• Pour Paul Ricoeur, l'autonomie philosophique n'est possible qu'à partir d'une « reprise » de ce qui n'est pas philosophie. Non philosophique par excellence, la religion a ainsi constitué pour lui un foyer de langages et de convictions qui lui a donné à penser pendant près d'un demi-siècle. De 1953 à 2003, les douze écrits et conférences présentés et annotés dans ce volume attestent la cohérence, la richesse et la variété de son approche laïque et philosophique de la religion. Du problème du mal à celui de la nature poétique du langage religieux en passant par l'évaluation de la justesse - ou non - des critiques (freudienne, marxienne...) de la religion, du rapport entre expérience et langage dans le discours religieux à des études spécifiques d'herméneutique biblique en passant par des réflexions sur le sacrifice, la dette et le don, Ricoeur s'appuie sur la religion pour penser, tout en ne cessant de penser la religion pour elle-même.

  • Trois visées philosophiques traversent cette suite d'études. Selon la première, est cherché pour le soi un statut qui échappe aux alternances d'exaltation et de déchéance qui affectent les philosophies du sujet en première personne : dire soi n'est pas dire je. Tenu pour le réfléchi de toutes les personnes grammaticales - comme dans l'expression : le souci de soi -, le soi requiert le détour d'analyses qui amènent à articuler diversement la question qui ? Qui est le locuteur de discours ? Qui est l'agent ou le patient de l'action ? Qui est le personnage du récit ? A qui est imputée l'action placée sous les prédicats du bon ou de l'obligatoire ?
    Deuxième visée : l'identité que suggère le terme "même" est à décomposer entre deux significations majeures : l'identité-idem de choses qui persistent inchangées à travers le temps, et l'identité-ipse de celui qui ne se maintient qu'à la manière d'une promesse tenue.
    Enfin, c'est l'antique dialectique du Même et de l'Autre qui doit être renouvelée si l'autre que soi-même se dit de multiples façons ; le "comme" de l'expression "soi-même comme un autre" peut dès lors signifier un lien plus étroit que toute comparaison : soi-même en tant qu'autre.
    P. R.

  • "L'ouvrage comporte trois parties nettement délimitées par leur thème et leur méthode. La première, consacrée à la mémoire et aux phénomènes mnémoniques, est placée sous l'égide de la phénoménologie au sens husserlien du terme. La deuxième, dédiée à l'histoire, relève d'une épistémologie des sciences historiques. La troisième, culminant dans une méditation sur l'oubli, s'encadre dans une herméneutique de la condition historique des humains que nous sommes.
    Mais ces trois parties ne font pas trois livres. Bien que les trois mâts portent des voilures enchevêtrées mais distinctes, ils appartiennent à la même embarcation, destinée à une même et unique navigation. Une problématique commune court en effet à travers la phénoménologie de la mémoire, l'épistémologie de l'histoire, l'herméneutique de la condition historique: celle de la représentation du passé.
    Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire - et d'oubli. L'idée d'une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués."
    Paul Ricoeur

  • Dans cette très belle méditation, un philosophe se débat avec l'espérance de survivre, tout en se trouvant dans l'impossibilité intellectuelle et spirituelle d'acquiescer à toute vision naïve d'un autre monde qui serait le monde en double, ou la copie, de ce monde-ci. Il faut faire le deuil de toute image, de toute représentation.
    C'est en 1996 que Paul Ricœur, âgé de 83 ans, ose la question : " Que puis-je dire de ma mort ? " Comment " faire le deuil d'un vouloir-exister après la mort " ? Cette longue réflexion sur le mourir, sur le moribond et son rapport à la mort, également sur l'après-vie (la résurrection), passe par deux médiations : des textes de survivants des camps (Semprun, Lévi) et une confrontation avec un livre du grand exégète Xavier Léon-Dufour sur la résurrection.
    La seconde partie du livre est faite de textes écrits en 2004 et 2005, que le philosophe a lui-même appelés " fragments " (sur le " temps de l'œuvre " et le " temps de la vie ", sur le hasard d'être né chrétien, sur l'imputation d'être un philosophe chrétien, sur la controverse, sur Derrida, sur le Notre-Père ...). Textes courts, rédigés parfois d'une main tremblante, alors qu'il est déjà fatigué. Le dernier, de Pâques 2005, a été écrit un mois avant sa mort.
    Paul Ricoeur, grand philosophe du XXe siècle, est décédé le 20 mai 2005.

