• Novembre 1919 : plusieurs syndicats se réclamant de la doctrine sociale de l'Église décident de s'unir en fondant la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). L'enjeu est de taille : apporter une réponse forte aux défis posés par l'expansion du libéralisme économique et du mouvement socialiste. Très vite, s'élabore un positionnement singulier dans la défense des intérêts des travailleurs grâce à une double identité : chrétienne et ouvrière. Plusieurs fois menacée au cours de son existence, la CFTC s'est cependant durablement inscrite dans le paysage syndical français. Tout en demeurant fidèle à ses principes fondateurs, elle a su s'adapter à l'évolution de la société moderne, dont elle a contribué à façonner les dynamiques.

    Dans cet ouvrage très documenté, Philippe Portier s'attache à retracer l'histoire de cette organisation sociale majeure et dessine ainsi un certain portrait sociologique de la France.

  • Comment faire vivre ensemble des individus égaux en droits et différents par leurs convictions ? Pour répondre à ce défi venu de l'avènement de la modernité et de la déconstruction de l'unité de foi qu'elle a impliquée, la France a instauré, à partir de 1789, un régime « laïque » d'existence politique : l'État se plaçait hier au service de la vérité religieuse ; on lui assigne désormais de simplement assurer, dans l'ordre, la liberté de conscience de ses assujettis. Ce régime de sécularité ne s'est pas fixé toutefois dans un modèle unique d'articulation de la relation entre le pouvoir politique et les communautés de croyances. Au cours des deux siècles qui viennent de s'écouler, tout en s'adossant, continûment, au double principe de neutralité de l'État et de liberté de conscience, la politique religieuse de la France a épousé des formes variées, sous la pression des conjonctures politiques, et, plus encore, des transformations de la figure même de la modernité. Le présent ouvrage se propose de rendre compte de ces mutations, en repérant, depuis la Révolution, trois grands moments dans l'agencement de la laïcité. La première étape, qui court du régime napoléonien à la Troisième République, laisse apparaître, selon la logique concordataire, un modèle d'alliance officielle de l'État et des cultes. Avec la Troisième République s'inaugure le moment de la séparation, qui trouve son point de cristallisation dans la loi du 9 décembre 1905. La logique qu'il dessine se trouve remise en cause à partir des années 1960 : s'impose alors un système inédit de reconnaissance, fondé sur un partenariat implicite entre l'État et les forces religieuses, dans un contexte marqué par l'expansion croisée des revendications identitaires et des angoisses sécuritaires. Cette approche aboutit à questionner fortement les théories pérennalistes qui entendent penser la laïcité hexagonale dans la stabilité de son concept originel. Elle rappelle, à l'inverse, qu'en France même, la politique des cultes s'est toujours construite de manière vivante, dans l'interaction sans cesse renouvelée du culturel, du social et du juridique.

  • On aurait tort de réduire l'Église catholique à n'être qu'un "véhicule du Salut", qu'un instrument du passage dans l'autre monde. Dans cette France du XXème siècle, que les années 1880 ont voulu rendre à la seule puissance de l'humain, l'institution romaine a clairement pris place dans l'arène politique : refusant de se laisser enfermer dans la simple administration du culte, elle s'est assignée de replacer la figure divine au fondement même de l'espace public. De ce projet antimoderne, est né un "catholicisme de mouvement", fait de théologies conquérantes et de mobilisations offensives : ce livre analyse, depuis sa constitution sous Léon XIII jusqu'à sa reviviscence sous Jean-Paul II, les grandes étapes de son histoire.

  • On aurait tort de réduire l'Église catholique à n'être qu'un "véhicule du Salut", qu'un instrument du passage dans l'autre monde. Dans cette France du XXème siècle, que les années 1880 ont voulu rendre à la seule puissance de l'humain, l'institution romaine a clairement pris place dans l'arène politique : refusant de se laisser enfermer dans la simple administration du culte, elle s'est assignée de replacer la figure divine au fondement même de l'espace public. De ce projet antimoderne, est né un "catholicisme de mouvement", fait de théologies conquérantes et de mobilisations offensives : ce livre analyse, depuis sa constitution sous Léon XIII jusqu'à sa reviviscence sous Jean-Paul II, les grandes étapes de son histoire.

