Histoire

  • L'image que Pierre Chevalier donne d'Henri III à partir de nombreux travaux récents est bien différente de celle d'un prince débauché totalement absorbé par ses plaisirs qu'ont transmise ses contemporains et que la postérité a acceptée les yeux fermés. Ainsi, plutôt que d'homosexualité, il faut parler à son sujet d'une tendance au transsexualisme pour rendre compte de son goût des toilettes extravagantes. Quant au rôle des fameux « mignons » au demeurant coureurs de jupons impénitents , il s'explique par l'isolement politique du roi et la nécessité de disposer d'hommes sûrs qui lui servissent de boucliers contre les Grands. Enfin, peu de souverains ont autant que lui eu le souci de leur royaume, comme en témoignent les multiples et excellentes réformes qu'il entreprit.
    Le malheur de ce « très bon prince », comme le dit le chroniqueur Pierre de l'Estoile, ne fut-il pas, en définitive, de n'avoir pas « rencontré un bon siècle » ?
    Professeur émérite à l'université de Paris XII, spécialiste d'histoire religieuse et de la Franc-Maçonnerie, Pierre Chevalier a publié, outre des travaux d'érudition, une Histoire de la Franc-Maçonnerie française (3 vol.), une biographie de Louis XIII (Grand prix Gobert de l'Académie française) et La Séparation de l'Eglise et de l'Ecole.

  • Si la Révolution commencée en 1789 a eu, parmi d'autres effets, un régicide collectif, l'Ancien Régime a connu trois régicides individuels: Henri III (en 1589) et Henri IV (en 1610), y laissèrent la vie, tandis que Louis XV (en 1757) en réchappa. Ces trois actes, bien qu'échelonnés dans le temps, offrent d'extraordinaires similitudes. Tous trois marginaux, tous trois déséquilibrés, tous trois dominés par les passions nées des conflits religieux de leur époque, Clément, Ravaillac et Damiens se trouvèrent, _ objectivement ou subjectivement _ les instruments manipulés par les chefs de factions qui voulaient la mort du souverain et justifiaient leur intentions en s'appuyant sur les doctrines cohérentes sur le " tyrannicide ".
    Au-delà d'une minutieuse enquête de police qui lui a permis de trouver dans les archives de nombreuses informations inédites sur la conspiration contre Henri III et le rôle des confesseurs hostiles à Henri IV, Pierre Chevallier donne des clefs qui permettent de mieux comprendre la société d'Ancien Régime, en particulier les liens qui unissaient le roi au peuple. Ce faisant, il apporte une contribution passionnante au débat, plus actuel que jamais, sur le fanatisme politico-religieux.
    Professeur émérite à l'université de Paris-XII, Pierre Chevallier à publié de nombreux ouvrages sur l'Ancien Régime, en particulier, chez Fayard, Louis XIII, Henri III, Histoire de la franc-maçonnerie française (3 volumes).

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