Littérature générale

  • Le narrateur prend le bus à une heure d'affluence. Il observe un jeune homme avec un chapeau et un cou trop long. Celui-ci s'énerve contre son voisin qui, dit-il, le bouscule chaque fois que passe quelqu'un. Voyant une place libre, il finit par aller s'asseoir. Deux heures plus tard, le narrateur voit le jeune homme place Saint-Lazare qui discute avec un ami de questions vestimentaires. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une fortune extraordinaire.

    L'univers à la fois ludique et poétique d'Exercices de style est magnifiquement interprété par le jeu des voix de Clothilde de Bayser, Thierry Hancisse, Éric Ruf, Laurent Stocker et Florence Viala. Les cinq comédiens donnent corps à ces exercices explorant toutes les possibilités d'une langue qui se réinvente à chaque fois.

  • « Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Ou alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis ? ». ©1983 Éditions du Seuil (P) Traduction Simone Hilling

  • Le Diable au corps est les confidences d'un jeune homme qui retrace sa rencontre amoureuse alors qu'il était adolescent, avec une jeune fille tout juste mariée à un soldat parti au front. Le contexte de la première guerre mondiale est abordé avec cynisme et détachement : c'est avant tout la possibilité d'un dérèglement des moeurs, d'une grande liberté laissée à ceux qui sont restés chez eux. L'histoire de cette passion presque enfantine et pourtant pleinement vécue, et le ton de vérité du texte ont fait scandale lors de sa publication. Reste aujourd'hui un roman psychologique où la tendresse de l'enfance se transforme en ardeur d'adulte et en tragédie, avec naïveté et sans contrainte, un grand classique.

  • Raymond Carver écrit des instants de vies, tracées au fusain comme des esquisses qui laisseraient deviner le manque, les ratés, les impossibilités des existences d'hommes et de femmes qui courent après l'amour. Avec une écriture toute en pudeur, les dix-sept nouvelles de Parlez-moi d'amour laissent transparaître une humanité fragile et attachante. Très reconnu aux États-Unis, Raymond Carver signe un recueil d'une grande sensibilité. ©2010 Éditions de l'Olivier (P) Traduction de l'anglais (États-Unis) par Gabrielle Rolin.

  • Dans le Paris des années folles, deux étudiants, François de Séryeuse et le Comte Anne d'Orgel se lient d'amitié. Jusqu'au jour où Séryeuse rencontre la Comtesse Mahaut, et en tombe follement amoureux.Le Bal du Comte d'Orgel a été publié à titre posthume, Raymond Radiguet ayant été emporté par une fièvre typhoïde peu de temps après la rédaction du roman. D'inspiration dix-huitièmiste, ce récit d'amour moral met en valeur une écriture de la psychologie où l'auteur révèle les clefs des raisonnements et des comportements des personnages.

  • Enregistrement historique de 1954 par François Perrier.
    "Raymond Queneau (1903-1976) fait partie de ces écrivains inclassables. Tour à tout surréaliste, puis s'épanouissant dans un style plus personnel, il ne cesse d'enchanter et de faire rêver. Avec Pierrot mon ami, il se livre à un exercice de style, distillant jeux de mots, traits d'esprits et dérivés de langage , le tout mêlé à une histoire rocambolesque de voyage libérateur dans une France revisitée. Publié en 1942, ce roman est donc une métaphore de la liberté dont sont privés ses contemporains, et une fable dynamique, qui ne se pose toutefois jamais en moralisatrice. Le rire est ici le moyen pour Queneau d'inviter le lecteur à ne pas prendre malgré tout son récit trop au sérieux. Une oeuvre aussi riche que celle de Queneau est sans cesse étudiée, chantée (notamment par les Frères Jacques ou Juliette Gréco), redécouverte et cet enregistrement témoigne de la richesse d'un récit plus profond qu'il ne le paraît de prime abord.
    Dans Pierrot mon ami, enregistré en 1954, François Perrier parvient admirablement à rendre vivants les nombreux dialogues de Raymond Queneau et sa voix nous met en présence de personnages multiples. Sachant tour à tour se montrer docte et farceur, gouailleur et sentencieux, le comédien nous fait entrer dans le monde si particulier de Queneau auquel il confère une étonnante présence."
    Patrick Frémeaux et Claude Colombini

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