  • Où en sommes-nous un siècle plus tard ? Le modèle français de laïcité n'est plus de même nature. Sous la IIIe République, il était un système de préservation des libertés; il s'est transmué, depuis les années 2000, en un système d'unification des conduites.

    Le 9 décembre 1905, était promulguée la loi « concernant la séparation des Églises et de l'État », qui constitue en France, selon la formule du Conseil d'État, la « clé de voûte de la laïcité ». On sait qu'elle a suscité l'opposition d'une grande partie des catholiques. On oublie souvent que son élaboration n'a pas donné lieu à un véritable consensus au sein de la famille républicaine : unis par un projet commun, celui de promouvoir la liberté de conscience contre le cléricalisme politique, ses parlementaires se sont divisés sur les modalités pratiques de son actualisation, en se distribuant autour de deux grandes polarités.

  • Où en sommes-nous un siècle plus tard ? Le modèle français de laïcité n'est plus de même nature. Sous la IIIe République, il était un système de préservation des libertés; il s'est transmué, depuis les années 2000, en un système d'unification des conduites.

    Le 9 décembre 1905, était promulguée la loi « concernant la séparation des Églises et de l'État », qui constitue en France, selon la formule du Conseil d'État, la « clé de voûte de la laïcité ». On sait qu'elle a suscité l'opposition d'une grande partie des catholiques. On oublie souvent que son élaboration n'a pas donné lieu à un véritable consensus au sein de la famille républicaine : unis par un projet commun, celui de promouvoir la liberté de conscience contre le cléricalisme politique, ses parlementaires se sont divisés sur les modalités pratiques de son actualisation, en se distribuant autour de deux grandes polarités.

  • Alors que l'on croyait en avoir fini avec le fait religieux sous la poussée
    d'une modernité occidentale qui semblait en avoir fortement réduit l'impact
    social, la religion occupe à nouveau une place centrale dans l'actualité
    française. Au coeur de discussions et polémiques, elle figure également à
    l'agenda politique, les autorités publiques cherchant à redéfinir aussi bien
    les conditions d'exercice de la liberté religieuse et ses limites que le point
    d'équilibre à trouver pour garantir la neutralité religieuse de l'État dans
    la société. Dans ce contexte, les diverses religions relisent leurs traditions
    et l'actualisent, suscitant des réactions diverses en leur sein.
    Cet ouvrage présente les données les plus actuelles sur les reconfigurations
    contemporaines du religieux en France : net décrochage du catholicisme,
    progression des « sans religion », pluralisation accentuée, essor de certaines
    croyances, brouillage des frontières entre religieux et non-religieux...
    Congédiant l'idée selon laquelle plus de modernité signifierait moins de
    religion, il vient également montrer que, bien au contraire, l'ultramodernité
    contemporaine, pénétrée d'incertitudes, entraîne de profonds
    bouleversements du religieux qui ont des conséquences politiques, sociales
    et culturelles dont on ne mesure pas encore suffisamment l'ampleur.

  • La laïcité française, loin d'avoir été un simple aménagement technique des rapports entre l'Église et l'État, a longtemps figuré au nombre des principes fondamentaux de la société française : elle visait à asseoir l'ordre politique sur les prescriptions de la raison universelle, à reléguer les appartenances confessionnelles dans la sphère privée et à instituer l'État en conscience rectrice de la communauté des citoyens. Or, depuis quelques années, ce modèle est sévèrement questionné. À la « séparation-neutralité » qu'il impliquait tend à se substituer, sur fond de crise de l'ethos républicain, une « séparation bienveillante » davantage ouverte à la publicisation des allégeances particulières. Cet ouvrage, issu d'un colloque tenu à Rennes à l'automne 1999 sous le patronage de l'Association Française de Science Politique, entend examiner les conditions de cette mutation. Après s'être arrêté sur la signification originelle du système français de laïcité, il s'emploie, d'une part, à décrypter les raisons de son obsolescence et, d'autre part, à analyser les modalités tout à la fois intellectuelles et normatives de sa recomposition. Si la laïcité demeure bien une « valeur d'aujourd'hui », c'est au prix d'une transformation significative de son contenu.

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