• Olivier Labouret dénonce le tournant sécuritaire que le gouvernement impose à la psychiatrie et qui a abouti à la loi de juillet 2011 permettant de traiter de force à domicile tout trouble du comportement. La psychiatrie publique ne doit pas devenir l'instrument d'une persécution d'État bafouant les droits humains fondamentaux.

    L'évolution actuelle de la psychiatrie sert de caution scientiste à une politique néolibérale qui ne cesse de se durcir. Ainsi la nouvelle loi sécuritaire du 5 juillet 2011 marque un tournant historique en permettant de traiter de force tout trouble du comportement individuel à domicile. À l'heure où une politique d'austérité généralisée vient répondre à l'emballement insensé du système économique, le contrôle social de la « santé mentale » des populations est ainsi assuré par la peur de la folie et de l'exclusion. Pour que la psychiatrie publique ne devienne pas le nouveau ministère de l'Intérieur psychique, ni la police des comportements, l'auteur nous invite à lutter contre ce nouvel ordre psychiatrique profondément déshumanisant.

    Olivier Labouret est médecin psychiatre en hôpital public. Il est l'auteur de La dérive idéologique de la psychiatrie. Quand le président se prend pour un psy, c'est la France qui devient folle (érès, 2008). Il est président de l'Union syndicale de la psychiatrie, membre de la Ligue des droits de l'Homme et du conseil scientifique de l'Association pour la taxation des transactions et l'action citoyenne (ATTAC).

  • Comment l'idéologie économique dominante fait-elle pour s'emparer des esprits ? L'évolution comportementaliste et scientiste (neurobiologique et génétique) de la psychiatrie contemporaine, répond aux intérêts du néolibéralisme. Elle autorise ainsi une dérive gestionnaire et sécuritaire visant à renforcer la conformité de chacun et de tous aux normes dominantes. Cette instrumentalisation de la psychiatrie par le sarkozisme, au mépris de la santé mentale, légitime la sélection eugénique des individus les plus performants , aptes à s'adapter aux impératifs insensés de la croissance de l'économie de marché et de consommation.

    Olivier Labouret est médecin-psychiatre à Auch (32). Il est vice-président de l'Union syndicale de la psychiatrie, membre de la commission santé nationale des Verts et secrétaire d'Attac (comité local du Gers)

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