• L'histoire économique n'est pas d'abord celle de l'Europe. La genèse de l'économie moderne est aussi orientale, comme le montre, bien avant notre Renaissance, la circulation afro-eurasienne des biens, des hommes et des techniques. Ce livre analyse des réseaux commerciaux asiatiques plurimillénaires, la technicité financière du monde musulman entre VIIIème et XIème siècle, le poids récurrent d'une Chine qui, la première, conçut à peu près toutes les techniques productives de base. Il cherche à comprendre les institutions de ces premiers échanges globaux, notamment les diasporas qui, après l'effondrement de l'empire romain, continuent d'animer les faibles échanges intra-européens sur un modèle pratiqué de longue date sur les routes de la Soie. Notre eurocentrisme spontané n'en sort pas indemne : l'Europe est longtemps dépassée par l'Orient, en matière de PIB par tête, de croissance démographique, d'urbanisation, de techniques. Si l'histoire économique globale cherche à comprendre ces inégalités à travers le concept de système-monde, elle est surtout confrontée à un paradoxe de taille : comment l'Europe, économiquement plus fruste, peut elle connaître cet essor spectaculaire à partir du XVIème siècle ? C'est le défi que relève cet ouvrage en construisant pas à pas l'originalité du capitalisme européen, de fait largement fondé sur l'économie globale qui l'a précédé.
    Philippe Norel est économiste à l'Université de Poitiers et Professeur à Sciences-Po. Il a notamment publié L'Invention du Marché. Une histoire économique de la mondialisation (Seuil, 2004).

  • Depuis 1983, les Philippines ont connu une accélération de leur histoire. L'assassinat d'Aquino a catalysé, renforcé les luttes contre le régime de Ferdinand Marcos. La chute du dictateur - en mars 1986 - fut une étape importante dans le retour à la démocratie. Mais de graves problèmes subsistent. Une économie tournée davantage vers les exportations, que vers la satisfaction des besoins intérieurs ; une militarisation omniprésente de la société, ce qui entraîne une violation quasi-permanente des droits de l'Homme ; une forte dépendance vis-à-vis des États-Unis, économique et militaire, par le biais de leurs bases ; des problèmes sociaux tristement célèbres : drogue, prostitution... Qui n'a pas entendu parler des "trottoirs de Manille" ? Malgré tout, c'est un peuple qui vit et espère. Sa lutte pour faire reconnaître ses droits, est devenue une tradition. Un pays où foisonnent les organisations sociales, syndicales et politiques. Un peuple à découvrir.

  • Depuis 1983, les Philippines ont connu une accélération de leur histoire. L'assassinat d'Aquino a catalysé, renforcé les luttes contre le régime de Ferdinand Marcos. La chute du dictateur - en mars 1986 - fut une étape importante dans le retour à la démocratie. Mais de graves problèmes subsistent. Une économie tournée davantage vers les exportations, que vers la satisfaction des besoins intérieurs ; une militarisation omniprésente de la société, ce qui entraîne une violation quasi-permanente des droits de l'Homme ; une forte dépendance vis-à-vis des États-Unis, économique et militaire, par le biais de leurs bases ; des problèmes sociaux tristement célèbres : drogue, prostitution... Qui n'a pas entendu parler des "trottoirs de Manille" ? Malgré tout, c'est un peuple qui vit et espère. Sa lutte pour faire reconnaître ses droits, est devenue une tradition. Un pays où foisonnent les organisations sociales, syndicales et politiques. Un peuple à découvrir.

  • Dans cet ouvrage daté de 1986, Philippe Norel livre une critique de l'économie moderne et des perspectives du développement des pays du Tiers Monde : selon lui, nos idées sur le développement sont aujourd'hui brouillées... Apologie des « Nouveaux pays industriels » au Sud et d'un libéralisme salvateur au Nord, déclin des utopies socialistes, gestion laborieuse d'une crise interminable ou encore « fin de développement », autant d'images, de réalités qui se télescopent. En deçà des thèses à la mode, l'histoire économique et les stratégies de développement existantes nous renvoient aux faits : asservissement des peuples aux objectifs productivistes, dépossession des autonomies, intégration des individus comme travailleurs peu ou pas reconnus... Tels sont les visages d'une économie mondiale qui réaménage ses hiérarchies sans transformer sa logique. Dans la crise du Nord comme dans les soubresauts du Sud, là sont les enjeux du développement.

  • On pense souvent la mondialisation comme un nouvel ordre du monde qui verrait les États céder le pouvoir aux forces du marché. De la première mondialisation reconnue (fin du XIXe siècle) à la réalité contemporaine des firmes transnationales, de la globalisation financière et des régulations supranationales, c'est la libéralisation des échanges qui s'imposerait. On ne peut pourtant identifier la mondialisation à la victoire planétaire, soudaine et programmée du libéralisme. Elle est d'abord l'aboutissement provisoire d'une synergie historique de longue durée entre expansion géographique des échanges et progrès de la régulation marchande. Aujourd'hui réunis, ces deux processus sont ici étudiés dans leur interaction heurtée depuis 1492, mais aussi dans leurs balbutiements durant l'Antiquité ou le Moyen Âge, européen et asiatique. Il apparaît alors que l'invention du marché, plus précisément l'émergence de systèmes de marchés, est longtemps bloquée en Europe et ne progresse sensiblement que si le pouvoir politique s'en mêle : Venise au XIIIe siècle ou Amsterdam au XVIIe en témoignent.
    Dans cette dynamique, l'instrumentalisation du commerce lointain par les pouvoirs politiques est centrale. Les forces de marché préexistant à l'État moderne semblent, par elles-mêmes, ne pouvoir construire qu'un commerce lointain de nature opportuniste. C'est l'État qui canalise ces forces au service d'un dessein ambitieux : la création de systèmes de marchés nationaux permettant l'essor du capitalisme à la fin du XVIIIe siècle. Ensuite, les puissances hégémoniques successives poussent au libreéchange dans la mesure où il sert immédiatement leurs intérêts.
    Il n'est pas sûr pour autant que cette libéralisatoin soit aujourd'hui irréversible : l'entre-deux-guerres a bien montré comment le libéralisme hérité du XIXe siècle a fait long feu et, dans la douleur, cédé la place au « fordisme » des Trente Glorieuses. L'histoire révèle combien l'économie de marché demeure une utopie toujours réinventée et permet de préciser les conditions dans lesquelles sa contestation peut se déployer. Étant aussi une invention politique, le marché restera sous influence politique.

  • LA FABRIQUE DU MONDE. Commerce et techniques, ces échanges qui ont façonné le monde ; Religions et empires... l'autre fabrique de l'universel ; Un précoce processus d'intégration. REGARDER AUTREMENT LE PASSE. Quand l'histoire s'écrivait ailleurs ; Hégémonie européenne ou miracle eurasien ? La théorie des systèmes mondes. LE TOURNANT GLOBAL. Marché, capitalisme et mondialisation ; Regards sur le monde (l'état de la recherche en histoire globale) ; Les perspectives du monde. ANNEXES : ? L'histoire globale par les sources ; ? Glossaire ; ? Repères chronologiques ;? Bibliographie sélective ? Index

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