Biographie / Témoignage littéraire

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton.

  • Homme secret, homme de l'ombre par nature autant que par nécessité, Raymond Aubrac aura été intimement lié à plus d'un demi-siècle d'histoire, en France comme à l'étranger. En France, il est l'une des grandes figures de la Résistance, dont il a été l'un des pionniers dès 1940. Adjoint du chef de l'Armée secrète, le général Delestraint, à partir de 1942, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé (on se souvient du livre de Lucie Aubrac, ils partiront dans l'ivresse), il est, avec le docteur Dugoujon, le dernier survivant du rendez-vous de Caluire, le 21 juin 1943, au cours duquel Jean Moulin fut arrêté. Sur ces évènements, et d'autres, dont sa rencontre avec de Gaulle à Alger, Raymond Aubrac apporte un éclairage inéditMais la vie de Raymond Aubrac ne se limite pas à la Résistance. Commissaire de la République à Marseille à la Libération, puis directeur du service du déminage, il a participé à la reconstruction du pays. Créateur d'un bureau d'études, il a ensuite travaillé, de 1948 à 1958, avec les démocraties populaires et avec la Chine. Il s'explique, là aussi pour la première fois, sur son engagement aux cotés des communistes comme compagnon de route. Le troisième volet de ces Mémoires, et non le moindre, est consacré en grande partie aux deux guerres d'Indochine. Proche d'Ho Chi Minh, Raymond Aubrac a été mélé de très près aux négociations secrètes qui ont accompagné ces guerres. Sur ce point, il apporte des révélations sur les coulisses d'une guerre qui a mu l'opinion publique internationale. Il revient sur l'action d'hommes qu'il a bien connus alors : Henry Kissinger, Robert McNamara, Kurt Waldheim, Pham Van Dong, et montre l'importance du role joué par le mouvement Pugwash, avec lequel il a travaillé. Les Mémoires de cet homme de 82 ans, qui a été au coeur d'évènements majeurs sont une pièce de premier ordre à verser au dossier de l'histoire du XXe siècle en France et dans le monde.

  • 12 juillet 2012. Philippe Varin, président du directoire de PSA, premier constructeur automobile français, annonçait la fermeture du site d'Aulnay. Ainsi donc, après leur avoir promis que le site resterait ouvert et que la priorité était de préserver leurs emplois, les ouvriers d'Aulnay sont priés d'aller voir ailleurs. Une entreprise qui ferme, c'est presque une banalité par les temps qui courent : dans le cas de PSA-Aulnay, ce sont 3 000 emplois supprimés, 3 000 vies bousculées, et quelques images au journal de 20 heures, vite chassées par une nouvelle actualité.
    Un emploi industriel, c'est comme un arbre après la tempête, vite déraciné mais plus difficile à faire repousser. Certains ouvriers d'Aulnay seront reclassés dans le groupe, d'autres devront partir à la recherche d'un (improbable) nouveau CDI. Ghislaine Tormos, elle, a décidé de se battre avec courage. Avant ce jour de juillet, Gigi n'avait encore jamais fait grève. Depuis, elle est devenue l'un des symboles de la lutte des ouvriers de PSA.
    La crise grandissant, les voitures se vendent moins, les profits de PSA ne sont plus ce qu'ils étaient, et supprimer des emplois devient la seule réponse à la crise. " On me dit que je coûte trop cher, mais pour moi depuis des années, c'est la vie qui est trop chère. " Gigi n'accepte pas que son travail, sa seule richesse, soit devenu le mal-aimé de notre économie, que l'on parle de son coût comme d'une charge pesante et jamais de sa valeur fondamentale. Elle n'accepte pas davantage que les socialistes n'aient pas tenu les promesses faites aux ouvriers d'Aulnay lors de la campagne présidentielle. Elle ne se résout pas à cette fatalité de laisser sans broncher fermer nos usines les unes après les autres.
    Derrière le témoignage de cette quinquagénaire parlant juste, il y a la parole de tous ces ouvriers, hommes et femmes, liés chaque jour par une chaîne de travail, dans l'effort, la contrainte, parfois la douleur. Autrefois certains d'appartenir à une organisation humaine qu'ils pensaient solide, ils se sentent aujourd'hui trahis.
    Face aux implacables logiques économiques et financières, le point de vue de la petite ouvrière d'Aulnay ne pèse pas bien lourd, or il mérite qu'on l'écoute.

