Presses Universitaires de France

  • "Il n'y a pas de philosophie de Wittgenstein. Il y a l'histoire d'un homme qui lutta pied à pied contre la folie et le suicide avec pour seules armes la logique et l'éthique. Cet homme , on l'a dépeint tantôt comme un monstre, tantôt comme un saint, tantôt comme un génie, tantôt comme un détraqué sexuel. A Vienne où il a passé sa jeunesse, comme à Cambridge où il a enseigné, il est vite devenu une légende. Les rumeurs les plus extravagantes ont circulé sur son compte : on prétendit même que sa grande oeuvre n'était pas le "Tractacus logico-philosophicus" mais le suicide de son ancien camarade de classe Adolf Hitler et de sa compagne, Eva Braun, dans leur bunker berlinois. Ce qui demeure certain, c'est qu'aucun philosophe n'aura mené avec un tel acharnement son enquête sur "le monde tel qu'il l'a trouvé", ni sur les fins ultimes de l'existence. Dans ce bref essai, R. J. tente "à la manière de Stefan Zweig parlant de Montaigne, de Nietzsche, de Freud, " de cerner la personnalité de Wittgenstein et de faire quelques pas en sa compagnie."

  • Récit de la déchéance d'une star du cinéma muet, fragments d'une confession de la "plus sublime des flappers" (une flapper étant une "garçonne un peu provocatrice des années 1920"), Louise Brooks... Mais récit inventé, dont le départ est un projet de conférence sur Louise Brooks : la vie de l'actrice, les sentiments qu'elle inspire à l'auteur, la fascination et même l'emprise qu'elle exerce sur lui, à tel point qu'il la considère comme la figure la plus accomplie du nihilisme érotique. A travers son égérie, R. Jaccard "se raconte", dans un style élégant, léger, mais toujours teinté d'un soupçon de distance au monde et à soi-même.

  • On refuse au nihiliste le titre de philosphe ; on lui reproche d´usurper sa place et de singer la pensée sans la pensée même : le philosophe doit être le phare de l´humanité, et l´on ne conçoit pas que ce phare puisse éclairer un charnier ou, pire, une mer d´insignifiance.

  • « Le titre de ce petit livre fait écho au monstrueux chef-d´oeuvre d´Otto Weininger, Sexe et Caractère, que, sur la demande de Vlaadimir Dimitrievicj, fondateur de L´Âge d´homme, je fus amené à préfacer. Mes origines viennoises et mon statut d´universitaire, selon Dimitrievicj, me prédisposaient à cette tâche, avant que je ne me plonge dans cet ouvrage sulfureux qui avait marqué, à l´aube du vingtième siècle, des générations d´artistes et d´intellectuels pour le meilleur et, surtout, pour le pire. (...) Les pages qui suivent constituent une forme de réponse à Sexe et Caractère, réponse quant à la forme, bien sûr, car le fragment seul permet d´échapper à l´enfermement de la pensée. Mais réponse aussi par une futilité assumée, seul rempart contre l´esprit de sérieux et la haine de soi. » (Extrait de l'avant-propos)

  • La psychanalyse c'est d'abord Freud, d'où un retour régulier aux origines, d'où également la fascination que ne cesse d'exercer la figure du Maître. Réunir des témoignages et des études sur Freud et son temps constitue une tâche utile. Ces textes contribueront peut-être à éclairer le lecteur sur tel ou tel point de la théorie ou même de rendre compte d'un climat dans lequel s'est développé le mouvement psychanalytique et pourquoi pas de rendre plus proche la figure de celui que Thomas Mann nommait " un pionnier d'un humanisme de l'avenir".

  • "Le temps d'une vie, avez-vous fait bon voyage ? -- Moins pire que je ne l'imaginais. -- A quoi l'attribuez-vous ? -- A l'amitié que Cioran m'a portée, à l'audace que ses livres m'ont donnée. Et à la compagnie de quelques jeunes filles venues d'Extrême-Orient pour adoucir l'amertume des jours et donner un peu plus d'intensité à la volupté de l'éphémère. -- Qu'attendez-vous encore ? -- Que vous me laissiez en paix." Voici en quelques lignes le ton général de ces pages désenchantées sur la vie, comment affronter la mort puisqu'il faut en finir avec la vie ? Une écriture en apparence frivole et indifférente, profondément grave.

  • Cette troisième livraison de la revue Perspectives critiques est toujours aussi plaisante à découvrir et à lire dont une autobiographie désenchantée du directeur de la publication : j'étais ce jeune homme qui...

  • « Publié en 1975 aux Presses Universitaires de France, L'exil intérieur connaîtra un succès qui dépassa largement les attentes de son éditeur. Un article élogieux de François Bott en ouverture du Monde des livres, une invitation à Apostrophe, l'émission littéraire que Bernard Pivot venait de créer, il n'en fallut pas plus pour que ce bref essai n'entre en résonance avec un public féru de sciences humaines et d'emblée acquis à toute forme de contestation.
    Rien n'est plus étrange pour un auteur que de devenir l'homme d'un livre. C'est ce qui m'arriva. Je le défendis d'abord avec ardeur avant de m'en détourner inquiet à l'idée d'être prisonnier des thèses et des thèmes qu'il avançait. Pour rester propre, il faut savoir changer d'idées comme on change de chemises. Je passai donc de l'anti-psychiatrie au nihilisme, de Freud à Wittgenstein et Cioran. Et, comme je l'avais toujours fait depuis mon adolescence à Lausanne, je livrai de temps à autre des pages de mes carnets personnels, persuadé que celui qui, après avoir tout démoli, ne se démolit pas lui-même, est un imposteur. Mais qui peut se flatter de ne pas l'être ? » (R. Jaccard, extrait de la Préface)

  • Enfin une revue dans la collection Perspectives critiques pourrait-on dire : des textes courts toujours inédits par les auteurs phares de la collection ou des textes trop courts ne pouvant être à eux seuls un livre, de jeunes auteurs qui pourront faire ensuite un livre ! L'ambition de cette revue littéraire semestrielle est d'offrir à ses lecteurs des moments de plaisir et de surprise. Un condensé de l'esprit littéraire et philosophique, parfois frondeur, qui règne sur les publications des ouvrages de la collection.

  • De courtes nouvelles par des auteurs déjà connus, la plupart ayant publié des livres dans la collection Perspectives critiques dirigée par Roland Jaccard

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