Les Presses de l'Université Laval (PUL)

  • Les récits de survivances mettent en scène des sujets aux prises avec des situations de crise individuelles ou sociétales, et à la perte de repères identitaires. Ils sont pris en charge par un ou des récitants au sein des discours oraux, écrits ou visuels faisant état de stratégies particulières de survie. Ils abordent des thèmes comme l'exclusion sociale, l'exil, les déportations, les guerres, les camps de concentrations, les génocides. Ils témoignent d'une expérience de déstabilisation souvent difficilement surmontable et pouvant aller jusqu'à la mort psychosociale de l'individu. Les chercheurs du Groupe de recherche sur les récits de survivance (GRERÉS) s'inscrivent dans une démarche interdisciplinaire; ils tentent de mettre au jour les mécanismes d'adaptation qui permettent d'assumer le poids accablant d'un passé contraignant. Pour l'étude de ce paradigme, certains paramètres apparaissent significatifs, tels le temps, la mémoire et la filiation.

  • La question se pose encore aujourd'hui : le catholicisme peut-il être porteur de projets pour les Québécois ? Sur quelle mémoire peut-il s'appuyer pour assurer sa pertinence ? Peut-il se prévaloir d'une identité singulière dans l'environnement pluraliste contem-porain ? A quels dynamismes, à quels tiraillements, à quels conflits internes, à quelles utopies donne-t-il lieu ?
    A quelles ouvertures sur le monde, à quels retranchements la culture catholique héritée, cultivée par l'Eglise, diffusée par l'école, reflétée par les médias, contestée, encensée, brocardée, oubliée, donne-t-elle accès ? Le catholicisme est-il capable de prendre place dans les espaces publics contemporains ? Ou doit-il se contenter du souvenir?
    Ce livre n'est pas une histoire du catholicisme québécois. En s'appuyant sur l'histoire, il se veut avant tout une recherche d'intelligence de ce catholicisme comme fait social. Bref, quels défis s'imposent aujourd'hui au catholicisme québécois ? Quels lendemains peut-il envisager ?

  • François Bellenger, pionnier de la Nouvelle-France, s'établit dès 1634 à Beauport pour ensuite habiter Château-Richer et L'Islet-de-Bonsecours. De son union avec Marie Guyon en 1637 naîtront 12 enfants, à l'origine de l'une des lignées les plus prolifiques au Canada. Maçon de métier et agriculteur, François Bellenger fut aussi syndic adjoint, co-seigneur de Beaupré, marguillier, capitaine de milice, évaluateur foncier, homme d'affaires, seigneur de L'Islet-de-Bonsecours. L'auteur décèle à travers ces postes de responsabilité publique un projet de vie orienté vers la promotion sociale. Il reconsidère également la fonction de la seigneurie perçue par les historiens comme une entreprise de colonisation, de services, d'oppression du seigneur sur les colons et de relations humaines inégalitaires. Il y voit plutôt, sur une longue durée, un processus d'affranchissement de contraintes inhérentes au système seigneurial.

  • Depuis le début du XXe siècle, forte de ses expertises de terrain, l'anthropologie a oeuvré à promouvoir une meilleure communication entre des sociétés porteuses de compétences morales et éthiques différentes. Mais, bien qu'elle soit outillée d'un relativisme méthodologique qui impose autant une ouverture à l'autre qu'un recul critique face à nous, a-t-elle contribué à mieux comprendre les enjeux éthiques dans les mondes moraux contemporains? Si oui, de quelle façon? Dans quelles sphères des rapports sociaux? Tout en reconnaissant les inévitables recoupements entre les concepts de morale et d'éthique, le pari relevé ici est de dresser un portrait d'une anthropologie classique de la morale et d'une anthropologie de l'éthique. L'ouvrage répondra alors à d'autres questions. Quels sont leurs concepts et cadres méthodologiques respectifs? Quels sont les lieux où l'on pourra les observer et les analyser? La morale est-elle un simple sous-continent de la culture? Sans prétendre à un historique exhaustif et tout en insistant sur leurs développements récents, cet ouvrage tentera de rendre justice aux contributions de plusieurs des pionniers d'une anthropologie de la morale et de l'éthique. Alors que la première met l'accent sur la description et la comparaison des > locaux de normes et de valeurs morales, la seconde recentre ses analyses sur le positionnement critique d'un sujet éthique devant gérer sa position et son statut moral. Mais alors, faut-il réduire la morale aux codes moraux collectifs et l'éthique à la liberté d'un sujet réflexif? De quelle façon l'individu, dans diverses sociétés, réussit-il à concilier liberté et soumission aux codes moraux? Au bilan, en plus d'amorcer une réponse à ces diverses questions, l'ouvrage examinera les contributions de l'anthropologie à une redéfinition du relativisme moral et des conditions d'une promotion de la tolérance.

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