• "Il n'y a pas de philosophie de Wittgenstein. Il y a l'histoire d'un homme qui lutta pied à pied contre la folie et le suicide avec pour seules armes la logique et l'éthique. Cet homme , on l'a dépeint tantôt comme un monstre, tantôt comme un saint, tantôt comme un génie, tantôt comme un détraqué sexuel. A Vienne où il a passé sa jeunesse, comme à Cambridge où il a enseigné, il est vite devenu une légende. Les rumeurs les plus extravagantes ont circulé sur son compte : on prétendit même que sa grande oeuvre n'était pas le "Tractacus logico-philosophicus" mais le suicide de son ancien camarade de classe Adolf Hitler et de sa compagne, Eva Braun, dans leur bunker berlinois. Ce qui demeure certain, c'est qu'aucun philosophe n'aura mené avec un tel acharnement son enquête sur "le monde tel qu'il l'a trouvé", ni sur les fins ultimes de l'existence. Dans ce bref essai, R. J. tente "à la manière de Stefan Zweig parlant de Montaigne, de Nietzsche, de Freud, " de cerner la personnalité de Wittgenstein et de faire quelques pas en sa compagnie."

  • Le fou nous rappelle que quelque chose ne va pas dans la rationalité dominante, que derrière la façade se cache une autre réalité. Rituel de rébellion, la folie est pour chacun de nous une tentation et un danger permanent.
    Dans le sillage de Thomas Szasz et de Michel Foucault, cet ouvrage permet de mieux comprendre psychiatriquement, culturellement, philosophiquement mais aussi politiquement ce que recouvre un terme apparemment si simple : la folie. À lire également en Que sais-je ?...
    Handicap et maladie mentale, Romain Liberman Histoire de la psychiatrie, Jacques Hochmann

  • Récit de la déchéance d'une star du cinéma muet, fragments d'une confession de la "plus sublime des flappers" (une flapper étant une "garçonne un peu provocatrice des années 1920"), Louise Brooks... Mais récit inventé, dont le départ est un projet de conférence sur Louise Brooks : la vie de l'actrice, les sentiments qu'elle inspire à l'auteur, la fascination et même l'emprise qu'elle exerce sur lui, à tel point qu'il la considère comme la figure la plus accomplie du nihilisme érotique. A travers son égérie, R. Jaccard "se raconte", dans un style élégant, léger, mais toujours teinté d'un soupçon de distance au monde et à soi-même.

  • On refuse au nihiliste le titre de philosphe ; on lui reproche d´usurper sa place et de singer la pensée sans la pensée même : le philosophe doit être le phare de l´humanité, et l´on ne conçoit pas que ce phare puisse éclairer un charnier ou, pire, une mer d´insignifiance.

  • « Le titre de ce petit livre fait écho au monstrueux chef-d´oeuvre d´Otto Weininger, Sexe et Caractère, que, sur la demande de Vlaadimir Dimitrievicj, fondateur de L´Âge d´homme, je fus amené à préfacer. Mes origines viennoises et mon statut d´universitaire, selon Dimitrievicj, me prédisposaient à cette tâche, avant que je ne me plonge dans cet ouvrage sulfureux qui avait marqué, à l´aube du vingtième siècle, des générations d´artistes et d´intellectuels pour le meilleur et, surtout, pour le pire. (...) Les pages qui suivent constituent une forme de réponse à Sexe et Caractère, réponse quant à la forme, bien sûr, car le fragment seul permet d´échapper à l´enfermement de la pensée. Mais réponse aussi par une futilité assumée, seul rempart contre l´esprit de sérieux et la haine de soi. » (Extrait de l'avant-propos)

  • "Le temps d'une vie, avez-vous fait bon voyage ? -- Moins pire que je ne l'imaginais. -- A quoi l'attribuez-vous ? -- A l'amitié que Cioran m'a portée, à l'audace que ses livres m'ont donnée. Et à la compagnie de quelques jeunes filles venues d'Extrême-Orient pour adoucir l'amertume des jours et donner un peu plus d'intensité à la volupté de l'éphémère. -- Qu'attendez-vous encore ? -- Que vous me laissiez en paix." Voici en quelques lignes le ton général de ces pages désenchantées sur la vie, comment affronter la mort puisqu'il faut en finir avec la vie ? Une écriture en apparence frivole et indifférente, profondément grave.

