Romans & Nouvelles

  • Une journée dans la vie de Medhi. Un témoignage subtil, minutieux, violent. Un cri d'indignation et de révolte. Le racisme quotidien, les conditions d'existence des travailleurs immigrés, la justice qui leur est faite, tels sont les thèmes de ce récit où tout se joue dans l'espace d'un regard.

  • Ce livre raconte ou plutôt "décrit" l'histoire d'une jeune femme nommée Lia, qui pourrait être un caractère stendhalien de notre temps. Le récit se distribue en plusieurs tableaux et s'organise en trois moments : La douleur de Lia : où l'héroïne, parce qu'une moto roulait trop vite dans la nuit, est frappée au plus secret d'elle-même d'un coup particulièrement cruel. Les désordres de Lia : où l'héroïne, égarée, se livre à de singuliers déportements dans le cadre de la petite ville de province qu'elle habite. La royauté de Lia : où l'héroïne, la politique s'en mêlant (et à la faveur d'une campagne électorale rondement menée), est appelée au destin le plus inattendu. L'histoire de Lia s'inscrit délibérément dans le cadre de la réalité. Elle ne naît pourtant de rien d'autre que d'un enchaînement de formes, d'images, de signes et de mots. La vive est un poisson osseux vivant dans la mer ou enfoncé dans le sable des plages, comestible, mais redouté pour ses épines venimeuses.

  • Une petite ville du Midi de la France. Une jeune femme, professeur, se baigne nue dans une rivière avec trois de ses élèves, trois garçons. Sans idée préconçue. Librement. Innocemment. Pour fêter la fin de l'année scolaire. Ainsi naît une poussée de violence qui fait perdre littéralement la raison aux habitants et crée parmi eux les conditions du fascisme. Julia a-t-elle eu tort ou raison ? A-t-elle été inconsciente ? Lui reproche-t-on d'être trop belle ? Imprudente ou impudente ? A-t-elle défié, provoqué délibérément la population de Casemane ? En tout cas, voilà la petite ville divisée en deux camps dont l'affrontement semble reproduire les antagonismes du temps de l'occupation allemande et du maréchal Pétain. D'un côté les collabos, de l'autre les résistants, que l'on voit revivre à travers quelques flash-backs. L'espace, le lieu de ces drames anciens et modernes sont toujours la rivière de Casemane, comme si le cours du temps ne dérivait pas. Ce roman tente de décrire, par les voies de la fiction, les liens qui existent entre le scandale et la violence, l'intolérance sexuelle et l'intolérance politique. On y retrouvera la démarche narrative de La ligne 12 ou de La femme attentive, l'intensité dramatique et la force de La fontaine obscure - mais appliquée cette fois à une histoire de notre temps, dont Raymond Jean est l'observateur à la fois exact et implacable.

  • Philippe Leierman, journaliste à l'AFP, erre dans les rues de Santiago, à la veille du putsch qui va poignarder le Chili. Il y rencontre une jeune femme nommée Lidia qu'il perdra très vite de vue, car il doit quitter le Chili pour le Brésil. À São Paulo, il est hanté par le souvenir de Lidia, dont il essaie en vain de retrouver la trace. Un Américain haut en couleur, John Terpak, l'aide à tromper son angoisse en lui racontant ses amours dérisoires. Rentré en France, Philippe, toujours obsédé par le souvenir de Lidia, rencontre une autre jeune femme, Olympe, avec qui il va avoir une liaison heureuse ; c'est un événement quasi mythologique dans sa vie. Il fait part régulièrement, par lettres, à son amie Florence, des étapes de cette liaison. C'est l'époque du Programme commun en France, de la Révolution des oeillets au Portugal, de la montée d'un espoir politique nouveau. Mais le temps des désillusions viendra. Olympe disparaîtra, au terme d'un été ensoleillé en Provence, et la mémoire de Philippe ne retiendra plus que de multiples images féminines. C'est la rencontre d'une dissidente soviétique, Irina Stepanova, poétesse un peu excentrique qu'il avait connue quelques années auparavant à Léningrad. Envoyé spécial à Saigon, c'est à une Viêtnamienne de vingt ans, Phuong, qu'il s'attachera, au moment de l'offensive finale qui transformera la capitale en Ho Chi Minh Ville. Après La ligne 12, La femme attentive, La fontaine obscure, La rivière nue, Raymond Jean construit ici un roman d'une plus grande ampleur, où la fiction, organisant la mémoire, intègre à l'histoire de notre temps - qui est peut-être le temps des femmes - l'histoire personnelle d'un homme, dans la décennie 70-80.

