• Cet ouvrage dresse le portrait de bandits « bien de chez nous », la Bande noire qui a terrorisé les populations rurales de nombreux villages du Hainaut, du Brabant et du Namurois au milieu du XIXe siècle. Grâce à un mode opératoire bien ficelé, ces criminels ont su jouer pendant plus de cinq ans avec les failles d'un système judiciaire fragile, avant de se faire arrêter et juger. Au même moment, la Belgique connait une autre affaire de banditisme qui fera couler beaucoup d'encre : l'affaire « Coucke et Goethals », du nom de ces deux Flamands jugés et guillotinés à Charleroi pour un crime que certains membres de la Bande noire revendiqueront ensuite. Les archives judiciaires et journalistiques ont permis de reconstituer cette histoire passionnante où se côtoient bandits, acteurs judiciaires, habitants des villes et des campagnes, sur fond de débats idéologiques qui ont façonné l'histoire de la Belgique au XIXe siècle. Autant d'éléments qui devraient permettre à l'affaire de la Bande Noire de retrouver sa place dans l'histoire politique et judiciaire de la société belge.

  • L'histoire des justices militaires a jusqu'il y a peu été largement négligée. Institution hybride, elle a longtemps fait l'objet de jugements à l'emporte-pièce, tant chez les militaires que chez les juristes. On a ainsi vu se multiplier critiques acerbes et plaidoyers pro domo autour de cette institution si particulière. Une série de séminaires menés dans le cadre du projet de la Maison des sciences de l'Homme, de 2004 à 2008, avait pour objectif de parcourir, en perspective comparée, les évolutions de la justice militaire depuis le XVIe siècle. Le présent volume reprend reprend une vingtaine de ces contributions, orientées sur le premier XXe siècle, pour comprendre les tensions, les pratiques et les limites de la justice militaire pendant et autour des deux guerres mondiales. Parcourant l'Europe occidentale, il se veut méthodologique et initiateur, éclairant une réalité transnationale à l'aide d'études de cas, inscrites dans le temps et l'espace.

  • Dans l'imaginaire collectif, la fin du Moyen Âge est souvent réduite à la caricature d'une période noire de violences permanentes, dont la guerre était la plus terrible incarnation, et l'homme de guerre, le plus sanguinaire protagoniste. La recherche récente a pourtant démontré l'existence, à l'orée de l'époque moderne, de processus complexes de régulation des comportements et de profondes transformations des structures militaires. Le présent ouvrage propose une étude des différents moyens d'encadrement de la violence des combattants dans les anciens Pays-Bas sous le règne du duc de Bourgogne Charles le Hardi, dit le Téméraire (1467-1477). On observera comment, en temps de guerre, des mécanismes juridiques, politiques et sociaux sont susceptibles de transformer certaines pratiques en crimes, eux-mêmes plus ou moins bien réprimés par la justice. Au travers d'une analyse approfondie de l'usage de la rémission princière, on tentera de souligner l'existence d'un véritable « gouvernement par la grâce » au sein des armées, une forme de pratique de pouvoir qui aurait coïncidé avec la professionnalisation de la guerre, la construction de l'État moderne et l'émergence d'un nouveau statut donné aux combattants.

  • Dans le récit autobiographique de Gisèle sont successivement racontés son enfance dans un milieu de paysans aisés du Léon, en Bretagne, son engagement dans l'action catholique, son mariage et son alcoolisation progressive. Après des prises en charge médicales désastreuses, elle a repris vie grâce à une cure analytique.

  • Nous voyons aujourd'hui l'Émile comme une anticipation révolutionnaire des méthodes nouvelles en éducation. Mais, en 1762, sa publication et son succès mettent le feu aux poudres : la façon dont Rousseau y nie le péché originel lui vaut condamnation de l'Église. Convaincu d'une forme de bonté naturelle de l'enfant, que n'aurait pas encore pervertie la société humaine, Rousseau en vient à l'idée que l'enfance est un moment essentiel de l'existence et que son développement obéit à des lois générales sur lesquelles tout bon pédagogue devrait s'appuyer.