  • La psychanalyse c'est d'abord Freud, d'où un retour régulier aux origines, d'où également la fascination que ne cesse d'exercer la figure du Maître. Réunir des témoignages et des études sur Freud et son temps constitue une tâche utile. Ces textes contribueront peut-être à éclairer le lecteur sur tel ou tel point de la théorie ou même de rendre compte d'un climat dans lequel s'est développé le mouvement psychanalytique et pourquoi pas de rendre plus proche la figure de celui que Thomas Mann nommait " un pionnier d'un humanisme de l'avenir".

  • L'amour : entre rêve et désillusions. L'amour et ses mystères, ses sortilèges, ses fantasmagories. L'amour comme un roman. Il fallait bien qu'un jour on y revienne... Parce que le sujet colle aux pensées et vire à l'obsession. L'amour a-t-il un sens ? Une réalité ? Une actualité ? Peut-on en parler vraiment ? Et alors comment ? Ou n'est-il qu'un mot creux, mais magique, derrière lequel chacun de nous cache le plus souvent le dictionnaire de ses fantasmes ordinaires ? Quatre textes proposent ici l'ébauche d'une... vision. Où l'on retrouve l'allégorie et l'analyse, le récit vécu et la fiction. Quatre textes pour raconter les mille et un avatars de la volupté et du malheur d'aimer.

  • On ne trouvera guère ici que des notes : notes sur des rencontres, des lectures, des fragments de vie - rêvée ou défaite. Pourquoi des notes ? Parce que je suis persuadé qu'on ne peut plus. écrire de livres - tout juste des "notes en bas de page gonflées en volume", comme dirait Roberto Bazlen. Et chaque note devrait être l'invention d'une nouvelle mort, d'une nouvelle sur la mort.

  • L'amour : entre rêve et désillusions. L'amour et ses mystères, ses sortilèges, ses fantasmagories. L'amour comme un roman. Il fallait bien qu'un jour on y revienne... Parce que le sujet colle aux pensées et vire à l'obsession. L'amour a-t-il un sens ? Une réalité ? Une actualité ? Peut-on en parler vraiment ? Et alors comment ? Ou n'est-il qu'un mot creux, mais magique, derrière lequel chacun de nous cache le plus souvent le dictionnaire de ses fantasmes ordinaires ? Quatre textes proposent ici l'ébauche d'une... vision. Où l'on retrouve l'allégorie et l'analyse, le récit vécu et la fiction. Quatre textes pour raconter les mille et un avatars de la volupté et du malheur d'aimer.

  • On ne trouvera guère ici que des notes : notes sur des rencontres, des lectures, des fragments de vie - rêvée ou défaite. Pourquoi des notes ? Parce que je suis persuadé qu'on ne peut plus. écrire de livres - tout juste des "notes en bas de page gonflées en volume", comme dirait Roberto Bazlen. Et chaque note devrait être l'invention d'une nouvelle mort, d'une nouvelle sur la mort.

  • Qui suis-je ? Question pour les fous et les poètes. Ici, un homme, jeune encore, tente de soulever le voile de sa propre énigme. Ayant fait le deuil de son originalité et de ses illusions, il donne rendez-vous à ses souvenirs, se pose en juge de lui-même et devant l'échec d'une vie - de toute vie - décide de se consacrer à l'essentiel : apprendre à mourir avant de mourir.

  • Qui suis-je ? Question pour les fous et les poètes. Ici, un homme, jeune encore, tente de soulever le voile de sa propre énigme. Ayant fait le deuil de son originalité et de ses illusions, il donne rendez-vous à ses souvenirs, se pose en juge de lui-même et devant l'échec d'une vie - de toute vie - décide de se consacrer à l'essentiel : apprendre à mourir avant de mourir.

