• Édition enrichie de Jean Starobinski comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre. "Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue." Montesquieu.

  • Les lettres persanes

    Montesquieu

    L'Orient et l'Occident, le sérail et les salons, les intrigues des sultanes et la coquetterie des Parisiennes, les muftis et le pape... Voilà de quoi se nourrit la correspondance entretenue par Usbek et Rica, seigneurs persans partis à la découverte de la France de Louis XIV, avec leurs amis demeurés à Ispahan.
    Sous couvert d'un regard éloigné, Montesquieu dresse dans les Lettres persanes (1721) un examen sans concession des moeurs de son temps. Satirique et enjoué, ce roman polyphonique offre un condensé des théories les plus audacieuses de l'auteur. Éloge du rationalisme et de l'esprit critique, réflexion sur le bonheur, plaidoyer pour une politique et une religion raisonnables : la philosophie tient tout entière dans ce livre en apparence badin, qui s'est imposé comme l'un des premiers chefs-d'oeuvre des Lumières.

    Dossier :
    1. Le regard éloigné, une question de point de vue
    2. Les Lettres persanes, une expérience fictionnelle de pensée
    3. Postérité littéraire
    4. Lectures critiques.

  • De l'esprit des lois

    Montesquieu

    Véritable somme politique, De l'esprit des lois (1748) est le chef-d'oeuvre de Montesquieu. L'auteur y engage tout à la fois une réflexion sur les différents gouvernements,
    une enquête sur les sociétés humaines et une analyse comparée des lois, afin de former tout homme à évaluer l'intervention législatrice. En s'attachant à saisir «l'esprit des lois» - ou rapports que les lois entretiennent avec le climat, la religion, les moeurs, les richesses et le commerce de chaque peuple -, il propose une manière nouvelle d'appréhender la réalité sociale.
    Cette anthologie, qui rassemble et présente les livres les plus célèbres de L'Esprit des lois, permet au lecteur de saisir les principaux enjeux philosophiques de cet ouvrage incontournable.

    Plan de l'anthologie :
    1. Le projet de L'Esprit des lois
    2. Une réflexion politique
    3. Une enquête sur les sociétés humaines
    4. La liberté
    5. La justice

  • De l'esprit des lois t.1

    Montesquieu

    Cet ouvrage a pour objet les lois, les coutumes et les divers usages de tous les peuples de la terre. On peut dire que le sujet est immense, puisqu'il embrasse toutes les institutions qui sont reçues parmi les hommes ; puisque l'auteur distingue ces institutions ; qu'il examine celles qui conviennent le plus à la société et à chaque société ; qu'il en cherche l'origine ; qu'il en découvre les causes physiques et morales ; qu'il examine celles qui ont un degré de bonté par elles-mêmes et celles qui n'en ont aucun ; que de deux pratiques pernicieuses, il cherche celle qui l'est le plus et celle qui l'est le moins ; qu'il y discute celles qui peuvent avoir de bons effets à certain égard, et de mauvais dans un autre. Il a cru ses recherches utiles, parce que le bon sens consiste beaucoup à connaître la nuance des choses. (Montesquieu)

  • Essai sur le goût

    Montesquieu

    Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Deux Persans, Usbek et Rica, en voyage à Paris, s'étonnent du mode de vie des Français. Ils partagent leur surprise dans des lettres qu'ils échangent avec leurs amis et serviteurs restés en Perse. Sous couvert de naïveté, ces deux fins observateurs y décrivent la monarchie de Louis XIV ainsi que les moeurs de la société qu,ils découvrent. Mais, bien vite, c'est leur propre système social qui les rattrape : profitant de leur absence, le sérail se révolte...
    En 1721, Montesquieu fait paraître de manière anonyme le premier roman épistolaire. Imprégnées de l'esprit des Lumières, les Lettres persanes révèlent un dispositif narratif habile où le prétendu décentrement du regard tend au lecteur un miroir sans complaisance.

    o Objets d'étude : Dénoncer les travers de la société [3e]
    La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle [1re]
    o Dossier pédagogique : Cinq fiches pour saisir les enjeux de l'oeuvre
    o Prolongement : L'orientalisme (corpus de textes)

    Classes de 3e et 1re.

