• Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire : ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d'une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par « le prêtre, le juge, le gouvernant ».
    Avec La Morale anarchiste (1889), livre virulent et raisonné, il montre que seul l'instinct d'entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire.











  • Extrait
    II
    Lorsque nos aïeux voulaient se rendre compte de ce qui pousse l’homme à agir d’une façon ou d’une autre, ils y arrivaient d’une façon bien simple. On peut voir jusqu’à présent des images catholiques qui représentent leur ex- plication. Un homme marche à travers champs et, sans s’en douter le moins du monde, il porte un ange sur son épaule gauche et un ange sur son épaule droite. Le diable le pousse à faire le mal, l’ange cherche à l’en retenir. Et si l’ange a eu le dessus, et l’homme est resté vertueux, trois autres anges s’emparent de lui et l’emporte vers les cieux. Tout s’explique ainsi à merveille.
    Nos vieilles bonnes d’enfants, bien renseignés sur ce chapitre, vous diront qu’il ne faut jamais mettre un enfant au lit sans déboutonner le col de sa chemise. Il faut laisser ouverte, à la base du cou, une place bien chaude, où l’ange gardien puisse se capitonner. Sans cela, le diable tourmenterait l’enfant jusque dans son sommeil.
    Ces conceptions naïves s’en vont. Mais si les vieux mots disparaissent, l’essence reste toujours la même.
    La gent éduquée ne croit plus au diable ; mais comme nos idées ne sont pas plus rationnelles que celles de nos bonnes d’enfants, elle déguise le diable et l’ange sous un verbiage scolastique, honoré du nom de philosophie. Au lieu de “diable“, on dira aujourd’hui “la chair, les passions“. “L’ange“ sera remplacé par les mots “conscience, ou âme“, “reflet de la pensée d’un Dieu créateur“ ou du “grand architecte“ comme disent les francs-maçons. Mais les actes de l’homme sont toujours représentés comme le résultat d’une lutte entre deux éléments hostiles. Et toujours, l’homme est considéré d’autant plus vertueux que l’un de ces deux éléments - l’âme ou la conscience- aura remporté plus de victoires sur l’autre élément - la chair ou les passions.

  • "On ne peut pas améliorer les prisons" de Kropotkine sont un texte polémique, humain, bouleversant par son actualité. Oui, si depuis Kropotkine, nous nous sommes enfin débarrassés de la peine de mort, les prisons restent les oubliettes de la société. Les Editions de Londres ont mis en parallèle le texte de Kropotkine avec un rapport récent sur les prisons françaises, plein de chiffres et de détails, et avec une seule conclusion : consternant ! Mais, nom de Dieu, cessons d'oublier les criminels ! Si nous constituons une société, alors notre responsabilité collective ne s'arrête pas à la condamnation par un tribunal de justice.

  • "La Loi et l'Autorité" de Kropotkine est un texte politique écrit en 1892. C'est une nouvelle tentative du prince anarchiste pour renverser l'ordre établi. Cette fois-ci, il démonte l'histoire de la société à travers l'étude de la Loi qu'il identifie au mécanisme de justification et de perpétuation de l'exploitation des plus « sans scrupules » sur les plus innocents. Il faut le télécharger et le lire pour comprendre le monde contemporain et désapprendre tout ce que l'on nous a appris.

  • Neuf ans plus tard, Kropotkine revient sur l'expérience et les enseignements de "La Commune de Paris". Dans ce remarquable exposé, le prince anarchiste russe prédit la révolution dans toute l'Europe ; mais surtout il nous rappelle les innombrables contributions de la Commune au progrès humain et social, et regrette seulement que les Communards aient fait l'erreur de se donner d'un Gouvernement. En refermant ce livre (numérique), on rêve d'un autre Paris, pas ce gros bloc gris mâtiné d'Haussmann et de Paris-Plages, mais une ville « indépendante, libre, s'appartenant à ellemême », qui en soixante dix jours fit avancer le droit du travail, les droits de la femme, inventa l'autogestion dans les entreprises, défendit la liberté de la presse, proclama la séparation de l'Eglise et de l'Etat...

  • " Le principe anarchiste " de Kropotkine, comme "L'esprit de révolte", c'est un des plus beaux textes du prince Russe. C'est un texte tardif, où domine un indéniable lyrisme. Kropotkine ne fait pas dans la théorie, il nous révèle sa pensée : le principe anarchiste, c'est le principe de liberté. En cela, l'anarchisme s'inscrit radicalement à l'écart des autres mouvements politiques. Les manuels d'histoire filtrés par les ministères de l'éducation nationale ne le peignent pas sous la meilleure lumière. Normal, le principe de liberté n'est accessible que par la remise en question de l'oppression institutionnalisée, c'est-à-dire de l'Etat.

  • "L'Anarchie, sa philosophie, son idéal" est un superbe texte de Kropotkine. En moins de quarante pages, Kropotkine nous dépeint une histoire de l'humanité vue et revue à travers les prismes des mécanismes d'exploitation qui permirent aux élites d'affaiblir, de contrôler et de manipuler les masses afin qu'ils exaucent leurs désirs de puissance et de possession. Alors, le prince russe jette les bases d'une philosophie, qui fait plus que tout expliquer : il redonne l'espoir. Aux Editions de Londres, nous allons même jusqu'à prétendre que l'Internet a redonné à l'Anarchie une nouvelle jeunesse.