  • « Il m'est pénible de l'avouer, mais je suis un pauvre type. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir toujours été. Cette foutue tendance à embellir le passé. Mais c'est vrai, il est arrivé, parfois que ma vie tienne ses promesses qui étaient de ressembler à Hollywood. Et puis, petit à petit, les étoiles ont disparu de ma galaxie et je me suis retrouvé seul dans ce café parisien, face à l'église Saint-Sulpice, avec un stylo feutre et une feuille de papier. Un thé sur une table en fornica et quelques biscuits. Ce n'est pas rien, me direz-vous. Et vouc ajouterez : surtout ne me raconter pas votre vie. Cela tombe bien, je n'en avais pas l'intention. »R.J.

  • Cette troisième livraison de la revue Perspectives critiques est toujours aussi plaisante à découvrir et à lire dont une autobiographie désenchantée du directeur de la publication : j'étais ce jeune homme qui...

  • « Publié en 1975 aux Presses Universitaires de France, L'exil intérieur connaîtra un succès qui dépassa largement les attentes de son éditeur. Un article élogieux de François Bott en ouverture du Monde des livres, une invitation à Apostrophe, l'émission littéraire que Bernard Pivot venait de créer, il n'en fallut pas plus pour que ce bref essai n'entre en résonance avec un public féru de sciences humaines et d'emblée acquis à toute forme de contestation.
    Rien n'est plus étrange pour un auteur que de devenir l'homme d'un livre. C'est ce qui m'arriva. Je le défendis d'abord avec ardeur avant de m'en détourner inquiet à l'idée d'être prisonnier des thèses et des thèmes qu'il avançait. Pour rester propre, il faut savoir changer d'idées comme on change de chemises. Je passai donc de l'anti-psychiatrie au nihilisme, de Freud à Wittgenstein et Cioran. Et, comme je l'avais toujours fait depuis mon adolescence à Lausanne, je livrai de temps à autre des pages de mes carnets personnels, persuadé que celui qui, après avoir tout démoli, ne se démolit pas lui-même, est un imposteur. Mais qui peut se flatter de ne pas l'être ? » (R. Jaccard, extrait de la Préface)

  • L'âme est un vaste pays

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 11 Janvier 1984

    Tout écrivain qui tient un journal avec l'intention de le publier un jour peut souscrire à cette profession de foi : "Je jette ces pages à la face des gens timides, secrets, respectables et je leur dis : tenez, c'est moi - et je vous défie d'en faire autant, je vous défie de braquer le projecteur de la connaissance de soi-même sur les coins les plus secrets de votre vie et d'inviter alors quiconque à y jeter les yeux." Sans pudeur, sans pitié et sans complaisance Roland Jaccard relève le défi du journal intime, pages livrées sans retouche dans leur crudité et leur brutalité. Les dragues et les angoisses dessinent le portrait d'un séducteur désabusé, léger jusqu'au désespoir, d'un esthète cynique promenant son ennui de dîners en cinémas, mais surtout d'un homme qui contemple avec lucidité le spectacle de son époque.

  • L'ombre d'une frange

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 7 Octobre 1987

    Roland Jaccard poursuit le cycle de son journal intime ("L'Ame est un vaste pays", "Des femmes disparaissent"), auquel il donne une forme encore plus romanesque. Le narrateur - lui-même ? un double ? - s'éprend d'une jeune fille "moderne", rencontrée à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Elle l'entraînera dans une sorte de déchéance singulière dont seul, au final, un prodigieux narcissisme le protégera. Au passage, on aura croisé Fritz Zorn et Schopenhauer, Gabriel Matzneff et Cioran, l'absolu et le quotidien, le désespoir et le pur plaisir. Irritant, passionnant, le "ton" Jaccard rappelle celui de son compatriote helvétique, L.F. Amiel.
    Les amateurs du "diarisme" apprécieront ce livre bizarre, propice à la complicité qui rassemble tous les jeunes gens (de moins en moins jeunes) qui ne savent pas quoi faire de leur jeunesse (de plus en plus brève).

  • Harald, journaliste, écrivain reconnu, se livre volontiers aux jeux de l'amour et du hasard. Les femmes, objets de convoitise et d'effroi, apparaissent et disparaissent dans sa vie et sous sa plume. Toutes semblables à Van, figure lumineuse d'un amour de jeunesse, abandonnée sitôt que possédée mais jamais oubliée, elles surgissent aux portes du désir, juvéniles, énigmatiques, déchirées ou destructrices. Le regard d'une passante, une annonce dans un journal, une lettre d'une admiratrice, une conversation avec une étudiante...voilà l'atmosphère troublante parce que banale, fascinante parce que ordinaire de ce roman autobiographique sur l'éternelle guerre des sexes.