  • "Regardez-y de près, et vous verrez que la liberté est un mot vide de sens ; qu'il n'y a point, et qu'il ne peut y avoir d'êtres libres ; que nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre général, à l'organisation, à l'éducation, et à la chaîne des événements."

    Philosophe matérialiste, penseur politique audacieux, champion de la lutte contre l'obscurantisme et l'intolérance, romancier, théoricien du théâtre et du conte, codirecteur de l'Encyclopédie, Diderot (1713-1784) est l'une des figures les plus originales et les plus vigoureuses du XVIIIe siècle. Souvent précurseur de la pensée scientifique moderne dans la Lettre sur les aveugles ou le Rêve de d'Alembert, auteur de La Religieuse, "la plus effrayante satire des couvents", et d'un roman unique en son genre, Jacques le Fataliste, initiateur de la critique d'art, penseur en quête d'une morale laïque, il est bien le génie universel ou le "pantophile" que saluait Voltaire.

  • Relater l'histoire de Félix d'Hérelle n'est pas une mince affaire : sous quel angle doit-on présenter ce scientifique autodidacte qui a notamment été fabricant de whisky à Beauceville, chocolatier à Longueuil, chasseur de sauterelles en Argentine, chercheur à l'Institut Pasteur de Paris, bactériologiste en Égypte et en Inde, professeur à l'Université Yale, et fondateur d'une des plus importantes institutions de recherche en Union Soviétique dans les années 1930?

    C'est lors de la Grande Guerre que ce Franco-Québécois fait une découverte déconcertante : de très petits microbes - les bactériophages - s'attaquent aux bactéries les plus redoutables de la dysenterie, du choléra et de la peste. D'Hérelle élabore alors une médecine originale, la phagothérapie, avec laquelle il obtient des succès cliniques qui le propulsent à l'avant-scène de la science et qui lui valent d'être nominé à vingt-huit reprises pour le prix Nobel (sans jamais le remporter).

    Nul doute que, cent ans après ses premières expériences, il existe de bonnes raisons d'applaudir la persévérance de ce chercheur obstiné et de sortir de l'oubli son invraisemblable épopée. Car si les bactériophages ont vite été détrônés par l'arrivée des antibiotiques, ils font aujourd'hui un retour en force à la fois dans la bataille médicale contre les bactéries multirésistantes et dans les laboratoires de recherche pour la mise au point de l'outil génétique CRISPR.

  • L'auteur étudie dans cet ouvrage les conditions de la socialisation et personnalisation des enfants et adolescents africains. Il met un accent tout particulier sur les conditions et les pratiques socio-éducatives qui favorisent leur passage dans la marge dyssociale dont la délinquance infanto-juvénile est une des illustrations. En s'appuyant sur les résultats des travaux effectués auprès des mineurs de justice et des élèves ivoiriens, l'auteur plaide d'une part pour une éducation de la pensée fondée sur le conflit cognitif et moral et d'autre part une éducation du comportement fondée sur les modèles et les contre-modèles.


  • À 80 ans, une femme se remémore l'histoire de son enfance étouffée à dessein. Écrasée par la misère dès son plus jeune âge, souffrant d'un grand manque de tendresse, elle fuit sans état d'âme son Aragon natal et la Guerre Civile pour la France où forcément ça ne pourra qu'être mieux. L'exil lui rend dignité et liberté et donne un sens à sa vie.


    Elle gomme l'existence de son père anarchiste, parce qu'il ne l'a pas tirée du monde miséreux qu'elle exècre, parce qu'il a préféré son idéal à sa famille. Après 70 ans d'absence, le retour au pays lui fera-t-elle revivre les souvenirs perdus dans l'obstination de ses silences ? Un texte sobre et émouvant, universel sur l'exil... Tous les exils.