    Les deux premiers livres de l'Émile portent sur les deux stades initiaux de l'enfance (de la naissance à 2 ans et de 2 à 12 ans), au cours desquels la pédagogie est, d'emblée, un enjeu des plus sérieux. Mettant en scène un gouverneur et son jeune élève à travers une narration théorique d'une infinie richesse, Rousseau nous donne à penser les questions les plus cruciales soulevées par toute réflexion sur l'enfance.

    Dossier
    1. Les sources de la pensée éducative de Rousseau
    2. L'Émile, un précis d'anthropologie rousseauiste
    3. La pédagogie et l'enfance à l'époque des Lumières
    4. Les approches de l'enfance d'inspiration rousseauiste.

  • Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Paru en 1755, le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l'oeuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l'originalité de sa voix, la force de son « système ».
    Résoudre le problème posé par l'Académie de Dijon - « quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? » -, en d'autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n'ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question « qu'est-ce que l'homme ? ».
    Pour cela, il faut comprendre comment s'est formée sa « nature actuelle », si éloignée de ce que serait son état de nature : « Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c'est qu'ayant d'anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j'ai cru devoir creuser jusqu'à la racine... »


    Présentation, notes, bibliographie et chronologie par Blaise Bachofen et Bruno Bernardi
    Illustration de la couverture: Virginie Berthemet © Flammarion

  • Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau est une autobiographie publiée à titre posthume. Le titre des Confessions a sans doute été choisi en référence aux Confessions de Saint-Augustin, publiées au IVe siècle après Jésus Christ. Rousseau, qui était protestant, accomplit ainsi un acte sans valeur religieuse à proprement parler, mais doté d'une forte connotation symbolique: celui de l'aveu des pêchés, de la confession. On reproche souvent à Rousseau la prétention extrême présente dans certains extraits des « Confessions » et dissimulée sous une apparente humilité, mais passer outre à la première lecture est nécessaire pour accéder au second niveau de l'oeuvre, qui reste un chef d'oeuvre de la littérature française. Composé de 12 livres, « Les Confessions » de Rousseau sont considérées comme la première véritable autobiographie. La première partie de l'oeuvre (livres i à vi) a été publiée en 1782 et la seconde (livres vii à xii) en 1789.

  • Quatre ans après avoir ruiné l'histoire de l'aviation avec Les premiers aviateurs, Alexandre Fontaine Rousseau et Francis Desharnais unissent à nouveau leurs forces pour faire la passe à la course à l'espace. La conquête du cosmos relate cette lutte scientifique ayant opposé l'URSS aux États- Unis à l'apogée de la guerre froide. Tous les événements marquants de cette aventure extraordinaire sont ici présentés dans leur plus factuelle réalité, à l'aide d'effets spéciaux de pointe.

  • On connaît Rousseau comme l'auteur d'un seul roman, La Nouvelle Héloïse, son chef-d'oeuvre de presque mille pages ; on sait moins qu'il pratiqua à plusieurs reprises la forme brève du conte et de la nouvelle, explorant une variété de situations et de modalités d'écriture. On présente ici trois de ces brefs récits, qui livrent un échantillon du savoir-faire littéraire d'un philosophe fasciné par le « pays des chimères », ce monde qui filtrait son rapport au réel.

  • " Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. "
    À l'automne 1776, Rousseau, alors au crépuscule de sa vie, trouve refuge loin du " torrent du monde ", dans une bienheureuse solitude magnifiée par la beauté de la nature. Au gré de ses promenades, le philosophe marche à la rencontre de lui-même, dans une introspection lyrique, admirablement sensible : entre souvenirs et méditations, il y embrasse le plaisir de la mémoire et de l'écriture, dans la pure conscience d'exister.



