Plon (réédition numérique FeniXX)

  • Avant d'écrire « Le temps du soupçon », commentaire de la dernière conférence de presse du Président de la République, j'ai longuement hésité. Si certaines voix s'étaient élevées, si François Mauriac ou André Malraux avaient répondu au général de Gaulle ce qu'ils auraient répondu à tout autre homme d'Etat tenant de pareils propos, je serais resté au dehors d'un débat dans lequel je ne puis m'engager en toute sérénité. Aucun des écrivains, honneur des lettres françaises, n'a parlé. Je me suis donc résolu ou résigné à plaider contre un réquisitoire d'autant plus insidieux qu'il demeure camouflé. J'ai pensé que ce témoignage ne prendrait sa pleine signification qu'à la condition d'y joindre les articles publiés pendant la crise du printemps 1967 et deux études sur Israël et les Juifs, écrites en 1960 et 1962, à l'époque où l'alliance franco-israélienne assurait aux Français d'origine juive une sécurité morale dont les privent, aujourd'hui, les péripéties de l'Histoire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dès les premières pages, on comprendra que ce livre n'est pas un ouvrage de politique. D'une manière générale, le discours politique m'ennuie. Pourtant, ce livre peut avoir une signification politique, par les conclusions éventuelles que chaque lecteur en tirera. On est pour ou contre le capitalisme, mais on ne sait guère ce qu'est le capitalisme. Même le socialisme se définit en contradiction avec le capitalisme. Mais comme on ignore ce qu'est le capitalisme, on n'en sait pas davantage sur le socialisme. On parle, on parle beaucoup, mais une des plaies de notre époque, est qu'on ne sache pas le sens des mots qui reviennent constamment dans la discussion, pour lesquels on en viendrait parfois aux mains, que ce soit au Café du Commerce, au Parlement, ou même à l'université. Le Littré donne du mot « Capital » cette toute première définition : « Où il s'agit de la tête ou de la vie ». Immédiatement, et par rapport à nos médiocres querelles, on a pris du champ, on respire mieux. Ce livre est une redéfinition, une défense, une illustration du mot « Capitalisme ». J'aurai du moins rendu ce service à mes contemporains, d'avoir mis en pleine lumière la riche signification d'un mot, d'un seul mot, dont on s'acharne - depuis des siècles - à obscurcir le sens originel. Le capitalisme, c'est la générosité de la vie, et un capitaliste, c'est d'abord une tête chercheuse.

  • « Il était une fois un évêque, un seul, tout seul... » Ainsi commence la nouvelle oeuvre du Père Bruckberger. Qui est cet évêque ? L'auteur l'a-t-il connu ? Est-il un produit de son imagination ? Se contente-t-il d'en espérer l'avènement ? Car ces homélies prononcées par Mgr Alain Vazelle, évêque de Saint-Flour, au cours de la Semaine sainte, et de la Semaine pascale de l'année 197... sont autant de pamphlets où, sous la plume incisive, ardente, truculente de ce « dominique de choc », les plus grands problèmes qui agitent l'Église contemporaine nous brûlent l'âme et les doigts. Voici les deux premières de ces homélies, avec lesquelles le Père Bruckberger part pour une longue croisade. Ce volume est, en effet, le premier d'une série qui nous promet instruction et divertissements d'estoc et de taille. En vérité, le Père Bruckberger, fait parler son évêque, tout comme Georges Bernanos prêta sa plume à son curé de campagne.