  • Lou

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 1 Novembre 1985

    C'est à un triple voyage - géographique, érotique et philosophique - que nous invite Lou, dont les aventures ne sont pas sans évoquer celles d'une autre Lou, Lou Andréas-Salomé. Parvenue aux portes de la mort, Lou note dans son journal : "Si je laisse errer mes pensées, je ne trouve personne. Le mieux, après tout, c'est la mort". Ce n'est pas faute pourtant d'avoir eu une existence mouvementée : elle a rencontré des hommes tels que Schopenhauer, Nietzsche, Freud ou Anatole France qui l'ont profondément impressionnée, mais elle a aussi appris que "les illusions tombent l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit ; et le fruit, c'est l'expérience. Sa saveur est amère". Divertissant et instructif, ce roman prétend aussi à l'édification des jeunes filles. Il espère les détourner de ce que la société considère comme leur mission la plus sacrée, la procréation, en leur montrant que la vie n'est pas seulement une déplorable faute de goût, mais une erreur funeste qu'il serait regrettable de perpétuer.

  • Enfin une revue dans la collection Perspectives critiques pourrait-on dire : des textes courts toujours inédits par les auteurs phares de la collection ou des textes trop courts ne pouvant être à eux seuls un livre, de jeunes auteurs qui pourront faire ensuite un livre ! L'ambition de cette revue littéraire semestrielle est d'offrir à ses lecteurs des moments de plaisir et de surprise. Un condensé de l'esprit littéraire et philosophique, parfois frondeur, qui règne sur les publications des ouvrages de la collection.

  • De courtes nouvelles par des auteurs déjà connus, la plupart ayant publié des livres dans la collection Perspectives critiques dirigée par Roland Jaccard

  • L'arme atomique se vulgarise : des trafiquants d'armes la proposent dans leurs catalogues, des pays intéressés se font "piéger" par d'astucieux faux atomistes, des escrocs internationaux organisent la vente d'uranium... Plus inquiétant, ni le Traité de non-prolifération nucléaire, ni les surveillances des services secrets n'y peuvent rien : on fabrique - dans le monde - de plus en plus de bombes clandestines. Des pays extrémistes - comme l'Iran et la Libye - cherchent à se les approprier. Le Pakistan sera-t-il le berceau de la première bombe islamique ? Ce livre retrace les secrets de la bombe israélienne, les dessous de l'affaire Osirak (la future bombe irakienne), sans oublier les risques d'attentats terroristes au moyen d'armes nucléaires miniaturisées. Comme aux États-Unis, la France se préoccupe de cette future menace : un groupe spécialisé a été mis en place au secrétariat général de la Défense nationale, qui dépend du Premier ministre. Dans cette enquête internationale, à l'aide de dossiers inédits, comme dans un roman d'espionnage ou d'aventures, l'auteur nous fait rentrer dans le club privé atomique.

  • Péchiney, Société Générale, Greenpeace, Irlandais de Vincennes... Des dossiers brûlants qui ont défrayé la chronique politique et judiciaire de ces dernières années. Loin de l'agitation médiatique, Roland Jacquard et Dominique Nasplèzes, dans une nouvelle série, « Contre-Enquête », mettent en lumière de nombreux aspects cachés et ignorés de ces dossiers à sensation. Dans cet ouvrage, les auteurs ont « décortiqué » l'affaire Péchiney (délits d'initiés dont le procès doit débuter bientôt), affaire où apparaissent les noms de proches de François Mitterrand et de Pierre Bérégovoy. Les auteurs ont trouvé des failles dans l'accusation au travers d'une justice-spectacle amplifiée par la concurrence entre les médias. Roland Jacquard et Dominique Nasplèzes ont mené leur propre enquête, allant jusqu'à Beyrouth rencontrer des témoins « introuvables ». Ils se réfèrent également à des pièces confidentielles : on s'aperçoit ainsi qu'on y attribue au financier libanais Samir Traboulsi, le rôle de fusible dans un contexte politique tendu et pourri...

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