• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La famille Heurtevent, tout entière, est au service de maître Bisson, gros fermier du Pays de Caux, qui règne en despote sur ses « vassaux » comme un seigneur du Moyen Âge. La guerre et l'occupation allemande, favorisant sa cruauté et sa soif de gain, le conduisent à laisser mourir de faim tous ceux qui l'entourent, et d'abord sa propre famille. Dans cet univers de démence, Marcel Heurtevent a trouvé l'alcool comme remède à ses maux. Pauline, sa femme, n'est plus que fatalisme. Seul leur fils Pierre se révoltera : il deviendra un « caractériel » pour maison de redressement. Un jour, pourtant, la mort abattra le « Maître » comme un chien... Restera-t-il assez d'espoir au coeur des Heurtevent, pour que la vie vaille encore quelque chose à leurs yeux ?... Cette oeuvre réaliste, dont la poésie n'est pas exclue, nous révèle un très grand romancier.

  • Nous retrouvons, dans "Rue Grand-Pont", la plupart des personnages du précédent roman de Pierre Mania : Les Heurtevent. Une sorte de « Bel Ami » femme - Monique Heurtevent - cherche à fuir sa condition médiocre, en utilisant les éternels « arguments » féminins. Autour d'elle gravitent les artisans de son « ascension » : aventuriers sordides, bourgeois nantis... Monique, cependant, connaîtra la pureté d'un amour, étrange mais authentique, que lui offrira Caïus, un idéaliste que révolte le nihilisme de l'époque. Cette passion triomphera-t-elle de l'ambition ? Le cynisme de Monique, en tout cas, marquera tragiquement le destin de la plupart des hommes qui la convoitent. Maupassant, Flaubert eussent aimé découvrir, à travers ces personnages, le réalisme d'un temps particulièrement cruel. Dans Rue Grand-Pont, Pierre Mania perpétue la grande tradition des écrivains normands ; il a su la renouveler, avec beaucoup de poésie et d'humour.

  • Ce livre, De Lénine au panzer-communisme, pourrait proposer en sous-titre : « analyse d'une dégénérescence ». Alors que la crise du communisme brezhnevien provoque, dans le mouvement international, ce fractionnisme que redoutait Lénine, il fait le point et répond, avec une clarté qui exclut tout jargon, aux questions essentielles que se pose la conscience communiste révolutionnaire : comment et pourquoi l'espoir d'Octobre, et celui de Tours, ont-ils abouti, à travers le stalinisme ou son succédané thorézien, à la direction de Brezhnev ou de Marchais ? Comment et pourquoi le parti internationaliste et révolutionnaire conçu par Lénine, s'est-il transformé en un parti patriotard et réformiste ? Les problèmes qui passionnent tous les socialistes marxistes, notamment les problèmes de la bureaucratie, ceux de la subordination du P.C.F. à la direction du Kremlin, ceux du nationalisme « grand russien » et de l'antisémitisme dans les pays de l'Est, ceux qui concernent le stalinisme et la vraie nature de l'État en U.R.S.S. sont traités avec une passion qui ne nuit en rien à l'argumentation, et qu'explique l'expérience particulière de l'auteur.

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