  • Marianne possède ses annalistes, tout comme le roi de France avait ses historiographes. Mais nos modernes nouvellistes, eux, travaillent contre la montre. Ils n'ont pas le temps de fignoler leur relation pour la postérité et doivent, coûte que coûte, placer - avant minuit - leur « scoop », leur bombe, dans la première édition du lendemain matin. Être rapide, être sensationnel, être véridique... Est-il des journalistes qui, ainsi qu'on l'avoue, ne se plient qu'à l'un où l'autre de ces impératifs ? J'admire que Jean-Raymond Tournoux, dans ses diverses collaborations (Paris-Match, Le Progrès de Lyon, etc.), obéisse strictement aux trois commandements de « l'ouvrage bien faite », et n'apporte de révélation qui n'ait été contrôlée au préalable avec le plus grand soin. Le public mesure-t-il toujours à sa valeur l'effort de l'informateur, effort de la tête... et des jambes ? Car les informations, hélas, ne nous tombent pas toutes rôties du ciel ! Il faut aller de bonne heure à la chasse, et l'actualité politique forme une si vaste étendue de plaines et de bois, qu'il faut l'arpenter dans tous les sens si l'on ne veut pas revenir bredouille. La bête demande, le plus souvent, à être traquée jusque dans ses terriers les plus profonds. On revient, le soir, le carnier plein, mais le corps fourbu... Ceux qui ont entrevu Tournoux dans les battues de l'Assemblée nationale, ignoraient jusqu'à présent que des portes plus difficiles à franchir s'ouvraient aussi pour lui. (Des portes, et même la porte...). Ils le sauront après avoir lu ce livre, riche en faits et propos inédits, en documents secrets ainsi qu'en anecdotes et, donc, en portraits psychologiques. La Quatrième République revit ici en plusieurs de ses heures tragiques, et la Cinquième - avec sa clef de voûte, de Gaulle, et son problème fondamental, l'Algérie - y dresse déjà sa nouvelle architecture. Imagine, lecteur, que la France tienne un journal intime : ne voudrais-tu pas en lire aussitôt les premiers carnets ? Les voici.

  • L'évolution générale de la société remet en question les principes qui ont longtemps servi de dogme au monde politique. Pour assurer le jeu d'une démocratie moderne digne de ce nom, la refonte des anciennes méthodes de pensée et d'action apparaît aussi indispensable que la reconversion des objectifs proprement politiques. Le moment est venu de prendre acte de cette nécessité. Quelque amertume que puissent en éprouver les partis, chacun d'eux doit s'astreindre à réviser ses programmes et ses idées. Les vieilles distinctions de la Gauche à la Droite paraissent surannées. S'ils ne le comprennent pas, les partis traditionnels ne pourront que mourir. S'ils ne veulent pas disparaître, il leur faudra s'ouvrir aux réalités de demain - qui sont déjà celles d'aujourd'hui. En situant la vie politique contemporaine dans le champ plus large d'une réflexion sur « l'administration des choses et le gouvernement des hommes », M. Raymond Boisdé répond au souci de compréhension sociologique de notre époque : il offre aussi à la pensée politique des perspectives d'avenir particulièrement stimulantes.

  • On évoque souvent la dépolitisation du public français. Peut-être ne s'agit-il là que de l'aspect négatif d'une vaste mutation nationale dont l'équivalent se retrouverait sans doute dans d'autres pays occidentaux. Une certaine forme de vie politique s'éteint pour faire place à une participation différente - mais tout aussi profonde - des citoyens à la chose publique. Le fait nouveau, c'est, à côté de la désintégration des vieux partis, l'intégration progressive des disciplines scientifiques dans la vie politique. Une société nouvelle - de type technicien - implique des problèmes politiques nouveaux. Société de vie collective, ouverte sur l'extérieur, ouverte aussi sur des possibilités individuelles inespérées pour la vie de l'esprit, elle exige des rapports nouveaux entre le citoyen et l'État, et même, sans doute, un État d'un type également nouveau. Mais de quel État s'agit-il ? Et ces rapports ne risquent-ils pas de relever de l'oppression ou de la révolte ? Ces questions posent le problème des rapports futurs de la technocratie et de la démocratie, ou de l'alternative entre une politique dirigée par les techniciens et une technique mise au service de l'action politique. Raymond Boisdé a su conjuguer dans ce livre son expérience d'homme politique et sa prévision d'un avenir imminent, afin de définir clairement les données d'un problème inéluctable et les voies d'une solution. possible.