  • « On ne connaît point l'enfance : sur les fausses idées qu'on en a, plus on va, plus on s'égare. Les plus sages s'attachent à ce qu'il importe aux hommes de savoir, sans considérer ce que les enfants sont en état d'apprendre. Ils cherchent toujours l'homme dans l'enfant, sans penser à ce qu'il est avant que d'être homme. »

    Jean-Jacques Rousseau

  • Orvault, dans la banlieue de Nantes, la nuit du 16 février 2017. La famille Troadec disparaît, et la France observe cette histoire comme une équation impossible : quatre disparus, une maison vide, des traces de sang nettoyées, ni explication ni arme du crime. Une nouvelle affaire de Ligonnès ? Un suspect finit par avouer, les corps sont retrouvés dans le Finistère. Le mobile ? L'or. Un prétendu butin datant de 1940.
    François Rousseaux n'a jamais oublié Pascal, Brigitte, Sébastien, Charlotte, les victimes. Il les raconte, avec une pudeur infinie. Dans cette enquête devenue une quête, il dissèque les soupçons et les peurs. Il s'est glissé dans la tête du suspect, il a arpenté les terres brumeuses de l'Ouest, rencontré les protagonistes à l'approche du procès. Il a exhumé, aussi, le mystère de l'or.
    Quatre années pendant lesquelles ce journaliste s'est confronté aux frontières de l'intime. En détricotant les secrets et les jalousies d'une famille a priori sans histoire, François Rousseaux livre ici le roman vrai d'un drame hors norme.
     
    François Rousseaux est journaliste à Télérama. Il a travaillé pour plusieurs chaînes de télévision, au Parisien-Aujourd'hui en France, et collaboré au supplément L'Époque du journal Le Monde.

  • Quatre ans après le Discours sur les sciences et les arts (1750) qui le rend célèbre, Rousseau trouve l'occasion de développer les principes de sa philosophie avec le Discours sur l'inégalité. Il s'y révèle le porte-parole des humiliés et des offensés, l'interprète de ceux que l'ordre social, à Genève comme en France, condamne à vivre en situation d'étrangers. S'adressant à tous les individus, le philosophe vise l'universel et dessine dans ces écrits l'image de l'homme intégral.
    Polémique, raisonnement, érudition, imagination : tout s'assemble dans une ferveur intellectuelle sans égale, faisant de ce texte le point de départ de la réflexion moderne sur la nature de la société.

  • «J'ai vu les moeurs de mon temps, et j'ai publié ces lettres» : c'est par ces mots que l'«éditeur» Rousseau ouvre La Nouvelle Héloïse, correspondance amoureuse entre Julie d'Étange et son précepteur Saint-Preux. Sur les rives du lac Léman, ces «belles âmes» forment une petite société idéale, où priment les passions douces et la sincérité du sentiment, à l'écart des maux de la civilisation.
    Dans la lignée des Lettres persanes de Montesquieu, Rousseau conçoit son oeuvre comme un laboratoire d'idées nouvelles, qui concentre les questionnements de son époque sur l'homme et ses passions. Roman d'amour, chant élégiaque, mais aussi fiction expérimentale au croisement de l'anthropologie et de la politique : La Nouvelle Héloïse, plus grand succès de librairie de son temps, consacre avec éclat les noces du roman et de la philosophie au XVIIIe siècle.

    Cette édition inclut les Sujets d'estampes, l'Entretien sur les romans, les Observations de Rousseau sur les retranchements voulus par Malesherbes et Les Amours de Milord Édouard Bomston.

  • À l'invitation de sa cousine Frédérique, Camille retourne dans le vieux manoir où elle a passé le plus bel été de son enfance. Mais plus rien, dans le sinistre paysage qu'elle découvre, ne correspond aux tendres souvenirs qu'elle chérissait... et les gens méfiants qu'elle rencontre à la taverne du village semblent craindre ce lieu qu'ils nomment « la maison du diable ». Quant à la mystérieuse Frédérique, elle n'aime décidément ni le potage à l'ail, ni la quiche à l'ail, ni la salade de gousses d'ail. Les cousines vampires se lit comme l'on regarde une vieille série B oubliée...