  • Le Classcompilé n° 130 contient les oeuvres de Kropotkine. Les oeuvres de Jean Grave (n°131), fondateur du journal les Temps Nouveaux, sont conseillées en complément.
    Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine (en russe : ), né le 9 décembre (27 novembre dans le calendrier russe) 1842 à Moscou et mort le 8 février 1921 à Dmitrov près de Moscou, est un géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue et théoricien du communisme libertaire. (Wikipedia.)
    CONTENU DE CE VOLUME :
    Paroles d'un révolté 1885
    La Conquête du pain 1892
    La Grande Révolution 1909
    L'Anarchie dans l'évolution socialiste 1887
    On ne peut pas améliorer les prisons 1887
    La Morale anarchiste 1889
    L'Effet des persécutions 1895
    Un temps d'arrêt 1895
    Les Petits Expédients 1895
    Les Expédients économiques 1895
    Coopération et socialisme 1895
    Le Congrès ouvrier de 1896 1895
    L'Anarchie, sa philosophie, son idéal 1896
    L'Organisation de la Vindicte appelée Justice 1901
    Communisme et anarchie 1903
    L'État, son rôle historique 1906
    La Guerre 1912
    La révolution sera-t-elle collectiviste ? 1913
    Le Principe anarchiste 1913
    L'Action anarchiste dans la révolution 1914
    La Fédération comme moyen d'union 1918
    Les livrels de lci-eBooks sont des compilations d'oeuvres appartenant au domaine public : les textes d'un même auteur sont regroupés dans un eBook à la mise en page soignée, pour la plus grande commodité du lecteur. On trouvera le catalogue sur le site de l'éditeur.

  • Pierre Kropotkine se penche dans cet essai sur les conditions nécessaires au déclenchement d'une révolution et analyse le processus de l'étincelle qui met le feu aux poudres.

  • Dans ce livre Pierre Kropotkine analyse les principales critiques que l'histoire à pu faire au communisme et y apporte une réponse, celle du communisme libertaire.

  • "La Commune" est un texte politique de Kropotkine, probablement le pendant à une autre de nos publications, "L'Etat, son rôle historique". Dans La Commune, d'ailleurs texte posthume, Kropotkine répond à ses détracteurs qui l'accusent d'être un réactionnaire, et de vouloir chercher une inspiration dépassée dans l'exemple des communes du Moyen-Âge. Kropoktine explique brillamment (comme toujours) qu'il n'en est rien. Bien au contraire, l'exemple des Communes du 12ème siècle, libres et indépendantes, montre que la société peut se passer d'Etat.

  • "L'État, son rôle historique" est un texte politique de Kropoktine publié en 1906. Dans ce court texte, Kropotkine reprend des idées déjà familières aux habitués des Editions de Londres, les principes fédératifs régissant les communes du 12ème siècle, la démocratie participative, mais surtout il nous offre une autre philosophie de l'histoire, une vision radicalement différente de celle que des générations d'universitaires ont su nous imposer, avec leur tropisme intellectuel fondé sur l'Etat et le concept avant la réalité, l'abstrait avant le concret. Kropotkine nous propose un autre contrat social, un regard neuf sur une société de libre initiative, de libre entente, d'unions voulues et librement consenties. Un texte fondamental, essentiel.

  • "Le salariat" est un court texte politique et économique de Kropotkine publié en 1889, tiré de "La conquête du pain". Pour Kropotkine, les collectivistes, à savoir les Marxistes, les socialistes, les gens de la gauche résolue, font une double erreur. D'abord, ils ne comprennent pas que le gouvernement représentatif est en fait antidémocratique et que l'Etat est un outil de maintien de la tyrannie, c'est-à-dire non pas ce qu'il faut conquérir mais ce qu'il faut détruire. Ensuite, et c'est le sujet du "Salariat", la rémunération du travail mesuré par la demande du marché, des études, des heures travaillées, est une absurdité. Selon Kropotkine, « aucune distinction ne peut être faite entre les oeuvres de chacun », et nous commes tous coupables d'avoir « voulu faire de la société une compagnie commerciale fondée sur le doit et l'avoir ».

  • "La guerre" est un texte antimilitariste de Kropotkine écrit en 1912, à la veille de la seconde guerre mondiale. Nous vivons tout de même dans un drôle de monde où l'on passe une bonne partie de l'année 2012 à célébrer le centenaire et la mémoire des morts du Titanic, mais que jamais la moindre mention n'est faite de ce texte prophétique, qui, avec la lucidité coutumière de Kropotkine, analyse en quelques pages nerveuses, presque manichéistes, les ressorts de la guerre industrielle, produit d'une logique économique autodestructive et dont la conséquence est la mort, l'élimination de millions d'hommes sur l'autel d'une société déséquilibrée et qui finit toujours par croire en ses mythes à force de les répéter, plutôt que d'affronter la réalité. Un texte politique, aux accents prémonitoires.

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