  • De l'esprit des lois t2

    Montesquieu

    Dans cet important ouvrage, monsieur de Montesquieu, sans s'appesantir, à l'exemple de ceux qui l'ont précédé, sur des discussions métaphysiques relatives à l'homme supposé dans un état d'abstraction ; sans se borner, comme d'autres, à considérer certains peuples dans quelques relations ou circonstances particulières, envisage les habitants de l'univers dans l'état réel où ils sont, et dans tous les rapports qu'ils peuvent avoir entr'eux. La plupart des autres écrivains en ce genre sont presque toujours, ou de simples moralistes, ou de simples jurisconsultes, ou même quelquefois de simples théologiens. Pour lui, l'homme de tous les pays et de toutes les nations, il s'occupe moins de ce que le devoir exige de nous, que des moyens par lesquels on peut nous obliger de le remplir ; de la perfection métaphysique des lois, que de celles dont la nature humaine nous rend susceptibles ; des lois qu'on a faites, que de celles qu'on a dû faire ; des lois d'un peuple particulier, que de celles de tous les peuples. (D'Alembert)

  • Mes pensées

    Montesquieu

    Dans ce recueil, Montesquieu compile des idées qu'il garde en réserve, qu'il met à l'épreuve, ou des jugements aussi brillants que méchants. Ce livre est comme la bibliothèque mentale de l'auteur, mais aussi le véritable foyer de sa pensée, réunissant toutes les potentialités que son oeuvre ne peut développer. Montesquieu s'inscrit ici au coeur de la démarche des Lumières naissantes, dont il exprime les préoccupations, les interrogations, les contradictions latentes.
    Montesquieu a conscience que toute idée ne mérite pas d'être publiée et que les jugements sont fragiles. Pour lui, l'écriture est le plus sérieux des jeux. Dans Mes pensées, il s'y est adonné en changeant les règles à chaque article. À nous de jouer...

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • « L´Esprit des Lois » est l´oeuvre maîtresse de Montesquieu publiée en 1748. C´est un traité d´économie politique et de droit faisant l´analyse des différents types de gouvernements et des lois qui y sont appropriées. Montesquieu mit vingt années à l´écrire, n´hésitant pas à voyager à travers l´Europe pour récolter ses informations.

