébauches de romans qu´on voit naître et grandir, doutes et enthousiasmes : comme tout journal d´écrivain, celui-ci ressemble à la visite d´un atelier, créant entre l´auteur et son lecteur une manière de proximité, presque de familiarité. Même quand la notation est lapidaire, la remarque apparemment triviale, le style demeure inimitable, avec ses fulgurances, sa férocité parfois, sa tendresse, son humour, sa poésie. Qu´il croque la silhouette d´un passant, commente Montaigne ou réagisse à l´actualité du jour, il fait entendre sa voix singulière, celle d´un homme habité par la littérature, dont il ne cesse de chercher l´impossible  définition.  Michel Chaillou a obtenu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix des Libraires pour La Croyance des voleurs (Seuil, 1989) et le prix Cazes-Lipp pour La France fugitive (Fayard, 1998). L´ensemble de son oeuvre, qui fait désormais l´objet de travaux et colloques universitaires, a été couronné en 2002 par le Prix de la langue française et, en 2007, par le Grand prix de littérature de l'Académie française. Son décès en 2013 a été accueilli avec beaucoup d´émotion par le milieu littéraire, où se sont multipliés les hommages à son « invention stylistique » (Le Monde), à sa phrase « reconnaissable entre toutes » (La Croix), qui ouvre sur « une vision neuve du monde » (L´Humanité).

  • La fuite en Egypte

    Michel Chaillou

    • Fayard
    • 9 Mars 2011

    Les deux héros de ce livre, perdus sur leurs routes innombrables, seront-ils, si l´autorité publique les rattrape, expulsés de France vers leur contrée d´origine ? Mais justement où se trouve-t-elle cette Petite Egypte des Roms, Gitans, Manouches, Tsiganes, Yénishes, cette patrie légendaire de tous ces gens du voyage qu´aucun géographe n´a jamais su situer jusqu´à ce jour? Rêvera-t-on assez en leur compagnie pour en découvrir le chemin ? Voici donc l´histoire de cette fantasque virée qui me fonda, moi le petit-fils de ce couple d´ombres vagabondes qui s´efforce aujourd´hui de relater leurs aventures. Qu´on en juge ! Un soir d´automne, au début du siècle dernier, une jeune Nantaise du meilleur monde profitant du brouhaha de la brasserie sélecte où elle sirotait sa mélancolie en compagnie de son père, s´enfuit tout soudain avec l´artiste bohémien qui s´y produisait, y chantait. Etait-ce pour ajouter un couplet inattendu à ses obscures rengaines ? Ils courent. Leurs coeurs sautent dans leurs poitrines, ils se tiennent par la main. Comment raconter leurs mains qui se nouent, se dénouent ? Comment ressusciter ce roman de la poussière que lèvent leurs pas voyageurs ? L´objet même de ce livre itinéraire sur la terre féconde !

  • Claude et Claudine Maresquier, lui professeur de lettres, féru de Victor Hugo et de rêveries, elle l'oeil aux aguets et l'ironie mordante, partent un été en vacances à Guernesey, l'île qui accueillit l'illustre exilé et bannit les chiens. Les lettres enflammées que Claude envoie à son cousin psychiatre éveillent l'inquiétude de ce dernier. Il décide, accompagné de son épouse, de rejoindre les Maresquier qui ne donnent bientôt plus de nouvelles. Même hôtel vénérable qui semble comme enchanté par le temps passé, même chambre : un couple en chasse un autre, disparaît à son tour, et le doute s'installe. Ces Français sont-ils ce qu'ils paraissent être, de simples touristes qui enquêtent sur le beau temps ?Quelques semaines plus tard, Charles Mauconseil, un détective qui soupçonne autant les êtres que les choses, part sur leurs traces. Tout lui semble illusions, mirages dans ces îles Anglo-Normandes où la mer, pourvoyeuse d'énigmes, se montre souvent enragée. On entend le ressac, et le lamento d'un chien entre les vagues. A quoi assista-t-il pour gronder ainsi et ne pas se laisser approcher?Michel Chaillou livre ici un grand roman de mystère, envoûtant et poétique.

  • Une famille orageuse descendue des Alpes, tonnerre assorti d'éclairs. Le plus illustre d'entre eux, Gabriel Honoré Riqueti, comte de Mirabeau, tête hurlée de la Révolution française à ses débuts. Né un 9 mars 1749 d'un père génial et cruel, Victor Riqueti, l'auteur célèbre de L'Ami des Hommes, et d'une mère, Marie-Geneviève de Vassan, une indolente du Limousin si endormie qu'elle sait à peine qu'elle existe, l'enfant crie son être lyrique par les bois et les forêts d'un pays où il voit le jour tout à fait par hasard, en Gâtinais, pays du miel et des étangs sourds. Elevé par sa nourrice à la forge du village, il y apprend très vite à tutoyer le feu, d'où cette éloquence de tribun du Tiers Etat qui brûlera l'âme. Aurait-il été guillotiné durant la Terreur ? Il meurt de toute façon avant qu'on l'achève, le 2 avril 1791, épuisé semble-t-il par une vie dissolue, de multiples prisons. La Nation en pleurs accompagne en terre son héros, mais deux ans plus tard, suite à une prétendue trahison, disperse férocement ses restes dans une tourbe anonyme. Au printemps 1796, un homme revient sur les premiers pas de Gabriel Honoré au Bignon, son village natal entre Nemours et Montargis, à la recherche de ce que fut Mirabeau enfant, puis jeune homme, se souciant d'apprendre comment son esprit se levait avec le soleil, se couchait avec les ombres. Les témoins existent encore des premières années. Mais comment démêler le vrai du faux ? Enquête cousue de fils blancs, de fils noirs ? On ignore tout de l'enquêteur, qui semble venir d'un autre temps. L'homme interroge, ajoutant son mystère à celui de ses propres questions.