  • Une vie de femme. Une vie qui, comme toutes les vies, ne ressemble à aucune autre et qui, pourtant, parle à tous, car cette vie, prise à bras-le-corps et à plein coeur, a rencontré son siècle. La guerre, les amours, les illusions, les chagrins : Yvette Raymond, aujourd'hui disparue, a regardé sa vie en face. Comme elle a regardé la mort en face. Atteinte d'un cancer, Yvette Raymond a voulu, en toute lucidité, « choisir sa mort ». Elle a voulu aussi, jusqu'au dernier jour, retrouver la trame de sa vie, les parfums et les couleurs de l'enfance, les rencontres de l'amitié, les joies de la terre, les douleurs de l'Histoire. A mesure qu'elle retrace, avec une simplicité bouleversante, sa lutte contre la maladie, sa mémoire évoque les moments d'une existence menée avec une force et un appétit de vivre exemplaires, et dont les expériences sont celles de notre temps. Ainsi, elle, non juive, va vivre de l'intérieur la naissance d'Israël avant d'assister, quelques années plus tard, dans la Pologne de l'après-guerre, à l'écroulement de son rêve idéologique. Les soubresauts de l'Histoire rythment ici le quotidien des jours. Mais toujours c'est la voix d'une femme éprise de liberté que nous entendons. Et c'est ce qui fait du récit de ce destin, si riche et attachant, l'un des plus courageux hymnes à la vie qui se puisse lire.

  • A vous, Français innombrables, que touche la crise agricole actuelle, le livre de Raymond Cartier apporte aujourd'hui un dossier solidement établi. Nous voyons, après cette lecture, le drame de l'agriculture dans toute son ampleur : au-delà des revendications matérielles immédiates, si souvent fondées, c'est tout le vaste problème de « la révolution au village » - révolution technique, révolution psychologique - qui apparaît ici sur le grand écran. « L'idée qu'on se fait de la terre s'est profondément modifiée. L'homme fut longtemps devant elle comme devant une fatalité... » L'auteur montre que les agronomes modernes dont les techniques et les découvertes se multiplient sans cesse, estiment désormais que la terre n'est qu'une sorte de support, et que « l'eau, la lumière, la chaleur, et les aliments apportés par les engrais et les adjuvants chimiques, l'emportent en importance sur la qualité même de la glèbe. » C'est ainsi que de sols déshérités on a fait lever d'étonnantes moissons..., etc. Qu'il s'agisse du problème du blé, ou de celui de l'élevage, toutes les perspectives sont bouleversées, rénovées. L'ancien serf attaché à sa motte de terre réclame le droit à tous les privilèges de la civilisation. Entre autres miracles, celui qu'apporte « la révolution de l'herbe » promet des rendements hier inespérés... Enfin, l'agriculture française peut devenir non seulement une réserve nationale mais un grenier pour l'Europe impuissante à nourrir ses enfants. Grâce à ce « document vert », vous découvrirez à la fois la misère et la grandeur du paysan de France, et le suivrez dans son nouveau destin.

  • Dans l'existence de Georges Pompidou, le destin a déjà frappé trois fois. Ce fut d'abord la rencontre avec de Gaulle : la divine surprise de 1944. Ce fut, un quart de siècle plus tard, la tristesse de l'incompréhension qui s'éleva entre le maître et le disciple : la rupture affective et la brisure des coeurs, dans la fidélité historique. Et maintenant, au troisième acte, portant sur ses épaules la cruelle épreuve qu'il essaye de surmonter dans le courage et la dignité, Georges Pompidou est arrivé au rendez-vous solitaire : le tête-à-tête avec lui-même. Ah !... « J'ignore pour quel sort mon astre m'a fait naître. » Le Président de la République est décédé le 2 avril 1974, à 21 heures. Signé : Professeur Jean Vignalou.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • De tous temps, les hommes ont mêlé Dieu à la politique. Chacun a voulu le mettre dans son camp. Durant les guerres, on le sommait de prendre parti. Jeanne d'Arc prenait conseil de Dieu, mais c'est aussi au nom de Dieu qu'elle fut jugée, condamnée, brûlée. Aujourd'hui, la confusion est extrême sur le sujet. Pendant des millénaires, la religion a tenu lieu de politique. Aujourd'hui, la politique risque de devenir notre seule religion. Dans son langage limpide, avec sa verve et son intrépidité coutumières, le Père Bruckberger élucide les rapports entre Dieu et César, entre l'Église et la Révolution, et il harangue les évêques de France.

