• L'erreur du populisme politique est de croire que la souveraineté du peuple est le fondement de la démocratie. On le sait, c'est plutôt le respect des Droits de l'Homme qui est déterminant : il en résulte le principe de la laïcité, qui a fait obstacle à la volonté de puissance de la chrétienté traditionnelle. Or, voici qu'aujourd'hui le fanatisme religieux renaît de ses cendres, ici ou là, et s'acoquine avec le populisme pour se légitimer. Comment se distancer, par la réflexion critique, de ce genre de phénomène ?

  • La réciprocité est habituellement conçue comme une structure d'échange où ce que l'on rend est de valeur à peu près équivalente à ce que l'on reçoit. Il en est ainsi de la traditionnelle règle d'or, «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse», et de la loi du Talion, «OEil pour oeil, dent pour dent». L'idée très répandue de la juste rétribution exprime cette manière de penser. Dès l'origine, le christianisme fait valoir une autre optique : le don ne récompense pas forcément le mérite, il arrive qu'il soit gratuit, et le pardon répond à la faute. C'est donc une interaction asymétrique qui est ainsi impliquée par cette tradition et notre logique habituelle s'en trouve déroutée. Pour pallier cette carence, le présent ouvrage propose de recourir au calcul matriciel élémentaire. Il y puise une petite série de modèles assez simples et il examine s'il est plausible de les appliquer à des manifestations typiques de la pensée chrétienne. Il en résulte l'idée de l'alternance : à tel moment, la conscience est focalisée sur le monde, à tel autre, sur l'écoute de l'Evangile. Un tableau métaphysique intégral est hors de portée.

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