  • Histoire et vérité

    Paul Ricoeur

    Est-il possible de comprendre l'histoire révolue et aussi de vivre - et, pour une part, de faire - l'histoire en cours, sans céder à l'esprit de système des " philosophies de l'histoire ", ni se livrer à l'irrationalité de la violence ou de l'absurde ? Quelle est alors la vérité du métier d'historien ? Et comment participer en vérité à la tâche de notre temps ?
    Tous les écrits de ce recueil débouchent sur ce carrefour d'interrogations. Ceux de la première partie, plus théoriques, sont inspirés par le métier d'historien de la philosophie, que pratique l'auteur. Dans la seconde partie, c'est à travers des thèmes de civilisation et de culture (le travail, la violence, la parole, l'angoisse, etc...) que l'on s'interroge sur les chemins d'une unité qui ne soit pas une synthèse prématurée.

  • De Ricœur on évoque souvent la pensée herméneutique et éthique. La réflexion politique est pourtant loin d'être absente. Elle constitue au contraire une préoccupation permanente, mais traverse des écrits demeurés dispersés jusqu'ici. Les principaux, souvent méconnus, sont réunis dans cet ouvrage, qui en sélectionne dix-sept, allant de 1958 à 2003.
    Comme toujours chez Ricœur, ces textes répondent à des demandes qui s'enracinent dans l'actualité. Pourtant, son effort philosophique leur donne valeur universelle et durable. Ricœur insiste ainsi sur le paradoxe politique d'une tension continuelle entre " raison " et violence, et sur des préoccupations contemporaines, qu'il s'agisse du " mal " et de la responsabilité morale en politique, de l'autorité et de la conviction dans la vie démocratique, ou de la tolérance, de la condition de l'étranger, de l'identité et des enjeux de l'élaboration, difficile, d'un ethos européen.
    Paul Ricœur (1913-2005). Dans la série " Écrits et conférences ", ont paru Autour de la psychanalyse (2008), Herméneutique (2010) et Anthropologie philosophique (2013).

  • Le conflit des interprétations
    Ces " essais d'herméneutique " réunissent des textes qui portent la marque du bouillonnement intellectuel des années 1960. Les sciences humaines font éclater les cadres reçus de l'interprétation, et créent même un " conflit des interprétations ". Le premier mérite de Ricœur, infatigable lecteur, est alors de reprendre longuement ce que disent les sciences de l'homme – linguistique, sémiologie, ethnologie, psychanalyse... – pour mesurer comment et pourquoi naît ce conflit.
    On est loin ici de toute " voie courte ", d'une philosophie se contentant de rappeler à hauts cris le " sens " face à la " mort du sujet ". S'il s'agit " d'explorer les voies ouvertes à la philosophie contemporaine " par cette nouvelle donne, il faut passer par le détour de l'analyse longue. Un détour, plutôt rare dans l'aire de la philosophie française, est ainsi très présent : il passe par l'exégèse biblique et des disciplines religieuses, qui furent à l'origine du problème herméneutique. Au terme de cette analyse seulement, il sera possible à nouveau de " donner un sens acceptable à la notion d'existence ".
    Paul Ricœur (1913-2005)
    Philosophe, monument de la philosophie française du XXe°siècle, il n'a cessé de nouer un dialogue avec les sciences humaines dans leur diversité et renouvelé les recherches exégétiques et bibliques.
    Préface de Jean Greisch

  • Ce livre s'inscrit dans le prolongement direct du précédent, La Mémoire, l'histoire, l'oubli, dont il explore l'une des pistes laissées ouvertes : celle de la reconnaissance.
    Ce thème, il le parcourt dans ses diverses acceptions, en partant pour cela de ses divers répertoriés par les dictionnaires : la reconnaissance comme processus d`identification (je reconnais cette table) ; se reconnaître soi-même (je me reconnais le même qu'hier ou qu'il y a vingt ans même si j'ai changé) ; la reconnaissance mutuelle (je vous reconnais dans votre différence, et même, je vous suis reconnaissant).
    Paul Ricoeur fait le pari que cette diversité lexicale n'empêche pas la constitution d'une philosophie unifiée de la reconnaissance, philosophie qui fait jusqu'ici complètement défaut et que Ricoeur est le premier à tenter.