  • La France fugitive

    Michel Chaillou

    • Fayard
    • 2 Septembre 1998

    A la fois journal de voyage et journal intime, ce livre raconte les péripéties d'une randonnée sentimentale sur quatre roues à travers la France. Deux années de tribulations dans la secousse joyeuse des auberges des bords de route, des hôtels égarés par l'herbe des champs, cette façon de voler les chemins creux, de s'enquérir à la sacristie ou à la mairie de la clé sans serrure de la place des villages, de se laisser absorber par l'étrangeté d'une plaine, le soubresaut d'un mont, de ressentir longtemps après, jusque dans le désordre de ses idées qui alors déferlent, la commotion d'une plage, de courir à la recherche d'on ne sait quoi, d'on ne sait qui, de prêter attention à l'anodin, au peu digne d'attention, d'entendre battre son coeur. La France fuit aux portières de la voiture, sur les bas-côtés. Comment la retenir ? la dévisager ? cerner, décrire son émoi, jupe étalée dans l'antique lavoir qui ne lave plus ? Faudrait-il conduire au rétroviseur ? Comment faire se retourner sur notre passage les personnages jaunis dans les vieilles cartes postales ? Et, a contrario, qu'espérer comme aventures du prochain virage, de la suite de lacets qu'on délace ? Une femme, un homme voyagent en France, en eux s'obstine le sentiment que ce pays aux données repérables en contient d'autres, plus secrètes, qu'une cartographie de ce qui ne se livre pas au premier regard à établir.

  • Le dernier romain

    Michel Chaillou

    • Fayard
    • 4 Février 2009

    De retour de la guerre d´Algérie, un jeune professeur de lettres est affecté dans le vénérable lycée de Montauvert. Ici, nulle embuscade à craindre : les cours, les collègues, la rivière qui s´empresse, tout paraît paisible dans cette province du centre de la France qui tamise les bruits du monde. Aussi notre Samuel Canoby retrouve-t-il peu à peu sérénité et allégresse. N´était-il pas jusque là assez âne pour s´imaginer que des balles toutes mortelles pouvaient l´atteindre depuis l´Algérie ? C´est que justement, au cours de son service militaire dans ce pays hostile, il a marché dans Madaure, la cité romaine où naquit, en 125 après Jésus-Christ, Apulée, le célèbre auteur latin de L´Ane d´or, ce récit fabuleux où un jeune homme de son âge changé en âne doit, pour retrouver son enveloppe humaine, croquer des roses. Or Samuel n´en croque-t-il pas, déclinant en bon latiniste et Romain de coeur la fleur de ses successives compagnes ? Espère-t-il en aimant ainsi à tous vents quitter ses angoisses enfantines et finir par acquérir une stature d´adulte responsable ?
    Et tout ceci nous revient par la bouche illusoire d´un vieil homme qui conte les frasques de sa jeunesse, alors que ses traits se désunissent au miroir de ses heures.

  • Paris sous Henri IV, Louis XIII. Malherbe parle à Racan, Maynard sort à l'instant. Au cabaret chahute Saint-Amant. Théophile est au cachot. Connaissez-vous Siméon-Guillaume de la Roque ? Sur le pont Neuf qui vient juste d'enjamber la Seine officie Tabarin. Comment ressusciter la rime de tous ces pas perdus ? Qui se rappelle Pierre Motin ? Lire comme on flâne, herborise, soucieux autant de la fleur du bien-dire que du mot mauvais garçon qui fait les poches des carrefours. Déambuler, paresser dans l'air du temps, attentif aux mille détours de la phrase à ceux de la rue, cette autre phrase. Ce petit guide du Tout-Paris littéraire du XVIIe siècle mutine des portes, les entrebâille, les ouvre, s'efforce de prendre un siècle en filature, tant d'ombres évanouies, d'auteurs que plus personne ne réclame. Subsistent heureusement leurs livres, cette autre façon de trébucher sur un seuil, d'entrevoir les premières marches d'une histoire et le ciel à la lucarne qui alors l'abritait, les nuages, le souvenir vain d'anciens soleils. Prix des Libraires 1989 pour La croyance des voleurs, Michel Chaillou a publié depuis d'autres romans, parmi lesquels Mémoires de Melle (1993), La Vie privée du désert (1995 ), Le Ciel touche à peine terre (1997), ainsi qu'un récit, La France fugitive (1998).

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