  • Le long cheminement multigenre de Pierre Pelot au cours de 50 années d'écriture rend difficile une juste appréciation de son oeuvre et de l'originalité d'un parcours d'écrivain exemplaire. Cet essai vise à donner d'un auteur de près de 200 romans une vision ample et équitable, éloignée des stéréotypes.

  • Avec humour, autodérision et style, Raymond Chavel nous entraîne dans les vicissitudes d'une vie quotidienne pleine d'embûches, dans lesquelles chacun d'entre nous peut trouver à s'identifier ... Qui n'a pas, en effet, fait face à un moment ou un autre à la malignité du sort ?

  • Ces Chroniques de l'âme hors ont pour objectif de tenter de démystifier un « tabou » à l'origine de peurs, de craintes, de mystères, de non-dits et, surtout, d'une grande souffrance... Le tabou de la mort !
    L'âme hors du corps est, pour l'auteur, devenue une évidence à la suite d'un accident qui l'a amené à sa porte. Ce « coup de pied au culte » a transformé son point de vue sur la vie et sur cette dernière transition « incontournable » qu'est le passage de l'âme, incarnée d'un corps mortel, lui, vers la « Lumière », éternelle, elle, décrite par tous les « expérienceurs » ayant subi une mort temporaire ou imminente.
    La Lumière est la destination de l'âme qui a terminé son voyage ici-bas, elle va s'en retourner dans sa demeure auprès des siens.

  • Drôle souvent, vrai et poignant parfois, ce récit nous transporte sur nos frontières hexagonales à l'époque, pas si lointaine, où la douane était encore présente, physiquement.
    Au-delà des histoires insolites et d'un parcours singulier, c'est le souvenir ému de cette période de sa vie qu'un ancien douanier confie à son petit-fils en lui transmettant un message d'espoir dans l'avenir qui s'ouvre toujours... à qui sait persévérer.
    Lentement, au fil des pages, les confidences se transforment en une émouvante transmission mémorielle.

  • Mon père Nouv.

    L'auteur, dans cette autobiographie, se raconte lui-même avec tous les risques que comporte cet acte d'écriture : être complaisant avec soi ou s'autoflageller. Ni ange ni démon, il sait qu'il est comme tout humain. Il dit juste sa part de vérité sur lui même, sur son père, sa mère, son oncle... Il porte à la lumière ni crue ni tamisée chaque membre de sa famille. Il rend hommage à son père dont la vie tisse la trame de ce livre sans pour autant porter ombrage aux autres membres de la famille, même élargie. Mais dans Mon père, il n'y a pas que les Tibé. L'autobiographie est enrichie de sujets de réflexion majeurs, plus particulièrement sur l'Afrique.

  • L'histoire de Raymond Brouillet, c'est l'histoire de son engagement sans réserve à travers les différentes étapes de sa vie au service des communautés dont il partageait la destinée. Sa vie, dont il raconte les principales péripéties, s'étend du Québec traditionnel de 1933 jusqu'au Québec de l'ère du numérique, juillet 2011.
    Comment, enfant orphelin d'une famille modeste, il parvint à atteindre brillamment les plus hauts échelons de la formation universitaire. Comment il décida de devenir prêtre catholique en 1959, puis pourquoi il demanda de recouvrer son statut de laïque en 1968. Après avoir fait carrière universitaire, pourquoi il décida de s'engager activement en politique, à titre de député et de vice-président de l'Assemblée nationale.
    À travers cette autobiographie de Raymond Brouillet, on peut voir comment il s'est situé relativement aux différents contextes sociaux, politiques et culturels qui ont jalonné le Québec de 1933 à 2011: la deuxième guerre mondiale, le quasi-monolithisme culturel et religieux, la Révolution tranquille, le «Maître-chez-nous», la montée de l'idée d'indépendance politique, la révolution technologique, le pluralisme culturel.
    Cette autobiographie nous fait mieux connaître un personnage chaleureux et attachant qui a joué un rôle public significatif et l'époque dans laquelle il s'est manifesté. C'est un pan de l'histoire du Québec marqué d'une transformation fulgurante qui se déploie sous nos yeux.