  • Pour comprendre toutes les implications de la métaphore - en fait de la rhétorique et des "figures" dans le langage -, ces huit études suivent une progression qui va du mot à la phrase, puis au discours.
    Des origines à nos jours, la rhétorique a pris le mot pour unité de référence. En ce sens, la métaphore n'est que déplacement et extension du sens des mots.
    Dès lors que la métaphore est replacée dans le cadre de la phrase, elle n'est plus une dénomination déviante mais un énoncé impertinent. Emile Benveniste est ici l'auteur qui permet à l'analyse de franchir un pas décisif, avec l'opposition entre une sémiotique, pour laquelle le mot n'est qu'un signe dans le code lexical, et une sémantique, où la phrase porte la signification complète minimale.
    En passant de la phrase au discours proprement dit (poème, récit, discours philosophique), on quitte le niveau sémantique pour le niveau herméneutique. Ici, ce qui est en question n'est plus la forme de la métaphore (comme pour la rhétorique), ni son sens (comme pour la sémantique), mais sa référence, c'est-à-dire la "réalité" en dehors du langage. La métaphore, en dernier ressort, est pouvoir de redécrire la réalité, mais selon une pluralité de modes de discours qui vont de la poésie à la philosophie. Dans tous les cas, nous sommes fondés à parler de "vérité métaphorique".

  • Peut-on écrire sur Freud sans être ni analyste ni analysé ? Non, s'il s'agit d'un essai sur la psychanalyse comme pratique vivante ; oui, s'il s'agit d'un essai sur l'œuvre de Freud comme document écrit, auquel la mort de son auteur a mis un point final : une interprétation d'ensemble de notre culture, qui a changé la compréhension que les hommes ont d'eux-mêmes et de leur vie.
    Or, cette interprétation, précisément, est tombée dans le domaine public, tombée jusqu'au bavardage. Il appartient dès lors au philosophe de la justifier, c'est-à-dire d'en déterminer le sens, la légitimité et les limites.
    Comme le montre Paul Ricœur, seule une méditation sur le langage peut fournir une structure d'accueil à l'exégèse freudienne de nos rêves, de nos mythes et de nos symboles. Et cette exégèse, en s'articulant elle-même à une réflexion "archéologique" sur le sujet, fait en retour éclater la philosophie du sujet, dans ses expressions naïves et prématurées.
    Le présent ouvrage ne se borne donc pas aux débats d'un philosophe avec Freud ; il libère l'horizon d'une recherche : la lecture de Freud devient l'instrument d'une ascèse du "je", délogé des illusions de la conscience immédiate.
    Paul Ricœur (1913-2005)
    Philosophe, monument de la philosophie française du XXe°siècle, il n'a cessé de nouer un dialogue avec les sciences humaines dans leur diversité et renouvelé les recherches exégétiques et bibliques.

  • Amour et justice

    Paul Ricoeur

    Amour et justice
    La cause est entendue : c'est " amour ou justice ", mais non pas " amour et justice ". Dans le langage courant, et même à un niveau de réflexion plus élevée, quand les deux concepts sont présentés en conflit, il n'y a pas de ponts entre la pratique individuelle de l'amour du prochain et la pratique collective de la justice qui établit l'égalité et l'équité. Qu'on favorise l'une ou l'autre, l'insistance va à la disproportion. Paul Ricœur tend à démontrer ici la proportion, les liens, la tension féconde entre amour et justice qui se fait jour au moment de l' action, que l'un et l'autre revendiquent. Tous deux sont pris dans une économie du don qui déborde de toute part l'éthique dont ils se veulent les figures responsables. Une logique de la surabondance vient toujours mettre au défi une logique de l'équivalence.
    Paul Ricœur (1913-2005)
    Philosophe, un des " grands " du XXe siècle, il a consacré sa réflexion à l'analyse du sujet, de son action et de son rapport au temps.


