• Écrit en 1955, l'Amour et l'ennui est le roman de la trentième année, quand l'indécision, la fuite devant les responsabilités de la vie prennent le masque de l'amour. On y voit un garçon assez mou, une chanteuse, des Marie-Chantal - un coq au milieu d'une volière - et, tranchant sur ce petit monde, une jeune fille fraîche et pure, Génia de Verrières. En refusant de se laisser lier par son amour, Olivier Sablons se décharge sur la faible Génia du poids d'une vie qu'elle ne peut supporter seule.

    Dans cette peinture de l'ennui, " plus redoutable qu'une passion ", dans ce portrait cruel et séduisant du XVIe arrondissement, Pierre de Boisdeffre s'était proposé de peindre une " génération sans cause " - celle de 1955 - qui souffrait de n'avoir pas de mission. L'Amour et l'ennui pourrait bien être, en effet, le portrait, que beaucoup jugeront prophétique, d'un monde - la " société de consommation " - que toute une jeunesse devait combattre sur les barricades de mai 1968. Mais ce document d'époque reste, aussi et surtout, une histoire d'amour et un " vrai roman ".

  • Pierre de Boisdeffre descend, par son père, d'une famille de notables berrichons, les Néraud (Jules Néraud, dit Le Malgache, fut un grand ami de George Sand), et par sa mère du général de Boisdeffre, chef d'Etat-Major des armées au moment de l'Affaire Dreyfus et négociateur de l'alliance franco-russe. Enarque de la première génération, il poursuivit une carrière de haut fonctionnaire un peu atypique parce que, dès ses vingt ans, le jeune Boisdeffre était entré en littérature. Passé par l'Education nationale, les Beaux-Arts, les Affaires étrangères, l'ORTF, il terminera sa carrière de diplomate comme ambassadeur en Uruguay, en Colombie et auprès des Communautés européennes à Strasbourg. Subversif et polémique, Boisdeffre raconte ses expériences professionnelles et littéraires avec une grande liberté de ton. Il n'hésite pas à égratigner. Et comme il a rencontré "tout le monde"...du général de Gaulle à Malraux, de Mauriac à Claudel, toute une France politique et littéraire des années 50 à 70 revit dans ce livre provisoirement arrêté à la grande fracture de 1968.

  • L'Eglise, fondée par Jésus-Christ voici deux mille ans, va-t-elle mourir ? Il y a de moins en moins d'hommes et de femmes pour croire en Jésus crucifié, de moins en moins de prêtres pour célébrer sa passion, de moins en moins de fidèles pour fréquenter son temple. Ce livre brûlant commence comme un pamphlet et s'achève en chant grégorien. D'abord, l'accusation ; aujourd'hui, le plus grand obstacle de l'évangélisation ne serait-il pas ce clergé vieilli, dépassé, qui a troqué l'enseignement éternel contre un assistanat social et un engagement politique ? Le vrai témoignage de la foi ne serait-il pas plutôt donné par les laïcs ? Erasme, défenseur incompris d'une Eglise encore à venir, Montalembert vouant sa vie, ses forces et sa fortune à une Eglise qui ne le paiera que d'ingratitude, Péguy, Claudel, Bernanos, Maritain, Mauriac, Clavel et quelques autres en sont les plus pertinents exemples. Dès lors Pierre de Boisdeffre prend le pari : les laïcs, hommes et femmes confondus, prendront la relève, conduiront l'Eglise au-delà du gué ; la résurrection passera par eux, autant que par les prêtres et, bien sûr, par les papes.

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