  • « Quant aux méchants et aux imposteurs, ils ne feront qu'aller de mal en pis, faisant des dupes, eux-mêmes dupés. Mais toi, reste ferme dans ce qui t'a été enseigné et que tu as reçu comme certains. Tu sais de qui tu l'as appris... « Je t'adjure, en présence de Dieu et du Christ Jésus, lui qui viendra juger les vivants et les morts, je t'adjure, au nom de son Apparition et de son Royaume à venir, de proclamer et répandre la Parole, de revenir à la charge à temps et à contretemps, de remettre toutes choses à leurs places et les gens de même. Menace, encourage, toujours avec patience et le souci d'éclairer. « Le temps viendra où surgiront de partout des bonshommes qui ne supporteront plus la saine doctrine. Ils flotteront de-ci, de-là au gré de leurs convoitises. Pour se faire chatouiller les oreilles, ils se donneront pêle-mêle toutes sortes de maîtres. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité et s'orienteront vers les fables. » Telles furent, à la naissance du christianisme, les prédictions et les recommandations de l'Apôtre Paul à l'un de ses disciples. Nous voilà avertis, c'est aujourd'hui le temps des fables. On dirait ces paroles écrites pour un publiciste catholique de notre époque. Le Père Bruckberger les a prises au pied de la lettre. Ce livre, L'âne et le boeuf, rassemble ses articles, publiés ici et là sur plusieurs années, particulièrement dans le Journal du Dimanche et dans l'Aurore. Une introduction de Jean Dutourd retrace le désarroi du Chrétien d'aujourd'hui, qui ne trouve plus la main amie du prêtre pour le conduire, qui est tout seul, en butte aux tentations de l'athéisme devant le terrifiant mystère de Dieu. On reconnaîtra dans ce livre une solidité de doctrine, une intelligence de notre époque, exprimées dans le style d'une modernité percutante. N'est-ce pas, chez nous, la qualité traditionnelle des polémistes catholiques ? Il faut toujours redire, d'une manière nouvelle, ce qui a été transmis dès l'origine, et doit être à tout prix maintenu. Redire quoi ? La Présence du Christ dans son Église, dans ses Sacrements, dans sa Parole. Sans cette Présence vivante et communiquée, le christianisme n'est qu'un moralisme repoussant, une baudruche, une imposture. Revenons à la Source, tels que nous sommes, hommes du XXe siècle.

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  • Profondément divisée depuis près d'un demi-siècle, la gauche française se trouve, quarante-sept ans après le congrès de Tours, en pleine période de mutation. Ses composantes non communistes aspirent à se donner des structures originales et durables. Les plus importantes d'entre elles sont rassemblées depuis bientôt deux ans au sein d'une Fédération. Celle-ci entretient des rapports d'un style nouveau avec un parti communiste qui « bouge », et dont la réintégration dans la vie politique française a été grandement favorisée par l'élection présidentielle de décembre 1965. Après avoir recueilli, les 5 et 12 mars derniers, les fruits électoraux de sa politique et de sa tactique unitaires, cette gauche française en mouvement va-t-elle franchir des étapes supplémentaires ? Des difficultés subsistent, la route d'un renouveau plus complet est jalonnée d'obstacles, mais la double volonté de ne pas amplifier les divergences et de les surmonter a constamment prévalu, de l'automne 1965 à l'été 1967. En ira-t-il encore ainsi demain ? Si la réponse est affirmative, le paysage politique de la France en sera fondamentalement modifié, et pour longtemps sans doute.

