• « Il m'est pénible de l'avouer, mais je suis un pauvre type. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir toujours été. Cette foutue tendance à embellir le passé. Mais c'est vrai, il est arrivé, parfois que ma vie tienne ses promesses qui étaient de ressembler à Hollywood. Et puis, petit à petit, les étoiles ont disparu de ma galaxie et je me suis retrouvé seul dans ce café parisien, face à l'église Saint-Sulpice, avec un stylo feutre et une feuille de papier. Un thé sur une table en fornica et quelques biscuits. Ce n'est pas rien, me direz-vous. Et vouc ajouterez : surtout ne me raconter pas votre vie. Cela tombe bien, je n'en avais pas l'intention. »R.J.

  • L'âme est un vaste pays

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 11 Janvier 1984

    Tout écrivain qui tient un journal avec l'intention de le publier un jour peut souscrire à cette profession de foi : "Je jette ces pages à la face des gens timides, secrets, respectables et je leur dis : tenez, c'est moi - et je vous défie d'en faire autant, je vous défie de braquer le projecteur de la connaissance de soi-même sur les coins les plus secrets de votre vie et d'inviter alors quiconque à y jeter les yeux." Sans pudeur, sans pitié et sans complaisance Roland Jaccard relève le défi du journal intime, pages livrées sans retouche dans leur crudité et leur brutalité. Les dragues et les angoisses dessinent le portrait d'un séducteur désabusé, léger jusqu'au désespoir, d'un esthète cynique promenant son ennui de dîners en cinémas, mais surtout d'un homme qui contemple avec lucidité le spectacle de son époque.

  • L'ombre d'une frange

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 7 Octobre 1987

    Roland Jaccard poursuit le cycle de son journal intime ("L'Ame est un vaste pays", "Des femmes disparaissent"), auquel il donne une forme encore plus romanesque. Le narrateur - lui-même ? un double ? - s'éprend d'une jeune fille "moderne", rencontrée à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Elle l'entraînera dans une sorte de déchéance singulière dont seul, au final, un prodigieux narcissisme le protégera. Au passage, on aura croisé Fritz Zorn et Schopenhauer, Gabriel Matzneff et Cioran, l'absolu et le quotidien, le désespoir et le pur plaisir. Irritant, passionnant, le "ton" Jaccard rappelle celui de son compatriote helvétique, L.F. Amiel.
    Les amateurs du "diarisme" apprécieront ce livre bizarre, propice à la complicité qui rassemble tous les jeunes gens (de moins en moins jeunes) qui ne savent pas quoi faire de leur jeunesse (de plus en plus brève).

  • Harald, journaliste, écrivain reconnu, se livre volontiers aux jeux de l'amour et du hasard. Les femmes, objets de convoitise et d'effroi, apparaissent et disparaissent dans sa vie et sous sa plume. Toutes semblables à Van, figure lumineuse d'un amour de jeunesse, abandonnée sitôt que possédée mais jamais oubliée, elles surgissent aux portes du désir, juvéniles, énigmatiques, déchirées ou destructrices. Le regard d'une passante, une annonce dans un journal, une lettre d'une admiratrice, une conversation avec une étudiante...voilà l'atmosphère troublante parce que banale, fascinante parce que ordinaire de ce roman autobiographique sur l'éternelle guerre des sexes.

  • Lou

    Roland Jaccard

    • Grasset
    • 1 Novembre 1985

    C'est à un triple voyage - géographique, érotique et philosophique - que nous invite Lou, dont les aventures ne sont pas sans évoquer celles d'une autre Lou, Lou Andréas-Salomé. Parvenue aux portes de la mort, Lou note dans son journal : "Si je laisse errer mes pensées, je ne trouve personne. Le mieux, après tout, c'est la mort". Ce n'est pas faute pourtant d'avoir eu une existence mouvementée : elle a rencontré des hommes tels que Schopenhauer, Nietzsche, Freud ou Anatole France qui l'ont profondément impressionnée, mais elle a aussi appris que "les illusions tombent l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit ; et le fruit, c'est l'expérience. Sa saveur est amère". Divertissant et instructif, ce roman prétend aussi à l'édification des jeunes filles. Il espère les détourner de ce que la société considère comme leur mission la plus sacrée, la procréation, en leur montrant que la vie n'est pas seulement une déplorable faute de goût, mais une erreur funeste qu'il serait regrettable de perpétuer.

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