Langue française

  • « Vous êtes Président des Français depuis assez longtemps pour que l'on puisse déterminer le lieu géométrique de vos actes et de vos paroles, de vos démarches et de vos tentatives, de vos trouvailles et de vos expériences. Vous avez écrit, il y a vingt ans, contre le général de Gaulle, un livre que vous intituliez Le Coup d'État permanent. Ces termes sont de vous, on peut déjà vous les appliquer. C'est qu'en politique comme en économie, dans les affaires sociales comme dans la Défense nationale, dans vos rapports avec les corps de l'État comme dans la philosophie qui vous inspire, vous personnifiez l'erreur permanente. Je vais démontrer tout cela, et que l'erreur, dans les affaires publiques, se dissimule sous les voiles du mensonge, et que l'écart constant qui vous sépare des réalités vous fait suivre un itinéraire divagateur. Si vous passez à l'Histoire, elle n'aura pas de peine à vous caractériser, comme elle sait le faire d'un trait : après Jean le Bon, Philippe le Hardi, Louis le Bien-Aimé, nous aurons François le Sophiste. » M.P.

  • Ministre d'État, ministre de l'Intérieur, président de la Fédération nationale des Républicains indépendants, Michel Poniatowski est surtout l'ami, le confident, le principal et le plus sûr lieutenant de Valéry Giscard d'Estaing. Les Français connaissent bien ses « petites phrases », ses boutades, ses polémiques, ses habiletés de tacticien consommé, son ironie ! Depuis l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, ils l'ont vu, en ministre de l'Intérieur, mener de front l'édification d'une société plus libérale et le maintien de l'autorité de l'État. Mais ils savent moins que ce ministre plongé dans l'action continue à consacrer ses maigres loisirs à l'histoire et à la réflexion sur les métamorphoses nécessaires du pouvoir : persuadé qu'il est urgent d'innover dans de nombreux domaines, Michel Poniatowski pense que cela ne peut se faire qu'avec une conception renouvelée de la « conduite du changement ». Ce livre reflète ces deux aspects jumeaux de la personnalité de Michel Poniatowski ; le récit de l'élection présidentielle, de ses ressorts et de ses péripéties par l'un des principaux acteurs comblera d'aise tous ceux qui se passionnent pour la politique, et provoquera sans doute quelques remous. Mais tous ceux qui veulent aller plus loin, comprendre la mécanique du pouvoir, comparer la théorie très personnelle de Michel Poniatowski à l'expérience, et, surtout, en tirer des leçons concrètes, trouveront largement ici leur pâture. Et auront sans doute, au passage, quelques surprises lorsqu'il sera question des privilèges sociaux, de l'Europe ou des États-Unis. C'est qu'avec Michel Poniatowski la philosophie du pouvoir et la conduite de la politique, la théorie et la pratique, ne sont jamais bien loin l'une de l'autre. D'où l'originalité de cet essai qui fera réagir, pour ou contre, mais toujours vivement. Et puis, les hommes politiques qui osent, au faîte de la puissance, s'interroger publiquement sur la signification et la raison d'être de leur pouvoir, comme Michel Poniatowski le fait ici dans ces entretiens avec Alain Duhamel, ne sont pas si nombreux.

  • Michel Poniatowski poursuit l'oeuvre monumentale après laquelle il sera difficile d'apporter du nouveau sur Talleyrand. Étudier la vie de Talleyrand, c'est observer les soixante années les plus troublées, les plus bouleversantes, et les plus glorieuses aussi de notre histoire nationale. C'est comprendre les moeurs et les mentalités de cette époque, à travers un de ses acteurs les plus éminents, et le faire avec son regard lucide et froid, avec ses mots, avec son esprit. Le quatrième volume consacré à ce personnage fascinant et si controversé comporte, comme les précédents, de multiples faits et documents inconnus, dont vingt-cinq pages de notes politiques inédites de Talleyrand. Il retrace les trente-cinq premières années de son existence : son enfance, sa famille et l'origine de celle-ci, le collège d'Harcourt, le séminaire de Saint-Sulpice, la Sorbonne, l'Assemblée générale de l'Église de France, sa nomination au poste d'Agent général du Clergé, sa collaboration avec Calonne et Mirabeau, ses liens avec la jeunesse libérale, et sa désignation comme évêque d'Autun. On plonge ainsi dans les années les moins connues de la longue existence de Charles-Maurice de Talleyrand. Il découvre la vie, les femmes, la société de son temps, il se forme aux responsabilités, apprend à concevoir, à gérer, à diriger. La politique se révèle à lui, ainsi que les disciplines qui s'y trouvent toujours associées étroitement : les finances, l'économie, la diplomatie... Michel Poniatowski démontre à la fois sa soumission à l'autorité, aux principes et aux règles qui régissent l'ancienne France, et sa révolte contre eux. Talleyrand, ou plus exactement l'abbé de Périgord, comme on le nommait alors, apparaît comme un révolté obéissant.

  • Après Les Choix de l'espoir et L'Avenir n'est écrit nulle part, Michel Poniatowski, poursuivant sa réflexion prospective, publie un ouvrage inattendu. Dessinant la trajectoire que les hommes ont suivie du plus haut des millénaires à nos jours, il la projette sur notre futur et la découvre dans toute sa vérité spirituelle. Non content d'évoquer la nature et l'évolution des grandes civilisations disparues, il étudie les divers effritements de la nôtre, dans le même temps qu'il définit les véritables dimensions de la société scientifique dans laquelle nous entrons. De cette projection du passé et du présent sur l'avenir, il conclut que la nouvelle société ne pourra s'épanouir que si nous savons ajouter un élan spirituel à l'élan vital qui a toujours animé l'humanité. Livre d'optimisme raisonnable et de foi raisonnée, cet essai montre que « l'histoire est libre », pour tous ceux qui se font une certaine idée de l'homme.

  • Un pamphlet sur la politique menée depuis 1981. Par l'auteur de La France a une âme, le socialisme n'a qu'un corps, l'ancien ministre bien connu.

  • "Je constate que les personnalités éminentes consultées sont toutes d'accord - ou à peu près - sur l'origine du mal. Elles le sont moins sur les leçons à en tirer. Je trouve d'ailleurs cela fort bien. Il serait fâcheux que triomphe une opinion moyenne et par là moutonnière. C'est précisément d'un débat ouvert - et il l'est largement - que naîtront les solutions urgentes que l'opinion réclame. Nous n'avons pas changé : nous aimons que l'on nous raconte des histoires. Celles-ci réunies font l'Histoire. On a cru pouvoir, trop longtemps, opposer Histoire traditionnelle et nouvelle Histoire. Aujourd'hui, et c'est tant mieux, la hache de guerre est enterrée. On s'est aperçu que l'une et l'autre sont complémentaires, ceci pour le plus grand bonheur de nos contemporains. Que les pédagogues chargés de refondre les programmes de nos collèges et de nos lycées veuillent bien ne pas l'oublier. À ceux qui ne comprennent pas la passion pour l'Histoire, je dirai ceci : s'il advenait que, par l'effet de quelque cataclysme, nous soyons privés de toute référence au passé, si nous en arrivions à ignorer tout ce qui s'est déroulé avant nous, que serions-nous, sinon des orphelins ?"

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