• Armée de ses seuls concepts, la philosophie peut-elle saisir ce qu'il y a de charnel, de déraisonnable et d'ineffable dans chaque histoire d'amour ?
    Pour Ruwen Ogien, la réponse ne fait aucun doute : le philosophe ne doit pas abdiquer ses droits devant l'émotion, le sentiment, la passion.
    Son projet ? Ecrire un De l'amour rigoureux - quoique facétieux.
    Et traiter de cet obscur objet comme s'il s'agissait de n'importe quelle autre chose de la vie.
    D'où ce livre où, irrespectueux, « l'ami de la sagesse » s'interroge :
    L'amour est-il plus important que tout ? Peut-on aimer sans raison ? Ou sur commande ? L'amour se situe-t-il par-delà le bien et le mal ? Et, s'il ne dure pas, est-ce quand même un amour véritable ? A suivre...

  • Comment conjuguer la justice sociale et les libertés individuelles ? La pensée conservatrice et sa vision moraliste des urgences politiques triomphent désormais sans complexe dans tous les camps politiques et dans l'action de l'État, quelle que soit la couleur des gouvernements.
    Le problème principal de nos sociétés ne serait pas d'améliorer la condition économique des plus défavorisés, de mieux protéger les droits et les libertés de chacun, de réduire les inégalités de richesse et de pouvoir. Non.
    Ce qui préoccupe la pensée conservatrice, c'est l'effondrement d'un certain ordre moral fondé sur le goût de l'effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l'identification à la communauté nationale et la valorisation de la famille 'naturelle' et hétérosexuelle.
    Philosophe, Ruwen Ogien montre que nous avons des raisons philosophiques de résister à cette pensée et de lui préférer des idéaux politiques égalitaire et libertaire. Car ces idéaux sont plus en harmonie avec la conception de la liberté politique qui paraît la plus juste - ce qu'on appelle en philosophie la liberté négative.
    D'après elle, être libre n'est rien d'autre et rien de plus que le fait de ne pas être soumis à la volonté d'autrui.

  • Cet ouvrage montre que de nombreux arguments mis en avant par ceux qui voudraient justifier l'interdiction de la pornographie sont infondés ou qu'ils ne peuvent servir à justifier des décisions dans une démocratie laïque. Cet essai ne plaide pas, pour autant, pour une défense de la pornographie, mais se livre, au nom d'une "éthique minimale", à une critique des arguments les plus souvent utilisés dans les débats. Des documents complètent cette analyse (habituel dans cette collection).

  • « Faire durer le suspense comme Shéhérazade, en évitant de me mettre à dos les soignants, c'est le mieux que je puisse espérer, si j'ai bien compris la nature de ma maladie. »
    Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, pour l'oublier ou pour en faire autre chose qu'elle n'est. Ne dit-on pas souvent qu'elle serait un défi à relever, un test pour s'éprouver, une expérience qui, une fois dépassée, pourrait même nous enrichir ? Farouche adversaire d'un tel « dolorisme », Ruwen Ogien ne trouve aucune vertu à la souffrance : à ses yeux, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort, et la résilience n'est pas la panacée.
    Un livre fort, une pensée vive qui nous aide à comprendre le quotidien de la maladie, à prendre conscience qu'elle a bien des causes, mais certainement pas des raisons.

  • Trouverons-nous un jour qu'il est parfaitement juste et naturel de se faire payer pour porter le bébé d'une autre, pour se faire prélever un rein, ou en échange d'un service sexuel ? Dans la plupart des sociétés démocratiques modernes, on est libre de donner certaines parties ou certains produits de son corps - rein, lobe de foie, sang, sperme, ovocytes, etc. - mais pas de les vendre. On est libre de mettre ses capacités sexuelles ou procréatives à la disposition d'autrui gratuitement, mais beaucoup moins de le faire contre paiement. Pourquoi ? Le don est-il toujours un bien et l'échange contre de l'argent toujours un mal ? Contre ce préjugé, Ruwen Ogien plaide pour le pluralisme, c'est-à-dire pour la liberté de mettre son sexe et son corps à la disposition d'autrui gratuitement, mais aussi contre paiement, en dehors de toute répression légale et de toute réprobation morale. Une invitation brillante et décapante à repenser complètement l'opposition morale entre don du corps et commerce du corps, au-delà des clichés philosophiques ou religieux.