  • Il est de notoriété publique qu'une démarche d'adoption est quelque chose de compliqué et de fastidieux. OK mais une fois qu'on a dit ça, on n'a pas pour autant une idée précise de ce qu'il faut faire. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'une adoption internationale avec tout ce que cela peut comporter de risques de dérives éthiques. Est-il possible d'adopter sans "acheter" son enfant ? Nous sommes là pour témoigner que OUI.
    Les deux premières parties de ce roman autobiographique permettent de comprendre l'état d'esprit et les motivations qui étaient les nôtres avant de partir pour le Vietnam.
    La dernière partie, présentée comme un journal de voyage, a l'ambition de témoigner de notre histoire sous une forme suffisamment ludique pour ne pas rebuter. On y trouve néanmoins les détails des démarches, paperasses et autres péripéties de notre histoire d'adoption si on les cherche. Une histoire d'adoption parmi d'autres ...
    Tout ce qui est écrit est vrai et serait tragique si ce n'était présenté à ma façon. Ceux qui l'ont lu ont plus ri que pleuré. Un mélange d'humour noir et d'impression permanente de vivre des situations parodiques. Le ton peut sembler "forcé", pourtant je suis réellement comme ça.

  • PRÉFACE D'ANDRÉ MELANÇON

    La Maison Oxygène est une ressource d'entraide communautaire unique au Québec : elle héberge des pères en difficulté et leurs enfants. Pour célébrer les 20 ans de cet organisme exceptionnel, voici un livre révélant l'histoire de dix pères qui ont eu le courage de venir y chercher de l'aide. Au-delà des difficultés extrêmes vécues par ces hommes, on découvre ici à quel point l'amour qu'ils portent à leurs enfants est puissant.

    LES DROITS GÉNÉRÉS PAR LA VENTE DE CE LIVRE SERONT VERSÉS À LA MAISON OXYGÈNE.

    www.maisonoxygene.com

    www.carrefourfamilial.com


    Voici dix récits de vie bouleversants, les histoires de dix pères courageux qui ont osé frapper à la porte de la Maison Oxygène pour y demander de l'aide. Ils y ont séjourné pendant quelques mois et y ont entrepris une démarche de remise en question afin de devenir de meilleurs papas pour leurs enfants.

    Leurs histoires sont touchantes, troublantes, dérangeantes et donc importantes, puisqu'elles révèlent des réalités peu connues du grand public et même des intervenants. Ces récits nous font pénétrer dans la souffrance des hommes et dans la détresse des pères, une zone grise qui mérite qu'on s'y attarde enfin. Mais, au-delà des difficultés extrêmes vécues par ces hommes, ce qui ressort en premier lieu, c'est l'amour gigantesque qu'éprouvent ces pères pour leurs garçons et pour leurs filles. Un amour qui les a sauvés du désespoir.

    Un portrait de la Maison Oxygène et une liste de ressources complètent l'ouvrage.

  • Septembre 1999, Stéphanie Gibaud est embauchée chez UBS (Union des banques suisses). Elle ne ménage pas sa peine pour organiser des événements à l'attention de clients et de ceux qui pourraient le devenir. Son employeur n'ouvre ses portes qu'aux personnes pesant plusieurs millions d'euros.
    Juin 2008. Sa supérieure hiérarchique surgit dans son bureau. Celui du directeur général d'UBS vient d'être perquisitionné et l'on exige qu'elle efface de son disque dur tous les fichiers contenant le nom des clients et de leurs chargés d'affaires. Stéphanie Gibaud refuse.
    Débute alors un vrai thriller entre un établissement bancaire et l'une de ses cadres qui n'accepte pas d'être complice quand elle se rend compte qu'UBS pourrait contribuer à l'évasion fiscale de Français fortunés vers la Suisse et, comme le souligne Antoine Peillon dans sa postface, " au blanchiment en bande organisée de fraude fiscale ". Son téléphone est placé sur écoute. Des enquêteurs lui donnent des rendez-vous secrets pour en savoir plus sur les méthodes d'UBS... La banque cherche à la pousser à la faute. Son ordinateur est piraté. Les fichiers convoités sont détruits avant de réapparaître, modifiés. Menaces, brimades, mise à l'écart, collègues dressés contre elle, tout est bon pour la détruire, et quand la dépression s'installe, on la fait passer pour folle.
    Un impitoyable harcèlement au travail.