  • Montesquieu

    Montesquieu

    Ce volume contient les Oeuvres Complètes de Montesquieu, édition Laboulaye (1875-79) augmentées des Oeuvres Inédites parues entre 1891 et 1914.Ces oeuvres inédites doublent presque la somme des oeuvres totales de Montesquieu. o ÉLOGE DE M. DE MONTESQUIEU PAR M. DE MAUPERTUIS o LETTRES PERSANES o LE TEMPLE DE GNIDE o CÉPHISE ET L'AMOUR o LE TEMPLE DE GNIDE MIS EN VERS PAR LÉONARD o CONSIDÉRATION SUR LES CAUSES DE LA GRANDEUR DES ROMAINS ET DE LEUR DÉCADENCE o DIALOGUE DE SYLLA ET D'EUCRATE o LYSIMAQUE o DISSERTATION SUR LA POLITIQUE DES ROMAINS DANS LA RELIGION o TIBÈRE ET LOUIS XI o ARSACE ET ISMÉNIE o L'ESPRIT DES LOIS o DEFENSE DE L'ESPRIT DES LOIS o DISCOURS ACADÉMIQUES : DISCOURS DE RÉCEPTION A L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE BORDEAUX PRONONCÉ LE PREMIER MAI 1716. - DISCOURS PRONONCÉ A LA RENTRÉE DE L'ACADÉMIE DE BORDEAUX LE 15 NOVEMBRE 1717. - DISCOURS SUR LA CAUSE DE L'ÉCHO - DISCOURS SUR L'USAGE DES GLANDES RÉNALES - PROJET D'UNE HISTOIRE PHYSIQUE DE LA TERRE ANCIENNE ET MODERNE - DISCOURS SUR LA CAUSE DE LA PESANTEUR DES CORPS - DISCOURS SUR LA CAUSE DE LA TRANSPARENCE DES CORPS - OBSERVATIONS SUR L'HISTOIRE NATURELLE - DISCOURS PRONONCÉ A LA RENTRÉE DU PARLEMENT DE BORDEAUX. - TRAITÉ DES DEVOIRS. - RÉFLEXIONS SUR LA CONSIDÉRATION ET SUR LA RÉPUTATION. - DISCOURS SUR LES MOTIFS QUI DOIVENT NOUS ENCOURAGER AUX SCIENCES - DISCOURS CONTENANT L'ÉLOGE DU DUC DE LA FORCE - DISCOURS PRONONCÉ AU PARLEMENT DE BORDEAUX POUR L'INSTALLATION DU PREMIER PRÉSIDENT - DISCOURS DE RÉCEPTION A L'ACADÉMIE FRANÇAISE - ÉBAUCHE DE L'ÉLOGE HISTORIQUE DU MARÉCHAL DE BERWICK1 o ESSAI SUR LE GOÛT o PENSÉES DIVERSES o NOTES SUR L'ANGLETERRE o POÉSIES o LETTRES FAMILIÈRES o VOYAGE A PAPHOS o LETTRES PERSANES (SUPPLÉMENT) o MÉLANGES INÉDITS : DISCOURS SUR CICÉRON - ÉLOGE DE LA SINCÉRITÉ - HISTOIRE VÉRITABLE - DIALOGUE DE XANTIPPE ET DE XÉNOCRATE - ESSAI SUR LES CAUSES QUI PEUVENT AFFECTER LES ESPRITS ET LES CARACTÈRES - DE LA POLITIQUE - RÉFLEXIONS SUR LE CARACTÈRE DE QUELQUES PRINCES ET SUR QUELQUES ÉVÈNEMENTS DE LEUR VIE - LETTRES DE XÉNOCRATE A PHÉRÈS - REMARQUES SUR CERTAINES OBJECTIONS QUE M'A FAITES UN HOMME QUI M'A TRADUIT MES ROMAINS EN ANGLETERRE - MÉMOIRE SUR LA CONSTITUTION - MÉMOIRE SUR LES DETTES DE L'ÉTAT - MÉMOIRE CONTRE L'ARRÊT DU CONSEIL DU 27 FÉVRIER 1725 DEUX OPUSCULES DE MONTESQUIEU : RÉFLEXIONS SUR LA MONARCHIE UNIVERSELLE EN EUROPE - DE LA CONSIDÉRATION ET DE LA RÉPUTATION o VOYAGES TOME I : VOYAGE EN AUTRICHE - VOYAGE EN ITALIE o VOYAGES TOME II : VOYAGE EN ITALIE (SUITE) - VOYAGE EN ALLEMAGNE - VOYAGE EN HOLLANDE - MÉMOIRES SUR LES MINES - LETTRE SUR GÊNES FLORENCE DE LA MANIÈRE GOTHIQUE - RÉFLEXIONS SUR LES HABITANTS DE ROME - SOUVENIRS DE LA COUR DE STANISLAS LECKZINSKI - SOUVENIRS DE LA COUR DE STANISLAS LECKZINSKI -NOTES o PENSÉES ET FRAGMENTS INÉDITS TOME I : I MONTESQUIEU - II OEUVRES CONNUES DE MONTESQUIEU - III OEUVRES ET FRAGMENTS D'OEUVRES INÉDITES DE MONTESQUIEU - IV SCIENCE ET INDUSTRIE o PENSÉES ET FRAGMENTS INÉDITS TOME II : V LETTRES ET ARTS - VI PSYCHOLOGIE - VII HISTOIRE - VIII ÉDUCATION, POLITIQUE ET ÉCONOMIE POLITIQUE - IX PHILOSOPHIE - X RELIGION o HISTOIRE VÉRITABLE o CORRESPONDANCE Lci-eBooks propose des compilations par auteur sous forme d'une collection numérotée ayant les prétenttions suivantes : Les compilations par auteurs de lci-eBooks sont les plus complètes du marché et sont évolutives. Chaque volume dispose d'une présentation soignée et d'un texte parfaitement formaté. La source des textes ou bien des scans utilisés pour la reconnaissance optique des caractères est donnée en toute transparence

