Flammarion

  • Alors que la Première Guerre mondiale bat son plein, un adolescent de quinze ans entame une idylle passionnée avec une femme de trois ans son aînée, fiancée à un soldat parti au front. Bien loin des tranchées, les amants goûtent un bonheur aussi intense qu'égoïste. Mais peuvent-ils braver la morale en toute impunité ? Leur romance peut-elle survivre à l'un des plus grands traumatismes du XXe siècle ? Récit d'un amour interdit, portrait féroce d'une société conformiste et repliée sur elle-même, mais aussi atteinte portée à la stature héroïque du soldat, Le Diable au corps fit scandale lors de sa parution, en 1923. Aujourd'hui, l'oeuvre et son auteur, écrivain précoce mort prématurément à l'âge de vingt ans, n'en finissent pas de nous fasciner.

    Création Studio Flammarion Illustration : Mathilde Aubier © Flammarion ; d'après une photographie © Hulton Archive / Getty Images

  • Locus Solus

    Raymond Roussel

    Locus Solus, c'est le nom de la vaste propriété de Montmorency où Martial Canterel, savant génial et fou, dévoile à quelques visiteurs ses inventions étonnantes : une mosaïque de dents représentant un reître inspiré d'une légende scandinave ; une cage en verre renfermant des cadavres ramenés à la vie grâce à une injection de « résurrectine » ; un diamant géant rempli d'une eau éblouissante et habité par une danseuse-ondine ; un dispositif animant les nerfs faciaux de la tête de Danton... Au gré de cette exposition drôle et dérangeante, la mort et la folie envahissent le livre : de dépeçages en danses macabres, le parc de Canterel se fait peu à peu jardin des supplices. Dans ce roman paru en 1914 et qui fut son dernier, Roussel, conteur hors pair, atteint l'apogée de son art : l'univers fantasmagorique dans lequel il nous entraîne, sous sa gratuité apparente, laisse entrevoir le reflet inquiétant de la réalité. Selon Robert Desnos, l'un des premiers à avoir saisi la singularité de ce texte : « Aucune oeuvre n'a de dimensions plus grandes, de panorama plus vaste sur l'univers. »
    Dossier
    1. Une genèse complexe
    2. La folie ou la mort : le chapitre manquant de Locus Solus
    3. La machine et le cristal
    4. La langue et les langages

  • Qu'on ne s'attende pas à un roman d'aventures, encore moins à des souvenirs de voyage : Impressions d'Afrique, paru en 1909, est un laboratoire d'expérimentation littéraire, où l'histoire commence au chapitre I ou au chapitre X, selon le choix du lecteur ; chaque mot en recèle un autre, chaque phrase contient en germe un roman à venir. Edmond Rostand, le premier, fut fasciné ; puis Marcel Duchamp - il dit s'en être inspiré pour La Mariée mise a nu -, Michel Leiris, André Breton, Georges Perc... Et pourtant, ce texte magistral, où les excès de l'imagination n'ont d'égal que l'extrême maîtrise de l'écriture, n'intéressa pas même les éditeurs : Roussel dut le publier à son compte. Est-ce l'oeuvre d'un fou mystificateur ? d'un hermétiste? d'un oulipien avant l'heure ? Peu importe. Comme l'écrivait Paul Reboux : C'est un livre extraordinaire, ahurissant, cocasse, chimérique ; donc, ce n'est pas un livre indifférent.

  • Le mérite de l'ouvrage de R. Abellio est de nous entretenir d'une Europe encore invisible, celle des prêtres, qui ne dit plus rien aux jeux discrédités de la politique et de l'argent. Celle dont l'auteur annonce la venue est une caste révolutionnaire en train de dépasser les valeurs de pure dévotion et de les intégrer dans les valeurs de connaissance. Un tel ouvrage ne se laisse pas résumer. Il traite ensemble de l'Europe de saint Thomas, Descartes et Husserl, et celle de Nietzsche, Spinoza et maître Eckhart.

  • La question semble d'ores et déjà posée : par un processus implacable et irresponsable, la France socialiste de François Mitterrand transforme-t-elle la société libérale en une démocratie populaire ?

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