• Avec la collaboration de Jocelyne Saint-Arnaud
    L'ampleur des moyens utilisés par les institutions mandatées pour la prévention de la maladie et la promotion de la santé n'est pas sans soulever de multiples enjeux éthiques. Les valeurs favorisant le bien-être et le bien commun, la bienfaisance ou l'utilité, au nom desquelles sont mises en oeuvre des interventions pour encourager de saines habitudes de vie, sont susceptibles d'entrer en conflit avec celles associées au respect de l'autonomie du citoyen, à la liberté de choix ou à la non-malfaisance.
    Éthique et santé publique présente aux scientifiques sociaux, aux éthiciens, mais surtout aux professionnels de la santé publique, un portrait d'ensemble des principaux enjeux éthiques qui découlent des potentielles dérives paternalistes, du mirage des certitudes épidémiologiques et de la raison instrumentale. Les valeurs en jeu à travers la communication du risque, la répartition du fardeau des interventions et de la recherche, l'étiquetage social des populations ciblées ou la moralisation des comportements à risque sont ici au coeur du sujet. Cet ouvrage propose un modèle d'analyse de ces enjeux fondé sur l'arbitrage d'une liste de valeurs phares présentées comme autant de balises définissant les justifications et les limites des interventions. Ce travail d'arbitrage devrait donc s'inscrire dans une éthique de la discussion ouverte à l'ensemble des acteurs sociaux concernés.

  • Au cours des dernières décennies, dans ses efforts lutter contre les comportements à risque pour la santé des citoyens, la santé publique a élargi son éventail d'interventions. La lutte inconditionnelle aux pratiques et aux habitudes de vie délétères à la santé cohabite désormais avec une approche plus tolérante qui vise, avec pragmatisme et humanisme, la réduction des risques et des méfaits, plutôt que l'élimination de ces pratiques. L'approche, initialement mise en oeuvre dans le champ de la toxicomanie, s'étend aujourd'hui largement à d'autres domaines tels ceux de la violence conjugale et des mutilations sexuelles. Quels critères faut-il retenir pour définir les pourtours de cette approche? Comment a-t-elle été institutionnalisée? Avec quelles conséquences? Quels en sont les fondements et les limites éthiques? Quelles sont les interactions entre les enjeux sociaux et politiques de son développement dans les histoires des politiques de santé au Québec et ailleurs dans le monde? Les auteurs de cet ouvrage font le point sur l'état de ces questions et ouvrent de nouveaux horizons.

  • Depuis le début du XXe siècle, forte de ses expertises de terrain, l'anthropologie a oeuvré à promouvoir une meilleure communication entre des sociétés porteuses de compétences morales et éthiques différentes. Mais, bien qu'elle soit outillée d'un relativisme méthodologique qui impose autant une ouverture à l'autre qu'un recul critique face à nous, a-t-elle contribué à mieux comprendre les enjeux éthiques dans les mondes moraux contemporains? Si oui, de quelle façon? Dans quelles sphères des rapports sociaux? Tout en reconnaissant les inévitables recoupements entre les concepts de morale et d'éthique, le pari relevé ici est de dresser un portrait d'une anthropologie classique de la morale et d'une anthropologie de l'éthique. L'ouvrage répondra alors à d'autres questions. Quels sont leurs concepts et cadres méthodologiques respectifs? Quels sont les lieux où l'on pourra les observer et les analyser? La morale est-elle un simple sous-continent de la culture? Sans prétendre à un historique exhaustif et tout en insistant sur leurs développements récents, cet ouvrage tentera de rendre justice aux contributions de plusieurs des pionniers d'une anthropologie de la morale et de l'éthique. Alors que la première met l'accent sur la description et la comparaison des > locaux de normes et de valeurs morales, la seconde recentre ses analyses sur le positionnement critique d'un sujet éthique devant gérer sa position et son statut moral. Mais alors, faut-il réduire la morale aux codes moraux collectifs et l'éthique à la liberté d'un sujet réflexif? De quelle façon l'individu, dans diverses sociétés, réussit-il à concilier liberté et soumission aux codes moraux? Au bilan, en plus d'amorcer une réponse à ces diverses questions, l'ouvrage examinera les contributions de l'anthropologie à une redéfinition du relativisme moral et des conditions d'une promotion de la tolérance.

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