• Non pas Baudelaire et la peinture, ni Baudelaire et le romantisme, mais Baudelaire, la peinture et le romantisme. Il s'agit de penser ce moment de 1850, où le romantisme fait retour sur lui-même et se trouve confronté au réalisme naissant. La peinture est alors chez Baudelaire le lieu où se révèlent le mieux ces tensions poétiques et esthétiques et elle constitue une voie d'accès privilégié à ce qu'il est convenu d'appeler la modernité. C'est pourquoi l'analyse, qui porte aussi bien sur des écrivains comme Flaubert et Poe que sur des peintres comme Delacroix, Courbet et Manet, cherche à dégager les enjeux philosophiques de cette refondation du romantisme par Baudelaire. Alors que l'on assiste à la décomposition de la doctrine de l'ut pictura poesis, la peinture et la poésie chez Baudelaire s'éprouvent l'une à l'autre et font la preuve que le poète est « le peintre de la vie moderne ».

  • L'oedipe est peut-être moins une structure de la psychè humaine qu'une configuration philosophique qui s'inscrit dans l'histoire. Aussi n'est-ce pas le complexe d'OEdipe des héros romantiques qui est envisagé dans ce livre, ni non plus le mythe d'OEdipe au temps du romantisme, mais l'oedipe tel qu'il s'élabore dans les années 1830, au moment où l'imaginaire et le symbolique sont en train de se recomposer. Il s'agit d'interroger l'oedipe dans la relation qu'il entretient à la société et à l'histoire et de voir comment cette chimère travaille les textes de cette époque. L'approche, qui croise constamment le fantasmatique et l'idéologique, est sociocritique. L'ensemble s'organise en deux parties. La première, synchronique, constitue une anthropologie du romantisme de 1830 et essaie de montrer que dans la référence à OEdipe se formulent à cette époque des questions historiques autant que sociales et politiques. La seconde partie est composée de huit monographies, consacrées à quelques textes essentiels du romantisme où se voit à l'oeuvre une écriture de l'oedipe : Le Rouge et le Noir, Lucrèce Borgia, Lorenzaccio, Fantasio, Volupté, Le Père oriot, La Confession d'un enfant du siècle, Le Lys dans la vallée.

  • Cette livraison de la revue Études françaises, placée sous le signe de l'inédit, rend hommage à deux figures majeures de la littérature québécoise, Paul-Marie Lapointe et Claude Gauvreau. De Paul-Marie Lapointe, Gaston Miron a déjà déclaré qu'il était « notre plus grand poète », propos rappelé en ces pages par Pierre Nepveu, qui souligne la vive admiration que l'auteur de L'homme rapaillé vouait au poète originaire de Saint-Félicien. Poète de tout premier plan et dramaturge prolifique, Claude Gauvreau n'est certes pas en reste, lui dont la langue exploréenne résonne puissamment encore aujourd'hui sur les plus grandes scènes québécoises. L'histoire de ces deux écrivains fut, on le sait, particulièrement liée durant les mois qui précédèrent la parution, en 1948, du Vierge incendié de Lapointe aux éditions Mithra-Mythe. Cherchant un éditeur, Paul-Marie Lapointe, à la suggestion de Robert Blair, qui avait eu Gauvreau comme condisciple au collège Sainte-Marie, se rendit chez le poète automatiste accompagné de Blair et Jean Lefébure, et lui confia son manuscrit : « Après le départ des trois, je me mis à lire ces courts poèmes ; et, plus je lisais, plus j'étais impressionné. Je parlai de ce texte à plusieurs personnes, dont Maurice Perron ; et c'est ainsi que Le vierge incendié fut édité par Mithra-Mythe[1]. » Pierre Gauvreau assura la préparation du recueil et illustra la couverture d'un dessin érotique inspiré du Surmâle de Jarry. Après Refus global, il s'agissait, pour la maison d'édition dirigée par Maurice Perron, du second appel radical à la liberté posé en cette année charnière.

  • Evocation historique et géographique de la presqu'île et de son ancienne capitale Ambarès.

empty