  • Édition enrichie (Introdution, notes, annexes, chronologie et bibliographie)Lorsqu'il commence à écrire les Rêveries à l'automne 1776, Rousseau est un vieil homme proche de la mort, presque pauvre, célèbre dans toute l'Europe et pourtant assuré que l'espèce humaine le rejette. Il continue cependant d'écrire et les Rêveries sont à ses yeux la suite des Confessions. Mais il ne s'agit plus désormais de raconter sa vie ni de s'expliquer aux autres pour dévoiler sa vraie nature. Dans une solitude propice à l'introspection, si des souvenirs épars remontent maintenant à sa mémoire, c'est pour lui-même qu'il les consigne en même temps qu'il cherche à se mieux connaître et réfléchir plus largement sur les ressorts de notre esprit humain.
    Mais ces méditations sont aussi des promenades où la rêverie devient expansion de l'être, où le contact avec la nature est source de bonheur dans la pure conscience d'exister. Une nouvelle manière d'écrire s'inaugure donc, un libre parcours sans effort que la ligne mélodieuse d'une prose souvent poétique rend admirablement sensible. Ces Rêveries que Rousseau nous laisse lorsqu'il meurt à Ermenonville en juillet 1778, il se peut ainsi qu'elles ne nous soient pas adressées : elles nous sont en tout cas destinées.
    Edition de Michèle Crogiez.

  • Edition enrichie (avant-propos, commentaire, notes, dossier, chronologie, bibliographie)Pour nous aussi, la doctrine de Rousseau ne saurait être un simple objet de curiosité érudite ou d'intérêt purement philologico-historique. Elle apparaît au contraire, pour peu qu'on ne se contentât point d'en considérer les résultats et qu'on se plongeât dans ses tout premiers présupposés, comme une problématique vivante et très contemporaine. Les questions soulevées par Rousseau, qui les brandit face à son siècle, ne sont en rien obsolètes aujourd'hui, pour nous non plus elles ne sauraient être purement et simplement « réglées ».
    Ernst CassirerAux fondements de la pensée moderne, sur laquelle il aura exercé une inßuence décisive, le Contrat social reste l'un des ouvrages les plus importants de Rousseau. Publié en 1762, il dessine les grandes lignes d'un modèle de structuration sociale capable de combiner harmonieusement les valeurs propres à l'« état de nature » avec celles imposées par la vie collective. De là l'idée de « contrat » entre les individus qui, parce qu'ils ne sont soumis qu'à des conventions auxquelles ils ont librement souscrit, « n'obéissent à personne, mais seulement à leur propre volonté ».
    Commentaires et notes par Gérard Mairet. 

  • Comment reconnaître les différentes parties d'une fleur ? Qu'est-ce qu'une Scrofulaire ? À quelle famille de plantes appartient la Ciguë? Comment réaliser un herbier dans les règles de l'art ? Dans ces huit lettres à l'érudition teintée de poésie, Rousseau nous invite à examiner la nature et se fait le "décodeur amusé" d'un monde végétal foisonnant et mystérieux.
    "Il n'y a rien de compliqué ni de difficile à suivre dans ce que j'ai à vous proposer. Il ne s'agit que d'avoir la patience de commencer par le commencement."

  • Rousseau ne voulait pas qu'un portrait de lui figure en tête de ses OEuvres.
    Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c'est en lisant ses Confessions qu'on l'aurait sous les yeux : Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. Mais quelle identité assigner à ce moi qui déclare : Je suis autre ? Autre que tous les autres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que soi, et pourtant toujours même.
    e Bigarre et singulier assemblage d'identifications multiples où Narcisse et Caton, Alceste et Céladon, Mentor et le petit Jésus, Socrate et la cigale, Orphée et la fourmi, le rat des villes, celui des champs, le berger extravagant, l'agneau immaculé et le bouc émissaire tiennent tour à tour le devant de la scène, sans nuire pour autant à l'unité d'action, tant tout se tient, tout est un dans mon caractère .
    Au lecteur d'en juger.

