• L'histoire de la marine Française, des capétiens à nos jours, par un historien amiral.

    En France, nation foncièrement terrienne, la marine a souvent été perçue comme une institution un peu insolite, voire marginale, que l'on délaisse dès que s'accumulent les menaces sur les frontières du Nord et de l'Est. Et pourtant, l'histoire de la marine de guerre française, du XIIIe siècle à nos jours, est riche d'enseignements, marquée certes par des revers, mais également par des moments de gloire. Si la défaite de Trafalgar ou le sabordage de la flotte à Toulon en 1942 sont bien des épisodes douloureux, ils ne doivent pas masquer les incontestables réussites de Richelieu ou Napoléon III, comme la qualité et les exploits des hommes de la Royale au XVIIIe siècle.
    Rémi Monaque embrasse tous les aspects de la question - politique, technique, stratégique... - et dessine les grandes lignes de sept siècles d'histoire. La rivalité franco-britannique sur mer apparaît ainsi comme centrale, tandis que le passage de la marine à voile à celle à vapeur marque une rupture profonde. Enfin, grâce aux témoignages recueillis comme à sa propre expérience, l'auteur explique les dernières évolutions du XXe siècle, notamment le développement de l'aéronavale et la place centrale de la marine dans la dissuasion nucléaire. Une synthèse magistrale.

  • Suffren

    Rémi Monaque

    Pourquoi cet homme n'a-t-il pas vécu jusqu'à moi [...], j'en eusse fait notre Nelson, et les affaires eussent pris une autre tournure », déclarait Napoléon à propos du vice-amiral Pierre André de Suffren (1729-1788). Bel hommage pour celui qui est, à l'étranger, le plus connu des marins français. Pourtant le personnage n'a jamais manqué de détracteurs. Si les uns retiennent son immense popularité auprès des hommes, son souci permanent de leur santé et de leur moral, les autres soulignent la démagogie d'un chef dur et cassant avec ses officiers mais cultivant, avec sa tenue débraillée et sa vulgarité de langage, une familiarité déplacée avec les équipages. Embarqué dès 15 ans sur les navires de la marine royale, Suffren combat la domination maritime anglaise sur toutes les mers, notamment au cours de la guerre d'indépendance américaine. Mais c'est le commandement de l'escadre française envoyée aux Indes qui va lui donner l'occasion de faire éclater son génie. Remarquable stratège, Suffren affronte pendant 3 ans, avec panache et résolution, la flotte de Hughes, l'amiral britannique, jusqu'à ce qui va constituer sa plus belle victoire : Gondelour. Rompant avec la prudente doctrine en vigueur, il adopte une tactique résolument agressive visant la destruction des forces de l'ennemi. La paix lui fera néanmoins reprendre le chemin de la France, où les honneurs l'attendent : le grade de vice-amiral, le prestigieux ordre du Saint-Esprit , et une place dans l'histoire. Rémi Monaque conte avec maîtrise et brio les aventures de ce marin amoureux d'un métier qu'il connaissait si bien que le plus grand théoricien maritime français, l'amiral Cartex, le considère, avec Ruyter et Nelson, comme l'un des « trois noms immortels qui jalonnent l'histoire de la marine à voiles ».

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