  • Un homme (probablement un professeur d'histoire), parlant ici à la première personne, séjourne à Prague pendant une semaine, un an après les événements de 1968. Il regarde la ville et s'interroge sur quelques problèmes politiques (pour lui, capitaux) de son temps. Une longue parenthèse (dans un ton sensiblement modifié) le ramène à une nuit - vécue ou imaginée - de Mai 1968 en France. Plusieurs figures féminines (l'une particulièrement insistante : une étudiante, Blandine ; les autres, des femmes tchèques : Zdenka, Hana, Clara) se croisent sur son chemin. Des documents et des textes divers entrent, comme les éléments d'un montage, dans la composition de ce roman. Ils tendent à montrer que le récit romanesque d'aujourd'hui ne se sépare pas du "récit" réel que construit l'ensemble des informations, des messages et des lectures dans lequel nous baignons quotidiennement.

  • Une jeune femme, Véronique, déambule dans un grand magasin. Elle observe, examine, touche tout ce qui est offert à ses regards. Elle est conduite, ce jour-là, à voler un « objet ». Un surveillant du grand magasin l'a surprise : elle se voit soumise par lui à un chantage d'un caractère assez particulier. Comme elle n'a pas le choix, elle accompagne, un peu plus tard, cet homme dans une chambre d'hôtel. Mais, au dernier moment, quelque chose en elle, refuse. L'affaire suit donc son cours et Véronique se retrouve en prison. Expérience dure, mais nullement négative : au contact d'autres détenues, la jeune femme est amenée à modifier sa vision des êtres et des choses, à mieux évaluer sa propre condition, à comprendre. Quoi ? Il n'y a pas de réponse. Simplement une interrogation inscrite, comme dans La Ligne 12, dans un enchaînement d'éléments descriptifs. Tout se joue dans l'espace d'un regard implacable.

  • "- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
    - Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
    - Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
    Zazie ne répond pas.
    - Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
    - Le métro."

  • Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au cou long, coiffé d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune voyageur échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.
    Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire. Exercices de style est un des livres les plus populaires de Queneau.

  • « Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Ou alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis ? »

    Après Hemingway et Salinger, Carver s'impose comme le maître de la short story. En donnant la parole aux « gens normaux », il montre que chaque vie recèle un mystère que seule la littérature a le pouvoir de dévoiler.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Simone Hilling

  • Alors que la Première Guerre mondiale bat son plein, un adolescent de quinze ans entame une idylle passionnée avec une femme de trois ans son aînée, fiancée à un soldat parti au front. Bien loin des tranchées, les amants goûtent un bonheur aussi intense qu'égoïste. Mais peuvent-ils braver la morale en toute impunité ? Leur romance peut-elle survivre à l'un des plus grands traumatismes du XXe siècle ? Récit d'un amour interdit, portrait féroce d'une société conformiste et repliée sur elle-même, mais aussi atteinte portée à la stature héroïque du soldat, Le Diable au corps fit scandale lors de sa parution, en 1923. Aujourd'hui, l'oeuvre et son auteur, écrivain précoce mort prématurément à l'âge de vingt ans, n'en finissent pas de nous fasciner.

    Création Studio Flammarion Illustration : Mathilde Aubier © Flammarion ; d'après une photographie © Hulton Archive / Getty Images

  • Raymond Carver écrit des instants de vies, tracées au fusain comme des esquisses qui laisseraient deviner le manque, les ratés, les impossibilités des existences d'hommes et de femmes qui courent après l'amour. Avec une écriture toute en pudeur, les dix-sept nouvelles de Parlez-moi d'amour laissent transparaître une humanité fragile et attachante. Très reconnu aux États-Unis, Raymond Carver signe un recueil d'une grande sensibilité. ©2010 Éditions de l'Olivier (P) Traduction de l'anglais (États-Unis) par Gabrielle Rolin.