  • L'art d'apprivoiser le fauve

    Lorsqu'on rencontre l'anxiété, il y a fort à parier qu'elle ne nous quitte plus. Malgré nos efforts pour la dominer ou notre volonté de l'apaiser en renonçant à ce que nous aimons, elle prend de plus en plus de place. Plus nous cherchons à la contrôler, plus elle nous tyrannise. Un jour, c'est elle qui commande.

    Cet ouvrage nous propose de sortir de la cage. En nous livrant les clés de l'ACT, la thérapie d'acceptation et d'engagement, Sylvie Rousseau nous accompagne dans un parcours d'expériences et d'exercices libérateurs. Pas à pas, nous découvrons l'autocompassion, la flexibilité psychologique, la défusion cognitive... Petit à petit, nous sommes en mesure de nous reconnecter à ce qui compte vraiment, et de construire une existence à la mesure de nos désirs. Affranchie de nos peurs.

    Sylvie Rousseau est psychologue depuis 2005 au Québec, spécialiste des troubles de l'anxiété. Elle est également conférencière et auteure de plusieurs livres sur la résilience, les relations de couple, le bien-être psychologique.

  • Edition enrichie (introduction, notes)Ces six premiers livres sont le récit de formation du jeune Jean-Jacques, orphelin de mère et fils d'un modeste horloger genevois. Nous retrouvons ici les scènes fameuses que Rousseau a choisies pour nous donner à lire sa nature véritable : la fessée de Mlle Lambercier, le ruban volé, la rencontre avec Mme de Warens, mère et maîtresse tout ensemble... D'aveu en aveu, de découverte en découverte, l'écrivain se peint comme il se voit et comme il veut que nous le voyions. Dans Les Confessions, qui paraissent en 1782, quatre ans après la mort de leur auteur, un territoire tout personnel s'invente où, à l'écriture de l'aveu, viennent se mêler la fantaisie du romancier, le souvenir des vieux mémoires d'aristocrates, sans oublier le goût du siècle pour les romans-mémoires : « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple », écrit Rousseau, et ce qu'il inaugure en effet, c'est un genre littéraire nouveau, celui de l'autobiographie, dont le mot même n'apparaîtra que cinquante ans plus tard.Nouvelle édition 2012.Édition de François Raviez.

  • Partant de l'état de nature, Rousseau détaille l'enchaînement des circonstances qui conduisit le genre humain à s'éloigner de sa condition originelle pour aboutir à l'inégalité sociale. Il fait des rapports de dépendance l'origine des inégalités entre les hommes et mène une réflexion sur les fondements de la société humaine.
    Réponse à un sujet de l'Académie de Dijon, ce texte, publié en 1755, inspirait à Voltaire une « envie de marcher à quatre pattes »... et vaudra à son auteur une condamnation de l'Église.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, variantes, appendice, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Un jeune précepteur, Saint-Preux, tombe amoureux de son élève, mais leur passion est rapidement contrariée par le père de Julie, qui impose à sa fille d'épouser M. de Wolmar. D'abord désespéré au point de songer au suicide, Saint-Preux voyage, puis revient bien plus tard à Clarens, sur les bords du Léman, auprès de M. et Mme de Wolmar et de leurs enfants dont il devient le précepteur. Comme celui de Julie, son amour passé semble dominé - mais il va resurgir.
    Dès sa publication en 1761, La Nouvelle Héloïse rencontre un immense succès - et c'est une oeuvre inaugurale. Si bien des sujets abordés par les personnages donnent à ce roman épistolaire une tonalité philosophique, c'est également le récit d'un certain bonheur familial, d'une vie harmonieuse et tranquille dont Julie est le centre. Mais c'est surtout un grand roman d'amour où des êtres de papier vibrent comme s'ils étaient de chair, et où la passion sensuelle de Julie et de Saint-Preux s'avère dévastatrice : leur histoire est aussi celle de la fragilité des âmes fortes.
    Edition de Jean M. Goulemot.

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