• Comment conjuguer la justice sociale et les libertés individuelles ? La pensée conservatrice et sa vision moraliste des urgences politiques triomphent désormais sans complexe dans tous les camps politiques et dans l'action de l'État, quelle que soit la couleur des gouvernements.
    Le problème principal de nos sociétés ne serait pas d'améliorer la condition économique des plus défavorisés, de mieux protéger les droits et les libertés de chacun, de réduire les inégalités de richesse et de pouvoir. Non.
    Ce qui préoccupe la pensée conservatrice, c'est l'effondrement d'un certain ordre moral fondé sur le goût de l'effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l'identification à la communauté nationale et la valorisation de la famille 'naturelle' et hétérosexuelle.
    Philosophe, Ruwen Ogien montre que nous avons des raisons philosophiques de résister à cette pensée et de lui préférer des idéaux politiques égalitaire et libertaire. Car ces idéaux sont plus en harmonie avec la conception de la liberté politique qui paraît la plus juste - ce qu'on appelle en philosophie la liberté négative.
    D'après elle, être libre n'est rien d'autre et rien de plus que le fait de ne pas être soumis à la volonté d'autrui.

  • « Faire durer le suspense comme Shéhérazade, en évitant de me mettre à dos les soignants, c'est le mieux que je puisse espérer, si j'ai bien compris la nature de ma maladie. » Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, pour l'oublier ou pour en faire autre chose qu'elle n'est. Ne dit-on pas souvent qu'elle serait un défi à relever, un test pour s'éprouver, une expérience qui, une fois dépassée, pourrait même nous enrichir ? Farouche adversaire d'un tel « dolorisme », Ruwen Ogien ne trouve aucune vertu à la souffrance : à ses yeux, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort, et la résilience n'est pas la panacée. Un livre fort, une pensée vive qui nous aide à comprendre le quotidien de la maladie, à prendre conscience qu'elle a bien des causes, mais certainement pas des raisons.

  • Dans la plupart des sociétés démocratiques modernes, on considère que la sexualité est une fonction du corps humain qu'on peut mettre à la disposition d'autrui sans problème si on le fait librement et gratuitement. Mais si c'est pour de l'argent, on s'expose à la réprobation morale et à la répression de l'État, sous certaines conditions prévues par la loi. Ce qui pose un problème politique ou moral dans nos sociétés, ce n'est donc pas de donner du sexe mais de le vendre. Pourquoi ?
    En réalité, le problème est plus général. Il ne concerne pas seulement le sexe, mais tout le corps humain, qui serait protégé par un principe de non commercialisation ou de non marchandisation, dont la valeur serait à la fois légale et morale. Ainsi, en France, la légalisation de la gestation pour autrui est envisagée mais à titre gratuit exclusivement. Les dons de rein, de sang, de sperme sont permis, mais leur vente, interdite. Une fois toutes sortes de raisons mineures écartées, c'est sur le même principe que repose finalement la disqualification morale de la prostitution et, plus généralement, de tout échange de sexe contre de l'argent. Mais qu'est-ce qui justifie ce principe de non commercialisation des éléments et des fonctions du corps humain ? Sur quoi l'opposition morale radicale entre le don et la vente estelle fondée ? Avec brio, clarté, humour, et force exemples à l'appui, l'auteur remet en question le principe kantien de « dignité humaine », en examinant parallèlement le débat autour des mères porteuses et du don d'organes, et celui qui continue de diviser profondément partisans et adversaires de la liberté de se prostituer. Un essai décapant, accessible aux spécialistes comme aux novices en philosophie morale.

  • Contrôle plus strict des images ou des écrits à caractère " pornographique ", censure à tout va sous prétexte de protéger " la jeunesse ", les " sentiments des croyants " ou la " dignité humaine ".
    Désormais, faute de pouvoir s'attaquer directement aux pratiques sexuelles des individus, les nouveaux croisés de l'ordre sexuel s'en prennent à leurs représentations littéraires et artistiques. en partant de questions simples, ruwen ogien propose un ensemble d'arguments en faveur de la liberté d'offenser : pourquoi n'est-on pas libre de voir ce qu'on est libre de faire ? et pourquoi donc exiger des oeuvres sexuellement explicites des qualités artistiques qu'on ne demande pas aux oeuvres d'autres genres ? le mauvais goût est-il un crime ? a qui profite vraiment la critique des morales du consentement ? un manifeste brillant et subversif, pour la liberté d'expression et de création, et contre la panique morale.

  • A quelles conditions un agent rationnel peut-il choisir la ligne d'action dont l'utilité est la plus faible, c'est-à-dire choisir le pire alors que le meilleur est accessible? Déterminer les limites psychologiques de la philosophie morale peut aussi conduire à rencontrer les limites morales de la psychologie.

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