Littérature traduite

  • Le Banquet

    Platon

    • J'ai lu
    • 6 Septembre 2017

    Au banquet d'Agathon, les convives doivent prononcer un éloge d'Éros : sept interlocuteurs exposent leur vision de l'Amour. Socrate orchestre la soirée, élevant chacun dans une conversation philosophique.
    Les trois genres de l'humanité, la naissance de l'Amour, ou encore les degrés de l'initiation à la Beauté comptent parmi les mythes platoniciens les plus célèbres. C'est aussi l'occasion pour Platon d'esquisser, en toile de fond, un portrait vivant et plein de charme de Socrate, son maître. Un dialogue souvent cru, au style exubérant, destiné à éclairer la recherche du bonheur véritable.

  • Apologie de Socrate

    Platon

    Athènes, 399 avant notre ère. Socrate, citoyen sans fortune ni pouvoir politique, comparaît devant le Tribunal de la cité. Quels sont les faits reprochés ? On l'accuse de ne pas reconnaître l'existence des dieux traditionnels, d'introduire de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse. Face à ses juges, Socrate assure seul sa défense et met en garde les Athéniens : le philosophe est un bienfait pour la cité et celle-ci se condamne elle-même en mettant à mort son héros. Mais le verdict est sans appel : la condamnation à mort.
    Élevée au rang de mythe fondateur de la philosophie, l'Apologie de Socrate expose les exigences d'une vie vertueuse telle que la défend Socrate : amour du savoir, souci du vrai, recherche de l'acte et du mot justes.

  • Théétète

    Platon

    Qu'est-ce que la science? Ou encore : au nom de quels critères un énoncé peut-il être présenté comme science? À cette question, le Théétète apporte trois tentatives de réponse qui sont autant d'impasses : la science n'est ni sensation, ni opinion vraie, ni opinion vraie accompagnée d'une définition. Échec d'une discussion stérile, attente déçue de qui se croyait convié au spectacle d'un accouchement de la vérité? Non, si l'on sait lire dans le Théétète la leçon du socratisme : la science, c'est de savoir que la science nous échappe.
    Le Théétète, en pratiquant l'impasse, s'érige en carrefour. S'y rencontrent, quand y est tentée une solution de l'énigme des irrationnelles, l'histoire des mathématiques ; celle, très platonicienne bien qu'encore la nôtre, de la philosophie ; les pouvoirs de la rhétorique, car c'est en elle, à bien entendre le sophiste, qu'il nous faut apprendre à reconnaître la science ; la question, enfin, que Platon n'a cessé de poser : comment rétablir la dialectique dans ses droits?

  • « Je t'affirme, dis-je, que je n'ai d'autre but en te faisant toutes ces questions que d'examiner les problèmes relatifs à la vertu et ce qu'est la vertu en elle-même. Car je suis persuadé que ce point éclairci jetterait une vive lumière sur l'objet de la longue discussion que nous venons d'avoir ensemble, moi prétendant que la vertu ne saurait être enseignée, toi, qu'elle peut l'être. [...] Si, en effet, la vertu était autre chose que la science, comme Protagoras a tâché de le prouver, il est clair qu'elle ne saurait être enseignée. Si au contraire elle se ramène exactement à la science, comme tu as à coeur de le prouver, Socrate, il serait bien extraordinaire qu'elle ne pût être enseignée. » Protagoras

  • Le Gorgias est probablement le plus violent des dialogues de Platon : on se coupe la parole, on refuse de répondre, on se met en colère, on se moque, on s'insulte et pour finir on se menace de mort et de châtiments éternels. C'est que l'enjeu est de taille : qui doit décider de l'usage légitime du logos ? Le philosophe ou l'orateur ? Dans le Gorgias, Platon développe un plaidoyer puissant pour faire de la philosophie la seule instance apte à décider du vrai et du juste. Ce faisant, il impose une conception de la vérité qui exclut une autre forme de discours qui rivalisait avec elle ; les sophistes et autres orateurs qui avaient été dotés par Gorgias de tous les pouvoirs sont rejetés du côté d'une rhétorique réduite à une simple pratique routinière au service de la volonté de domination. Donner à lire ensemble le Gorgias de Platon et l'Éloge d'Hélène de Gorgias, c'est se replonger dans le débat toujours actuel entre la philosophie et la rhétorique : faut-il accepter, avec Platon, d'opposer volonté de savoir et volonté de pouvoir ?
    Stéphane Marchand est docteur en philosophie et professeur agrégé à l'ENS de Lyon où il enseigne les humanités numériques et la philosophie ancienne. Ses recherches portent sur le scepticisme antique.
    Pierre Ponchon est professeur agrégé et docteur en philosophie. Ses travaux portent sur l'invention de la philosophie politique dans l'Antiquité, en particulier chez Platon et chez Thucydide.

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