  • Pivert, ou l'histoire d'un héros ordinaireà Raymond Kojitsky, né à Ménilmontant en 1926 de parents juifs polonais, est l'un de ces éternels laissés pour compte de la grande histoire de la Résistance.Engagé à seize ans dans les F.T.P.-M.O.I. (Francs-tireurs et partisans de la main-d'oeuvre immigrée) sous le nom clandestin de Pivert, il participe aux attentats commis contre l'occupant allemand.Maroquinier, il reprend son travail d'ouvrier à façon après la guerre." Un héros, moi ? Tout juste un résistant ordinaire. J'ai fait ce que je devais faire. " Quarante-cinq ans plus tard, Kojitsky raconte au jour le jour la vie de ce résistant anonyme. Ce n'est que la vérité et pourtant on croit lire un roman.

  • Raymond Oliver - ou l'itinéraire d'un petit garçon qui aimait traîner devant les fourneaux de son père et qui est devenu, selon un sondage récent, l'un des plus grands chefs de son temps, le plus célèbre cuisinier de France. Secrets et facettes de la cuisine. Évocation aussi de ces mondes déjà lointains où s'est forgé son talent. C'est la vie oubliée, heureuse et colorée, d'une petite ville du Sud-Ouest, avant la guerre, entre vigne et pinède. Mauriac vient dîner au restaurant où travaille, silencieuse, une servante qui porte le nom de Desqueyroux ! Et puis, après la guerre, l'envie de Paris et, à Paris, le coup de foudre et la passion pour un lieu dont le nom fera saliver le monde entier : Le Grand Véfour. C'est bientôt la consécration, les trois étoiles - qu'il gardera plus de trente ans -, la fréquentation des célébrités et des grands, l'amitié nouée avec beaucoup, l'intimité avec quelques-uns, Jouvet, Cocteau, Colette... Il devient, à la télévision, le créateur de Art et magie de la cuisine et, à travers le monde, le porte-drapeau de la gastronomie française. Au fil de ses souvenirs, Raymond Oliver laisse tomber quelques recettes, raconte la genèse d'un plat - illumination ou tâtonnement ? -, livre ses jugements, parle de ses passions. Derrière l'histoire d'un homme et de ses créations, c'est le portrait des cuisiniers, des moeurs et des goûts du siècle ; la saveur et l'accent d'un grand bonhomme.

  • En décembre 1936, la Croix-Rouge internationale décide d'envoyer en Espagne plusieurs de ses délégués. Parmi eux, un jeune Suisse de vingt-trois ans, Raymond Courvoisier. C'est sa première mission. Du front aux hôpitaux, des prisons aux orphelinats, l'homme au brassard blanc à croix-rouge va, durant trois années, mener sa propre guerre contre les militaires. Guerre pacifique : il sera le « troisième combattant », ce défenseur sans armes de « ceux qui ne devaient pas mourir ». Et parmi eux, notamment, les enfants, tous les enfants auxquels ce livre d'un homme qui en a trop vu mourir rend un hommage de pitié et d'amour. En 1941, Raymond Courvoisier est à nouveau en mission, en Turquie. Là, il organise, au prix de difficultés inouïes, le ravitaillement des îles grecques, où règne une terrible famine. En 1946, le voici en Pologne, l'un des premiers à coordonner l'aide internationale à ce pays plus que tout autre ravagé par les armées allemandes. En 1949, Raymond Courvoisier est à pied d'oeuvre pour une mission qui va durer vingt ans. Il est alors fonctionnaire de l'O.N.U. dans le cadre de l'UNICEF puis de l'UNRWA. Près d'un million de réfugiés palestiniens errent sur les routes. Ils n'ont rien : il faut les aider, les loger, les nourrir, les comprendre, les respecter. De la Jordanie à la Syrie, du Liban à Gaza, de l'Égypte à la Palestine, Raymond Courvoisier a suivi, jour après jour, l'errance d'un peuple dont l'exode s'est transformé en exil. On ne consacre pas sa vie à aider les autres sans s'exposer soi-même. C'est pourquoi, outre les tableaux saisissants qu'il brosse de l'horreur de la guerre, de toutes les guerres, ce livre est aussi un livre d'aventures, autant dire de rencontres ; rencontres avec des hommes « historiques » : Jean XXIII, Franco, von Papen, l'émir Abdullah roi de Transjordanie ; rencontres avec les martyres juifs du « Struma » ou avec les populations bombardées de Budapest et de Bucarest ; rencontres avec des paysages fabuleux : les confins de l'Euphrate, les îles grecques, la Terre sainte ; rencontres avec des peuples, enfin : espagnol, roumain, hongrois, polonais, palestinien, hommes, femmes et enfants de l'anonyme et révoltante misère de notre siècle.

