• Récit en trompe l'oeil, où il est difficile de démêler le vrai de l'imaginaire, où se heurtent, se fondent, les impressions, les suggestions, où passent d'évanescentes et inquiétantes silhouettes (Adam le trop aimé, Elfaniel au regard de laser et son double l'équivoque Laurseen, Ophelia la fille des dunes, Quetzal le destructeur), mais où, en fin de compte, le personnage principal est - peut-être - le morceau de miroir brisé, grâce auquel le narrateur se regarde et se démultiplie.

  • « Il était une fois, accrochés aux murs, semblables à de royales icônes, des portraits multiples représentant une seule et même jeune femme d'une très grande beauté. Ces peintures observaient le seul être humain en leur présence, Tristan qui, après de longues et muettes contemplations, s'approcha des tableaux, caressa l'image du bout des doigts, et appuya son front contre la fine couche de peinture, la séparant de la toile blanche originelle, comme si cette mince épaisseur pouvait être franchie... » La voix du narrateur est douce, grave, rauque, parfois chaude. Parfois aussi, il bégaie ou s'écarte un peu de l'histoire, mais Ulysse écoute patiemment, en auditeur attentif qui veut surtout entendre la fin du conte, avant de s'endormir.

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