  • On retrouve dans ces entretiens, réalisés entre 1981 et 2003, les grands thèmes ricoeuriens : " l'homme capable ", la justice et ses conflits, l'action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l'écologie, la bioéthique). Une curiosité : l'entretien entre Paul Ricoeur et Michel Rocard quand il était Premier ministre. Il s'agit de questions toujours actuelles, qui se posent et se reposent en permanence dans nos démocraties mal portantes. La méthode fait ici partie du contenu : presque toujours sont noués un contexte politique (la fin des idéologies et la séduction des solutions purement techniques), la mise en avant d'institutions (qui inscrivent les questions dans la durée), l'imagination ou l'utopie d'un avenir meilleur. Comme le dit Michaël Foessel, Paul Ricoeur, éducateur politique, ne cesse de rappeler à tous " la pression constante que la morale de conviction exerce sur la morale de responsabilité ". En ce temps de basses eaux démocratiques et d'expansion des populismes, ce rappel des principes de l'action politique et de leurs raisons n'est pas seulement utile : il est absolument nécessaire.
    Paul Ricoeur (1913-2005) est une des grandes figures de la philosophie française contemporaine.
    Préface de Michaël Foessel

  • Après Lectures 1, consacré à la pensée politique, et Lectures 2, une galerie de portraits où défilent les grandes figures de la pensée du XXe siècle, Lectures 3 s'aventure aux "frontières de la philosophie". S'interrogeant tout d'abord sur le rôle de la philosophie de la religion dans les systèmes philosophiques de Kant et de Hegel, Paul Ricœur est conduit à traverser L'Étoile de la Rédemption de Franz Rosenzweig et l'œuvre d'Emmanuel Lévinas, méditation vigoureuse sur le "témoignage".
    S'écartant progressivement du logos philosophique ou des pensées qui ont entrepris de le déborder, Paul Ricœur traite ensuite du prophétisme, du tragique et du mal. Autant d'interrogations qui fragilisent la spéculation et résistent à une appréhension conceptuelle, invitant à relancer le travail de la pensée.
    Enfin, parallèlement à son œuvre philosophique, Ricœur a beaucoup lu et interprété la Bible, ce récit dont les "essais d'herméneutique" réunis ici montrent l'ampleur des réflexions qu'il suscite.
    Complément indispensable de Temps et Récit et de Soi-même comme un autre, Lectures 3 témoigne d'un autre "régime de la pensée" qui souligne l'importance de l'œuvre de Paul Ricœur.

  • Voici le texte inédit du Mémoire pour le Diplôme d'études scientifiques que soutint le jeune Paul Ricoeur en 1934 devant Léon Brunschvicg. Dans ce travail remarquable, qui laisse entrevoir tout le génie du philosophe, Ricoeur aborde sous l'angle de la mét

  • Vers la fin de sa vie, Paul Ricoeur a plusieurs fois abordé la question de la traduction. Trois conférences sur ce sujet sont rassemblées dans ce volume.
    À une réflexion qui part du constat de l'irréductible différence entre les langues, la traduction paraît impossible. Et pourtant elle existe : on a toujours traduit. La tâche de la pensée est donc non tant de l'expliquer ou de la justifier que de penser à partir d'elle, puisqu'elle reste une « opération risquée, toujours en quête de sa théorie ».
    L'auteur explore dès lors les « deux voies d'entrées » dans le problème de la traduction : si la conception qui voit en elle le simple transfert d'un message verbal d'une langue à une autre lui semble trop étroite, celle qui revient à assimiler tout processus de compréhension à une traduction est sans doute trop peu rigoureuse.
    Par-delà le soupçon toujours vivace de la « trahison » qui pèse sur elle, la traduction, ce « défi », apparaît en fin de compte au philosophe comme un « bonheur » : celui de « l'hospitalité langagière ».
    Paul Ricoeur (1913-2005) est l'un des philosophes majeurs de l'époque contemporaine.

  • Dans cet essai inédit regroupant trois textes issus d'une conférence donnée en 1967, Paul Ricoeur s'intéresse à l'idée d'une communauté ecclésiale. Le philosophe s'interroge d'abord sur la société, son obsession technique, son incapacité à produire du sens et sur la manière dont l'Eglise peut être un contrepoint d'utopie en son sein. Il cherche ensuite un langage capable d'intégrer en même temps les critiques externes de la religion (Marx, Nietzsche, Freud) et, d'une manière interne à la foi, une «déconstruction» des pseudo-rationalisations qui masquent la vivacité des textes bibliques.