  • Il n'est pas possible d'aborder le problème du développement, sans connaître le milieu, les conditions de vie, les us et coutumes des peuples concernés ; ce qui implique d'avoir le corps et l'esprit libres, tout son temps pour écouter, regarder, échanger, enregistrer. C'est ce qu'à fait Raymond Chaigne au Burkina Faso ; il livre ici son témoignage sur ce pays, la terré, l'eau, les transports, la vie des femmes, les fêtes, la sécurité, la justice... et une réflexion sur ce qu'est le développement sur ce qu'il devrait être.

  • PASSIONNÉ PAR L'ÉCRITURE, bon vivant, c'est le cas de le dire, Raymond Tanguay a choisi de faire sa part pour protéger les autres contre les attaques sournoises du tabac. Son père et trois de ses frères en ont été victimes. Lui-même a été atteint. Il a décidé de témoigner, conscient que les gens n'aiment guère les histoires tristes et encore moins le ton moralisateur. Quand son tour est arrivé, Raymond Tanguay a laissé tomber : Je passe .

  • Notre école est forcément finie, celle de demain en marche, déjà ébauchée dans le regard de nos enfants. Et sur le fronton de cette nouvelle école on pourra lire : " Attention chantier ! Chef-d'oeuvre en cours de réalisation. "
    Endosser le rôle de parent d'élève pendant vingt ans, cela forge un point de vue sur l'école. Vingt années à rêver de pouvoir pénétrer cette fameuse salle de classe, lieu de tous les dangers et des lassitudes. Car, à l'extérieur des murs, il faut panser les plaies de nos enfants trop souvent cabossés par l'école sans bien comprendre d'où vient le mal. Là où on aimerait entendre les mots d'épanouissement, de valorisation et d'empathie, on parle de sélection, de stress, d'humiliation ou d'ennui.
    L'école française, personne n'y est heureux. Si friande de sélection, elle se plaît à faire le tri entre les riches et les pauvres, entre les forts en maths et les autres. Elle fantasme une classe idéale garnie de bons élèves qui habiteraient dans le centre des villes. Et, quand parents et enseignants partagent la même obsession de la note et de la performance, quand cela devient trop crucial de passer un bac S, nos enfants ont mal au ventre. Ce sont pourtant eux qui auront à inventer le siècle prochain, à devenir des adultes créatifs capables de façonner le nouveau monde à nos portes. Trop souvent, ils sortent de l'école sans rien savoir de leurs désirs, incapables de dessiner leurs propres rêves. D'autres ont perdu confiance et préfèrent fuir la compétition, convaincus que cette école qui ne sait que pointer la faute n'est pas faite pour eux.
    Je veux ici raconter cette conversation entretenue depuis vingt ans avec les enfants à l'heure de la sortie, ces mots échangés avec des enseignants croisés dans les salles vides, ces rencontres avec de jeunes professeurs impuissants qui tentent de survivre dans l'école des ghettos, les confidences de parents d'élèves harassés qui ne savent plus quoi inventer pour donner le goût d'apprendre à leurs enfants. Parent d'élève est un métier qui oblige à bousculer ses certitudes, à bouger le projecteur, à partir à la rencontre de pédagogues rassurants, visionnaires et enthousiastes, des professeurs qui préfèrent les marges ou des pionniers entreprenants convaincus que les maths sont un jeu d'enfants pour autant qu'on trouve les mots.
    Notre école est forcément finie, celle de demain en marche...

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