Sciences humaines & sociales

  • Le chamanisme est-il l'une des premières formes de religion ? Est-ce une démarche spirituelle réservée à une élite ou une pratique magique ouverte à tous ? Ou ne serait-ce pas une fausse catégorie, née de conceptions anthropologiques aujourd'hui dépassées ? Le présent ouvrage invite à une mise au point d'autant plus nécessaire que, depuis la parution, en 1951, de la somme de Mircea Eliade, Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase, aucun livre n'avait offert un panorama des connaissances actuelles sur la question.

  • Le chamanisme est l'un des grands systèmes imaginés par l'homme pour donner sens aux événements et agir sur eux. Étroitement lié au rêve, il suppose une alliance spécifique avec les « dieux ».
    Le chamane est là pour prévenir tout déséquilibre et répondre à toute infortune : l'expliquer, l'éviter ou la soulager. Véritable « praticien du rêve », il comble à sa manière une béance entre l'esprit humain et le monde mal adapté qui l'entoure. Réunissant des qualités que notre culture sépare, il nous fascine, et parfois nous aveugle.
    Les questions que se posent les sociétés chamaniques rejoignent souvent les nôtres, mais leurs réponses sont originales. C'est pourquoi elles nous intéressent tous. C'est pourquoi aussi médecins, psychologues, psychanalystes et spécialistes des religions reconnaîtront ici, comme en un miroir déformant, les objets de leurs disciplines.
    Enraciné dans une expérience vécue sur une période de plus de quinze ans avec un peuple indien d'Amérique qui fait des rêves un grand usage social, intellectuel et religieux, ce livre s'interroge également sur cette dualité qui lie l'ethnologue aux gens avec qui il a longtemps partagé sa vie.

  • Aujourd'hui, l'expression des citoyens témoigne souvent d'un profond désir de changement : perte de confiance dans les représentants de la souveraineté nationale, sentiment que le monde bouge. Cet essai retrace cette période de 1848 après l'avoir située dans son contexte historique. Il donne largement la parole à ses acteurs, ceux qui ont tout pensé et beaucoup tenté. Une place particulière est faite à Louis Blanc qui joua un rôle majeur lors de cette révolution oubliée.

  • En juillet 2002, les meilleurs spécialistes mondiaux de Bède le Vénérable (c. 670-735) se sont retrouvés à Lille et à Amiens pour dresser un bilan des études relatives à l'oeuvre et à la postérité du grand écolâtre anglo-saxon, et pour ouvrir sur elles de nouvelles perspectives de recherches. Venus de Grande-Bretagne, d'Irlande, du Canada, des États-Unis, du Japon, d'Italie, d'Allemagne, de Belgique et de France, ils ont passé trois jours à exposer leurs travaux, à écouter, à échanger, dans une athmosphère à la fois studieuse et confraternelle. Les organisateurs du colloque sont heureux de publier aujourd'hui les principaux résultats de ces fructueuses journées. Presque toutes les communications qui y ont été faites sont ici réunies, augmentées de quelques contributions originales que leurs auteurs n'avaient pu présenter en juillet 2002. Les unes et les autres ont été regroupées sous cinq titres dans lesquels on retrouvera, à quelques nuances près, le découpage initial du projet : 1. Bède et ses sources ; 2. Bède, l'exégète ; 3. Un historien en son milieu ; 4. La postérité de Bède ; 5. Les traductions de Bède. De cette harmonieuse polyphonie se dégage l'image d'un érudit qui, bien loin de se limiter à celle de l'ascète coupé du monde, rigoureux, voire rigoriste, qui a longtemps été mise en avant, montre un homme engagé, souvent indulgent à l'égard de mouvements ou de tendances ecclésiales peu orthodoxes, et toujours soucieux de réformer l'Église et la société de l'Angleterre de son temps. Pour y parvenir, il est allé puiser ses arguments dans des traditions testamentaires, patristiques et historiographiques dans lesquelles il a opéré un choix souvent original, et qui expliquent aussi bien le caractère unique que la portée universelle de son oeuvre.

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