  • On connaît le célèbre apologue chinois : Tchouang-tseu rêve qu'il est papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ? De même dans ce roman, est-ce le duc d'Auge qui rêve qu'il est Cidrolin ou Cidrolin qui rêve qu'il est le duc d'Auge ?

  • Locus Solus

    Raymond Roussel

    Locus Solus, c'est le nom de la vaste propriété de Montmorency où Martial Canterel, savant génial et fou, dévoile à quelques visiteurs ses inventions étonnantes : une mosaïque de dents représentant un reître inspiré d'une légende scandinave ; une cage en verre renfermant des cadavres ramenés à la vie grâce à une injection de « résurrectine » ; un diamant géant rempli d'une eau éblouissante et habité par une danseuse-ondine ; un dispositif animant les nerfs faciaux de la tête de Danton... Au gré de cette exposition drôle et dérangeante, la mort et la folie envahissent le livre : de dépeçages en danses macabres, le parc de Canterel se fait peu à peu jardin des supplices. Dans ce roman paru en 1914 et qui fut son dernier, Roussel, conteur hors pair, atteint l'apogée de son art : l'univers fantasmagorique dans lequel il nous entraîne, sous sa gratuité apparente, laisse entrevoir le reflet inquiétant de la réalité. Selon Robert Desnos, l'un des premiers à avoir saisi la singularité de ce texte : « Aucune oeuvre n'a de dimensions plus grandes, de panorama plus vaste sur l'univers. »
    Dossier
    1. Une genèse complexe
    2. La folie ou la mort : le chapitre manquant de Locus Solus
    3. La machine et le cristal
    4. La langue et les langages

  • "Parti à la recherche des origines de la sociologie moderne, j'ai abouti, en fait, à une galerie de portraits intellectuels... Je me suis efforcé de saisir l'essentiel de la pensée de ces sociologues, sans méconnaître ce que nous considérons comme l'intention spécifique de la sociologie, sans oublier non plus que cette intention était inséparable, au siècle dernier, des conceptions philosophiques et d'un idéal politique." Raymond Aron.

  • 1920. Mahaut d'Orgel ne sait aimer que sagement, tendrement. Rien ne semble pouvoir la distraire de son amour pour le comte d'Orgel. Et pourtant, elle s'éprend de François, jeune homme que le comte a introduit dans le cercle de leurs amis intimes, le préférant rapidement à tous les autres pour partager escapades à la campagne et folles soirées.
    Bal masqué. Jeux de dupes. L'équivoque s'installe peu à peu. Entre Mahaut et François, les silences ont valeur d'aveux, les soupirs sont autant de baisers rêvés.


    Couverture : détail d'une illustration de Georges Barbier, 1919 © Collection Kharbine Tapabor

  • "L'oeil inconsciemment gris-bleu, la molletière galamment embobinée avec inconscience, le soldat Brû promenait naïvement avec lui tout ce qu'il fallait pour plaire à une demoiselle ni tout à fait jeune ni tout à fait demoiselle. Il ne savait pas.
    Julia pinça le bras de sa soeur Chantal et dit :
    - Le v'là.
    Tapies derrière un entassement brut de bobines et de boutons, elles le regardèrent passer, muettes."

  • Un ancien détenu au gabarit impressionnant, un détective en marge du système, un directeur de radio sournois et une épouse ravagée par la jalousie se lancent dans un chassé-croisé mortel à la recherche d'une femme aussi incandescente qu'insaisissable. Une nouvelle haletante dans laquelle Raymond Chandler réunit tous les ingrédients du roman noir.
    "Le grand balaise ne me concernait en rien, ni alors, ni avant, ni plus tard, et surtout pas à cet instant."

  • Né en 1938, Raymond Carver a été l'un des écrivains américains les plus importants de son siècle, et a été d'une influence considérable sur plusieurs générations de jeunes écrivains. Son genre de prédilection, auquel il a donné toute son ampleur est la nouvelle. Ces récits d'une simplicité déconcertante sont une radiographie de la vie moderne: des personnages persécutés par la médiocrité, écrasés par le poids du quotidien, mais qui, parfois, trouvent en eux une injonction à s'éveiller, une force qu'ils ne soupçonnaient pas.
    Entre 2010 et 2015, les Éditions de l'Olivier ont publié les œuvres complètes de Raymond Carver. Les lecteurs français vont pouvoir (re)découvrir ce recueil ayant inspiré le Short Cuts de Robert Altman, et qui est un concentré de la maîtrise et du talent du plus grand nouvelliste américain.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Carasso, Simone Hilling, Gabrielle Rolin et François Lasquin.