  • « Dans leur état présent, les lois de bioéthique et d'autres du même genre relatives ^ la procréation et ^ la fin de vie, n'ont rien de particulièrement permissif. Elles interdisent les mères porteuses, la sélection des embryons selon des critères de convenance, les recherches sur les cellules souches. Elles n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées trop "âgées" à bénéficier de l'assistance médicale à la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide active à mourir, même en cas de demande manifestement libre et éclairée d'un patient incurable en fin de vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège de praticiens spécialisés. Je voudrais donner des raisons d'aller dans une direction opposée, moins paternaliste, plus respectueuse des libertés individuelles. » R.O.

  • Contrôle plus strict des images ou des écrits à caractère " pornographique ", censure à tout va sous prétexte de protéger " la jeunesse ", les " sentiments des croyants " ou la " dignité humaine "... Désormais, faute de pouvoir s'attaquer directement aux pratiques sexuelles des individus, les nouveaux croisés de l'ordre sexuel s'en prennent à leurs représentations littéraires et artistiques. En partant de questions simples, Ruwen Ogien propose un ensemble d'arguments en faveur de la liberté d'offenser : Pourquoi n'est-on pas libre de voir ce qu'on est libre de faire ? Et pourquoi donc exiger des oeuvres sexuellement explicites des qualités artistiques qu'on ne demande pas aux oeuvres d'autres genres ? Le mauvais goût est-il un crime ? À qui profite vraiment la critique des morales du consentement ? Un manifeste brillant et subversif, pour la liberté d'expression et de création, et contre la panique morale.

  • Les ministres de l'éducation se succèdent, l'idée demeure : il serait urgent d'introduire à l'école un enseignement de morale. Non parce qu'il faudrait former, comme on en défendit longtemps l'idée, de bons patriotes prêts à tout pour sacrifier à la nation, mais parce qu'il faudrait contenir, discipliner, vaincre un ennemi intérieur, une classe dangereuse qui ne partagerait pas les « valeurs de la République ».
    Qui sont ces réfractaires ? Pourquoi vouloir leur enseigner la morale ? Et d'abord quelle morale ? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit « laïque » ?
    Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice : substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflits de valeurs.
    Ouvrage de philosophie, ouvrage d'intervention. Capital pour aborder, sans préjugés ni précipitation, cette grande question de la morale à l'école.

  • « C'est en compagnie de Montaigne et de son merveilleux essai sur les « Cannibales » que j'ai choisi d'écrire ce Journal philosophique - car c'est chez lui que j'ai trouvé un point d'appui très fiable pour mon éthique minimale. Au fil des semaines et des ans, j'ai ainsi esquissé un ensemble de réflexions sur les multiples significations du relativisme moral. Et j'y ai ajouté, entre autres, quelques considérations sur la prétendue « guerre des civilisations » ou sur la difficulté de transmettre les « valeurs de la République » dans une école infidèle à sa vocation.
    On y trouvera également, des observations irrespectueuses sur la tendance, chaque jour plus vive, à poser des limites à la liberté de création et sur la persistance des politiques autoritaires dans les affaires de sexe, de filiation et de procréation...
    Au fond, ce que j'ai voulu montrer dans ce Journal écrit au fil de l'actualité, c'est qu'il est possible de penser notre monde en évitant les deux maux qui frappent tant de bons esprits d'aujourd'hui : l'optimisme béat et le catastrophisme dépressif. »R. O.

  • Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage  qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n'a envie d'utiliser, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.
    Vous y lirez des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres expériences prouvant qu'il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant.
    Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : "ma vie est digne d'être vécue, mais j'aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d'un poulet d'élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
    Cependant, le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("Dignité", "vertu", "Devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).
    C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.

  • Aux questions morales traditionnelles - peut-on agir mal tout en jugeant sainement ? la faiblesse de la volonté est-elle possible ? - certains philosophes ont proposé de substituer une question non morale : à quelles conditions un agent rationnel peut-il choisir la ligne d'action dont l'utilité est la plus faible, c'est-à-dire choisir le pire, alors que le meilleur est accessible ? Mais une telle chose est-elle seulement possible ? C'est à cette question élémentaire, dépouillée de tous préjugés moraux, que devrait se réduire, d'après ces philosophes, la discussion si confuse du paradoxe socratique et de l'argument dit de la faiblesse de la volonté. Un peu de psychologie devrait suffire à clarifier ces discussions. Mais l'on aperçoit vite qu'en passant progressivement à la psychologie, on emporte avec soi toutes les difficultés dont on rêvait de se débarrasser. De tous les essais de réduire les questions de philosophie morale il des questions de philosophie de l'esprit ou de l'action, d'abord, de psychologie, ensuite, une petite leçon s'est dégagée que le présent ouvrage tente d'exposer : celui qui veut déterminer les limites psychologiques de la philosophie morale finit souvent par rencontrer les limites morales de la psychologie. Il n'est peut-être pas inutile de le rappeler, au moment où s'exprime de façon très insistante (dans la philosophie analytique en particulier) l'ambition de remettre au goût du jour un projet naturaliste ancien : subordonner la philosophie morale il la philosophie de l'esprit ou de l'action, pour préparer son intégration dans la psychologie

  • Une société démocratique et pluraliste a-t-elle, sur les questions éthiques les plus fondamentales, les débats qu'elle mérite ? Avons-nous vraiment des discussions ouvertes, raisonnées et raisonnables sur le clonage, les revendications des couples homosexuels qui souhaitent se marier et adopter des enfants, la liberté de se prostituer ou de diffuser des oeuvres dites « obscènes » ou « pornographiques », etc. ?
    Dans ces domaines, la tendance générale n'est malheureusement pas au débat lucide. L'heure est plutôt aux condamnations incohérentes et aux prédictions infondées : « Crimes contre l'espèce humaine », « déshumanisation de la sexualité », « Perte des repères et des valeurs », « Destruction des bases de la société », « Atteinte à la dignité humaine », « Mise en péril de la jeunesse » et ainsi de suite...
    Et si toutes ces déclarations pompeuses, ces prophéties catastrophistes, n'étaient finalement que l'expression d'une panique morale assez générale, qui atteint aussi les philosophes et les politiques, incapables, semble-t-il, de penser l'éthique sans le secours des béquilles de la religion, de la métaphysique et des conceptions traditionnelles du Bien ?


  • Que dois-je faire ? Qu'aurais-je dû faire ? N'aurais-je pas mieux fait d'agir autrement ?
    Lorsque nous agissons, que nous délibérons sur nos actions, que nous prenons des décisions, nous sommes en quête de justifications, nous cherchons à montrer que notre action était la meilleure chose à faire, sinon la moins mauvaise. Nous nous référons ainsi, plus ou moins explicitement, à des normes et à des valeurs communes.
    En partant de la multiplicité des termes employés pour désigner notre expérience morale (éthique, morale, déontologie), cet ouvrage expose les principales théories de la philosophie morale et les grandes questions qui la traversent. Il nous invite à analyser la nature des règles suivies par chacun en société. Il nous propose, enfin, des exemples d'éthique appliquée à des domaines concrets comme la vie professionnelle, le soin médical ou l'activité des entreprises. À lire également en Que sais-je ?...
    L'éthique médicale et la bioéthique, Didier Sicard

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