  • Voyage à Paphos

    Montesquieu

    Il s'agit d'un récit allégorique et galant d'inspiration mythologique. Diphile arrive sur l'île de Paphos, consacrée à Vénus. Une nymphe, Zélide, lui fait les honneurs du lieu. La visite de l'île est l'occasion d'allégories définissant un art d'aimer bienséant et raffiné, d'évocations satiriques des ridicules de la galanterie française contemporaine et des mauvais amants. L'alliance de la Vénus de Paphos avec Bacchus célèbre le mélange du vin et de l'amour. Le récit est inachevé, comme cela est annoncé dans le paragraphe d'introduction qui parle d'un manuscrit déchiré, auquel manquent le titre, la première page et la fin.

  • Lysimaque

    Montesquieu

    Lysimaque parut dans le Mercure de France, au mois de décembre 1754. Il fut d'abord imprimé dans l'Histoire de la Société des sciences et belles-lettres de Nancy, publiée par M. de Solignac.. En tête de l'article, les éditeurs du journal mirent la note suivante : L'auteur de l'Esprit des lois nous a permis d'imprimer le morceau suivant qu'il a fait pour l'académie de Nancy ; cette fiction est si intéressante et si noble qu'il n'est pas possible de la lire sans aimer et sans admirer le grand prince qui en est l'objet. Ce grand prince, est-il besoin de le dire, était l'ancien roi de Pologne, Stanislas Leczinski, surnommé le Bienfaisant.

  • Tout le dialogue tourne autour des motifs qui ont déterminé Sylla à usurper le pouvoir suprême, en répandant le sang de ses concitoyens par les proscriptions et les crimes, et à quitter ce même pouvoir au mépris du danger que cette décision audacieuse lui faisait courir. Extrait : Et c'est tout le sang que j'ai versé qui m'a mis en état de faire la plus grande de toutes mes actions. Si j'avais gouverné les Romains avec douceur, quelle merveille, que l'ennui, que le dégoût, qu'un caprice m'eussent fait quitter le gouvernement ! Mais je me suis démis de la dictature dans le temps qu'il n'y avait pas un seul homme dans l'univers qui ne crût que la dictature était mon seul asile.

  • Lecture en français langue étrangère (FLE) au format ebook dans la collection Découverte destinée aux adolescents niveau 2.
    Les lettres persanesEn 1712, deux Persans, Usbek et Rica, quittent leur pays et vont s'installer à Paris. Leur séjour dans la capitale française dure huit ans. À travers les lettres qu'ils écrivent à leurs amis persans ou qu'ils s'envoient quand ils ne sont pas ensemble, ils parlent avec humour ou sérieux des coutumes françaises.
    Ce roman épistolaire permet à Montesquieu de faire une sévère critique de son pays et de son époque.

  • Venez découvrir les Lettres persanes, le roman de Montesquieu, grâce à une analyse littéraire de référence.
    Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants.
    Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie de l'écrivain, le résumé détaillé, le mouvement littéraire, le contexte de publication du roman et l'analyse complète.
    Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.