    Jamais publiés jusqu'ici, ces textes de Paul Ricoeur offrent une réflexion philosophique rare sur le rôle d'une communauté confessante au coeur d'une société désenchantée et qui reste d'une troublante actualité.

  • Parallèlement à ses ouvrages de philosophie fondamentale, dont Soi-même comme un autre représente actuellement la dernière étape, Paul Ricœur n'a cessé de publier des articles dans des revues, mais aussi des préfaces dont les vertus pédagogiques n'enlèvent rien à l'acuité de la pensée. Lectures 1 inaugure une série de trois volumes destinés à reprendre ces textes jusqu'alors dispersés. Chacun d'entre eux portera sur un domaine privilégié par l'œuvre de Paul Ricœur : le pouvoir et le politique (Lectures 1), le récit et la poétique (Lectures 2), la question du mal et les rapports philosophie/théologie (Lectures 3).
    Dans Lectures 1 le lecteur retrouve les figures philosophiques qui ont accompagné la pensée politique de Paul Ricœur depuis l'après-guerre : Karl Jaspers, Hannah Arendt, Eric Weil et Jan Patocka. A côté d'analyses centrées sur le "paradoxe politique" et le mal totalitaire, l'auteur d'Histoire et Vérité discute également les réflexions portant sur la justice sociale au sein des démocraties, ce qui lui donne l'occasion de débattre avec John Rawls.
    L'auteur d'articles, qui ne s'est pas contenté de discuter avec d'autres auteurs, se heurte aux interrogations dont le citoyen du XXe siècle a la hantise, à commencer par celle de l'intolérance et de l'intolérable. De même il s'est obligé à "penser l'événement", ce dont témoignent des pages sur la Chine, Israël, mais aussi des propositions pour l'Université. Ce premier recueil permet ainsi de prendre la mesure d'une philosophie profondément politique, d'une pensée soucieuse de la Cité.

  • « Le pari majeur de ce livre est de lier le destin du rapport à établir entre l'éthique de la responsabilité et l'ontologie au destin du langage de l'une et de l'autre : le Dire du côté de l'éthique, le dit du côté de l'ontologie. (D'où) deux difficultés engendrées par la manière nouvelle de philosopher... Les deux difficultés sont indissociables et se condensent dans le mot, l'adverbe : autrement, autrement que... » (P. Ricoeur).

  • La contribution de Paul Ricœur à la théorie de l'interprétation, ou herméneutique, est considérable. Il figure parmi les maîtres de cette discipline, aux côtés de Schleiermacher, Dilthey, Heidegger et Gadamer. En marge des grands livres que sont Le Conflit des interprétations et Du texte à l'action, il a rédigé divers articles et contributions qui méritent d'être découverts ou redécouverts. Ils permettent de saisir sur le vif l'avancement de sa recherche à un moment précis. Certains textes analysent la métaphore, d'autres guident le lecteur à travers les divers enjeux du " problème herméneutique ", du symbole au texte, puis du texte à l'action, considérée à travers ses implications éthiques. On y découvre aussi la volonté de Ricœur de s'interroger sur le devenir de l'herméneutique, et son souci de confronter celle-ci à la philosophie analytique.
    Sa contribution à l'herméneutique biblique a été décisive. Il s'est penché en philosophe sur la Bible, donc sur ce qu'elle " donne à penser ". Deux études magistrales rendent compte de cet effort – sans équivalent dans la philosophie française – pour explorer les relations entre révélation et vérité d'une part, mythes du salut et raison d'autre part.
    Ce livre, préparé et annoté par Daniel Frey et Nicola Stricker, est le second volume de la série " Écrits et conférences ", publiée sous les auspices du Fonds Ricœur.
    Paul Ricœur (1913-2005). Écrits et conférences 2 rassemble des textes du philosophe parus entre 1972 et 2006.