  • Depuis sa fondation, en 1951, la revue « Preuves » s'est donné pour but de mettre en question les idéologies héritées du XIXe siècle, en les confrontant avec les réalités de la société contemporaine. Fin des idéologies et renaissance des idées, nature de la société industrielle et avenir du Tiers Monde, voies nouvelles de la littérature et de l'art et leurs rapports avec la culture des masses : tels sont les thèmes que « Preuves » tente d'élucider avec l'aide de collaborateurs venus de tous les pays et de tous les horizons de la pensée. Ainsi, par son ouverture aux problèmes mondiaux, aussi bien que par l'intérêt qu'elle porte aux littératures étrangères, « Preuves » s'est constamment proposé d'être, dans son exigence intellectuelle, la plus internationale des revues françaises. Elle se veut présente à l'étude de toutes les grandes questions de notre temps. Les ouvrages qui paraissent dans la collection « Preuves » aux Éditions René Julliard, à la Librairie Plon et aux Éditions du Rocher prolongent les recherches, les enquêtes et les dialogues engagés dans la revue, avec le même souci d'explorer en profondeur les problèmes de notre génération, et de leur faire face.

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  • J.-R. Tournoux n'est pas seulement l'un des hommes les mieux informés de son temps, celui à qui le général de Gaulle écrira : « Des secrets, il n'y en avait pas pour vous. » Indiscutablement, il existe, dans la façon de faire revivre l'histoire récente, une « manière Tournoux », et M. Edgar Faure a pu écrire : « Tournoux a créé un genre historique. » S'agissant d'événements contemporains, pour lesquels acteurs ou témoins sont vivants, l'auteur réunit entretiens, récits, témoignages et documents inédits. Et, de l'ensemble, surgissent, presque sans qu'on s'en aperçoive, l'analyse, la philosophie, l'enseignement des faits. Ainsi, l'historien ne choisit pas, mais il expose, il n'affirme pas, mais il prouve, il explique, il cite ses sources, pour aboutir à une reconstitution, aussi fidèle que possible, de la marche du temps et du comportement des hommes. Et s'il proscrit l'imagination, il ne néglige pas la psychologie. Pour toutes ces raisons, un livre de J.-R. Tournoux est toujours un événement attendu. Avec le Feu et la Cendre, l'ambition est peut-être plus haute encore : il s'agit de restituer, de façon globale, dans une même exigence de la vérité, et dans toute leur étendue, les années politiques du général de Gaulle, de 1946 à 1970, de « la traversée du désert » aux ultimes jours de Colombey, en passant par tous les moments capitaux de vingt-cinq ans d'histoire, le drame algérien, l'élection de 1965, ou Mai 68. Si, pour réaliser cette fresque, J.-R. Tournoux a tenu compte des éléments exclusifs qu'il détenait déjà, jamais il n'avait rassemblé, sur cette période et sous cette forme, tous ses dossiers. Il les a enrichis de leurs références complètes - ce qui est fondamental. Ce vaste bilan, non encore tenté, apportera, notamment aux jeunes générations, et à tous les lecteurs attentifs à l'histoire et au destin de leur pays, des lumières qui vont bien au-delà de la simple actualité. Une « somme » essentielle pour comprendre et réfléchir.

  • Voyons ! Quel jour sommes-nous aujourd'hui... ? Je jetai un coup d'oeil sur l'éphéméride : samedi 29 août. C'était hier. J'arrache la feuille. Donc, aujourd'hui, nous sommes le 30. Tiens ? le calendrier marque : lundi 31 août. Je vérifie si je n'ai pas arraché deux feuilles en même temps. Non ! Lundi 31 août, c'est déjà demain. Il y a maldonne. Il manque un jour, le jour d'aujourd'hui. Où est passé mon dimanche ? Aujourd'hui, c'est un jour férié. Ce n'est pas une raison pour l'escamoter. Un jour, c'est un jour. Quand on vit, comme moi, au jour le jour, un jour sans vivre, un jour sans moi ? Inconcevable ! J'aurais jeté mon dimanche aux orties ? Le jour du Seigneur ? Déjà qu'il n'en a pas beaucoup... un par semaine ! Si de plus, je le lui supprime !

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