  • Discours académiques

    Montesquieu

    Lorsque l'Académie voulut, au début des années 1780, publier un recueil de mémoires et sélectionna en particulier ceux de Montesquieu, son secrétaire, Lamontaigne, écrivit en tête d'un volume (828/iii) cette note où se mêlent restriction et vénération : « Quoique plusieurs de ces pièces puissent ne point paraître d'une certaine importance, le seul nom de cet homme immortel semble devoir y attacher une sorte de respect. On ne peut d'ailleurs s'empêcher d'y reconnaître assez généralement cette touche originale, cette vivacité de style dont tous ses ouvrages portent l'empreinte. » Les discours de Montesquieu sont empreints d'une noblesse ingénieuse, ils cultivent l'art de l'allusion et de la citation recherchées, puisées dans la culture antique, même si la plupart d'entre eux sont de simples rapports ; Montesquieu y prouve des connaissances assez poussées surtout en anatomie et en médecine. Le langage et la pensée sont dominés par le modèle cartésien ou postcartésien.

  • Tibère et Louis XI

    Montesquieu

    Tibère et Louis XI s'exilèrent de leur pays avant de parvenir à la suprême puissance. Ils furent tous deux braves dans les combats et timides dans la vie privée. Ils mirent leur gloire dans l'art de dissimuler. Ils établirent une puissance arbitraire. Ils passèrent leur vie dans le trouble et dans les remords, et la finirent dans le secret, le silence et la haine publique. Mais si l'on examine bien ces deux princes, on sentira d'abord combien l'un était supérieur à l'autre. Tibère cherchait à gouverner les hommes, Louis ne songeait qu'à les tromper. Tibère ne laissa sortir ses vices qu'à mesure qu'il le pouvait faire impunément ; l'autre ne fut jamais le maître des siens. Tibère sut paraître vertueux lorsqu'il fallut qu'il se montrât tel; celui-ci se discrédita dès le premier jour de son règne.

  • Notes sur l'Angleterre

    Montesquieu

    Ces notes ont paru, pour la première fois, dans l'édition des OEuvres complètes, donnée par Lefèvre, en 1818. Il n'y a rien de si affreux que les rues de Londres ; elles sont très-malpropres ; le pavé y est si mal entretenu qu'il est presque impossible d'y aller en carrosse, et qu'il faut faire son testament lorsqu'on va en fiacre, qui sont des voitures hautes comme un théâtre, où le cocher est plus haut encore, son siége étant de niveau à l'impériale. Ces fiacres s'enfoncent dans des trous, et il se fait un cahotement qui fait perdre la tête. Extrait : Les jeunes seigneurs anglais sont divisés en deux classes : les uns savent beaucoup, parce qu'ils ont été longtemps dans les universités ; ce qui leur a donné un air gêné avec une mauvaise honte. Les autres ne savent absolument rien, et ceux-là ne sont rien moins que honteux, et ce sont les petits-maitres de la nation. En général les Anglais sont modestes.

  • Poésies

    Montesquieu

    Prétendre que Montesquieu fut poète tiendrait de la plus parfaite gageure. Non seulement on ne pourrait présenter pour preuve qu'un recueil bien mince de ses oeuvres en vers, mais on sait aussi qu'il tenait en piètre estime les poètes eux-mêmes. Il s'est cependant exercé à la versification comme tout jeune homme au collège. Faut-il croire Voltaire lorsqu'il écrit dans une lettre à Saurin de 1768 : « Montesquieu, dans ses Lettres persanes, se tue à rabaisser les poètes. Il voulait renverser un trône où il sentait qu'il ne pouvait pas s'asseoir » ? Cette condamnation de la poésie ne serait que la vengeance d'un talent médiocre en la matière... Mais Montesquieu n'a jamais montré en la matière la moindre ambition, ni même le moindre goût affirmé.

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