  • Le vol d'Icare

    Raymond Queneau

    À Paris, vers 1895, quelques romanciers sont en quête de leurs personnages. En effet, il advient parfois à ceux-ci de sortir du manuscrit qui les élaborait et d'aller se promener dans le vaste monde où il leur arrive d'autres aventures. D'autres ? ou les mêmes ? Quand Icare, par exemple, s'intéresse à l'avenir des moyens de transport, aura-t-il le destin que son nom peut suggérer ? Quelle fin lui prépare son auteur ? Et de quel auteur s'agit-il ?

  • Du haut de ses 27  ans, Agathe alias «  Lady Gagathe  » pour les intimes, a une vie bien remplie  : un travail prenant, des copines au top et une soeur géniale. Seule ombre au tableau  : malgré son humour décapant, elle est toujours célibataire.
    Jusqu'au jour où elle reçoit sur Facebook un message de Gaspard, son amoureux de... maternelle  ! Ils décident de se revoir et Agathe sort le grand jeu pour le séduire  : elle achète des kumquats pour se la jouer bobo et intensifie ses cours de zumba pour affiner sa silhouette.
    Tout se passe bien, mais pas pour longtemps. Comme d'habitude dans la vie d'Agathe, il y a un hic  : Gaspard reçoit des «  Je t'aime  » par texto d'une autre fille. Qu'à cela ne tienne, Agathe décide de ne pas baisser les bras. Après tout, rien n'est jamais perdu d'avance...
     

  • L'apprenti

    Raymond Guérin

    Avec le langage même de la vie, l'auteur relate la confession d'un garçon d'étage voyeur et onaniste. L'humanité, considérée comme un entomologiste regarde les insectes, y semble cruellement dépersonnalisée, ce qui est une façon de peindre le malaise de l'homme moderne.

  • Le chiendent

    Raymond Queneau

    Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du Nord, Mme Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. Elle commanda-t-une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât.

  • On est toujours trop bon avec les femmes paraissait en 1947 sous la signature de Sally Mara. Ce récit burlesque et un peu salace d'une insurrection irlandaise fut suivi d'un second ouvrage, en 1950, le Journal intime de Sally Mara. Mais les mystifications littéraires n'ayant qu'un temps, on publia, en 1962, les OEuvres complètes de Sally Mara sous la signature de Raymond Queneau.

  • Un titre : Comment j'ai écrit certains de mes livres, quelques images, comme celle de la statue de l'ilote faite en baleines de corset, roulant sur des rails en mou de veau, des anecdotes et un profil de dandy millionnaire et extravagant : tout cela assure à Raymond Roussel (1877-1933) une réelle célébrité - sans compter sa mort mystérieuse un 14 juillet à Palerme. La méthode d'écriture qu'il avait mise au point, reposant sur un usage systématique du calembour et du double sens, fait, en outre, qu'il occupe une place singulière dans l'imaginaire français du XXe siècle. Ses maîtres étaient Jules Verne, Pierre Loti et H. G. Wells. Il s'est exprimé comme eux dans le roman d'aventures exotiques (Impressions d'Afrique) ou la science-fiction la plus futuriste (Locus Solus). Apprécié des créateurs d'avant-garde, de Salvador Dalí, qui lui a consacré un film et plusieurs tableaux, ou Marcel Duchamp, auquel il a inspiré son Grand Verre, à Georges Perec, il a été salué par André Breton, dans son Manifeste du surréalisme, comme " le plus grand magnétiseur des temps modernes ". Chez Roussel, tout peut arriver, y compris (mais rarement) des choses vraisemblables. C'est pourquoi la lecture de ses oeuvres, ici réunies pour la première fois en un seul volume, produit une véritable fascination, qui rejoint les féeries de l'enfance, la magie d'un temps suspendu. L'enfance était le seul univers fréquentable aux yeux de l'écrivain, qui s'était ainsi " érigé une réalité sur mesure ", comme le note Yann Moix, l'un de ses plus fervents admirateurs.

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