  • Comment les hommes deviennent-ils humains ? Cette interrogation anime les " sciences humaines ". Mais celles-ci, remarque Ricœur, se dispersent dans de multiples disciplines et tendent à l'homme un miroir brisé. D'où l'" urgence " à ses yeux d'une anthropologie philosophique, qui a une histoire plus ancienne mais qu'il croit riche encore de ressources inemployées. Cela ne l'empêche pas de dialoguer avec la psychanalyse, l'histoire, la sociologie, l'ethnologie ou les sciences du langage, et de déployer ainsi une réflexion parfaitement actuelle et ouverte. Car il n'y a décidément pas de réponse simple à la question : qu'est-ce que l'homme ? " Volontaire " et " involontaire ", " agir " et " souffrir ", " autonomie " et " vulnérabilité ", " capacité " et " fragilité ", " identité " et " altérité " : c'est par ces tensions que Ricœur, pour sa part, exprime une telle complexité. Les textes ici réunis offrent ainsi une vue d'ensemble de sa propre philosophie, depuis sa conférence sur " l'attention ", prononcée en 1939, jusqu'à son discours de réception du prix Kluge sur les " capacités personnelles " et la " reconnaissance mutuelle ", rédigé en 2004 quelques mois avant sa mort.
    Paul Ricœur est l'un des grands philosophes contemporains. Son œuvre, publiée pour l'essentiel au Seuil, est traduite en de nombreuses langues.

  • Professé d'abord et polycopié à Strasbourg dès 1953 puis devenu " Cours de Sorbonne " polycopié en 1957, ce Cours interprète avec rigueur le sens des trois mots du titre : " être ", " essence " et " substance " – les concepts fondamentaux de la métaphysique occidentale. Ils représentent, comme tels, un progrès considérable de la raison conceptuelle par rapport aux Présocratiques, qui parlaient encore des " éléments ". Par la suite, ils eurent une importance exceptionnelle dans l'histoire de la philosophie, bien au-delà de la scolastique médiévale et de la métaphysique classique, puisqu'au XXe siècle Heidegger et d'autres se mesurent encore et toujours à eux. Comment Platon puis Aristote les pensent-ils ? Quel sens leur donnent-ils ? Outre l'intérêt intrinsèque du commentaire, très fouillé et très appuyé sur les textes, on note les connexions et les inversions que Ricœur établit au sein des deux philosophies et entre elles, et son insistance, déjà, sur le langage. Il met aussi en relief des évolutions surprenantes : un second Platon a critiqué un premier Platon (celui des Idées), et un second Aristote a critiqué Platon en le simplifiant et même en le caricaturant.
    Paul Ricœur, décédé en 2005, était un des grands philosophes contemporains. Son œuvre, publiée pour l'essentiel au Seuil, est traduite en de nombreuses langues.

  • Paul Ricœur a publié de son vivant une trentaine de livres – une œuvre philosophique exceptionnelle. Il a aussi écrit de nombreux articles pour des revues françaises et étrangères, fait des conférences et donné des interviews. Conservés par le Fonds Ricœur, certains de ces textes n'ont jamais été publiés en français, beaucoup sont aujourd'hui introuvables.
    Ce volume – le premier d'une série d' écrits et de conférences – reprend des textes consacrés à la psychanalyse, un thème qui a occupé peu ou prou, sa vie durant, le champ de la réflexion du philosophe. Quelle science est donc la psychanalyse ? Quelle vérité profère-t-elle, quelles preuves fournit-elle ? Que signifie, pour cette " science ", la pratique concrète de la psychanalyse ? Qu'a-t-elle à dire sur la création et sur l'œuvre d'art ? Quelle est sa place dans la culture et comment transforme-t-elle la culture ? Quelle est la place du récit en psychanalyse ?
    " Ricœur lecteur de Freud " : tel aurait pu être le titre de ce livre, où la réflexion repose essentiellement sur l'œuvre même de Freud, et non sur ses commentaires ultérieurs. Lecture de liberté et de probité intellectuelle, lecture critique mais à l'évidence admirative, qui ne demeure pas figée sur des positions définitives. Une lecture pour comprendre Freud.
    Paul Ricœur (1912-2005). Écrits et conférences 1 rassemble des textes du philosophe parus de 1966 à 1988.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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