Sciences humaines & sociales

  • Qu'est-ce que la terre ? Est-ce seulement la nature, ou l'animalité ? Est-ce plutôt le corps et l'affectivité ? Ou encore le pays natal ? Comment retrouver la simplicité et la proximité des choses, le sol qui nous porte et qui, à l'époque où la technique domine le monde, se dérobe vertigineusement ? Qu'est-ce que la technique elle-même en son essence, et comment peut-elle menacer et ébranler ainsi notre séjour ? Peut-elle, un jour prochain, nous détruire ? Le chant de la Terre pose ces questions, dans un dialogue critique avec celles de Heidegger et explore la capacité d'enracinement qui nous fait, aujourd'hui, si cruellement défaut. La Terre est plus vieille qu'Adam, plus ancienne que son nom grec de Phusis, antérieure à toute Histoire. Mais elle n'est pas une matrice primitive, un être brut. Comment la Terre devient-elle, à la fois, le lieu de notre habitation et le matériau des oeuvres d'art, l'assise concrète du monde ? C'est, initialement et continuellement, le travail de l'artiste et le renouvellement poétique de la langue, qui nous rendent notre ancrage terrestre. L'oeuvre, comme la libation d'Apollon, libère la terre. Hlderlin, Rilke ou Saint-John-Perse manifestent non seulement notre séjour, mais notre langue elle-même, comme l'élément oublié qui nous soutient. À condition que nous sachions encore entendre son chant, malgré le bruit des machines.

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