Sciences humaines & sociales

  • Philosopher ou faire l'amour

    Ruwen Ogien

    • Grasset
    • 17 Septembre 2014

    Armée de ses seuls concepts, la philosophie peut-elle saisir ce qu´il y a de charnel, de déraisonnable et d´ineffable dans chaque histoire d´amour ?
    Pour Ruwen Ogien, la réponse ne fait aucun doute : le philosophe ne doit pas abdiquer ses droits devant l´émotion, le sentiment, la passion.
    Son projet ? Ecrire un De l´amour rigoureux - quoique facétieux.
    Et traiter de cet obscur objet comme s´il s´agissait de n´importe quelle autre chose de la vie.
    D´où ce livre où, irrespectueux, « l´ami de la sagesse » s´interroge :
    L´amour est-il plus important que tout ? Peut-on aimer sans raison ? Ou sur commande ? L´amour se situe-t-il par-delà le bien et le mal ? Et, s´il ne dure pas, est-ce quand même un amour véritable ? A suivre...

  • Comment conjuguer la justice sociale et les libertés individuelles ? La pensée conservatrice et sa vision moraliste des urgences politiques triomphent désormais sans complexe dans tous les camps politiques et dans l'action de l'État, quelle que soit la couleur des gouvernements.
    Le problème principal de nos sociétés ne serait pas d'améliorer la condition économique des plus défavorisés, de mieux protéger les droits et les libertés de chacun, de réduire les inégalités de richesse et de pouvoir. Non.
    Ce qui préoccupe la pensée conservatrice, c'est l'effondrement d'un certain ordre moral fondé sur le goût de l'effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l'identification à la communauté nationale et la valorisation de la famille 'naturelle' et hétérosexuelle.
    Philosophe, Ruwen Ogien montre que nous avons des raisons philosophiques de résister à cette pensée et de lui préférer des idéaux politiques égalitaire et libertaire. Car ces idéaux sont plus en harmonie avec la conception de la liberté politique qui paraît la plus juste - ce qu'on appelle en philosophie la liberté négative.
    D'après elle, être libre n'est rien d'autre et rien de plus que le fait de ne pas être soumis à la volonté d'autrui.

  • Cet ouvrage montre que de nombreux arguments mis en avant par ceux qui voudraient justifier l'interdiction de la pornographie sont infondés ou qu'ils ne peuvent servir à justifier des décisions dans une démocratie laïque. Cet essai ne plaide pas, pour autant, pour une défense de la pornographie, mais se livre, au nom d'une "éthique minimale", à une critique des arguments les plus souvent utilisés dans les débats. Des documents complètent cette analyse (habituel dans cette collection).

  • « Dans leur état présent, les lois de bioéthique et d'autres du même genre relatives à la procréation et à la fin de vie, n'ont rien de particulièrement permissif. Elles interdisent les mères porteuses, la sélection des embryons selon des critères de convenance, les recherches sur les cellules souches. Elles n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées trop "âgées" à bénéficier de l'assistance médicale à la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide active à mourir, même en cas de demande manifestement libre et éclairée d'un patient incurable en fin de vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège de praticiens spécialisés. Je voudrais donner des raisons d'aller dans une direction opposée, moins paternaliste, plus respectueuse des libertés individuelles. » R.O.

  • Les ministres de l'éducation se succèdent, l'idée demeure : il serait urgent d'introduire à l'école un enseignement de morale. Non parce qu'il faudrait former, comme on en défendit longtemps l'idée, de bons patriotes prêts à tout pour sacrifier à la nation, mais parce qu'il faudrait contenir, discipliner, vaincre un ennemi intérieur, une classe dangereuse qui ne partagerait pas les « valeurs de la République ».
    Qui sont ces réfractaires ? Pourquoi vouloir leur enseigner la morale ? Et d'abord quelle morale ? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit « laïque » ?
    Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice : substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflits de valeurs.
    Ouvrage de philosophie, ouvrage d'intervention. Capital pour aborder, sans préjugés ni précipitation, cette grande question de la morale à l'école.

  • « C'est en compagnie de Montaigne et de son merveilleux essai sur les « Cannibales » que j'ai choisi d'écrire ce Journal philosophique - car c'est chez lui que j'ai trouvé un point d'appui très fiable pour mon éthique minimale. Au fil des semaines et des ans, j'ai ainsi esquissé un ensemble de réflexions sur les multiples significations du relativisme moral. Et j'y ai ajouté, entre autres, quelques considérations sur la prétendue « guerre des civilisations » ou sur la difficulté de transmettre les « valeurs de la République » dans une école infidèle à sa vocation. On y trouvera également, des observations irrespectueuses sur la tendance, chaque jour plus vive, à poser des limites à la liberté de création et sur la persistance des politiques autoritaires dans les affaires de sexe, de filiation et de procréation... Au fond, ce que j'ai voulu montrer dans ce Journal écrit au fil de l'actualité, c'est qu'il est possible de penser notre monde en évitant les deux maux qui frappent tant de bons esprits d'aujourd'hui : l'optimisme béat et le catastrophisme dépressif. »R. O.

  • Dans la plupart des sociétés démocratiques modernes, on considère que la sexualité est une fonction du corps humain qu'on peut mettre à la disposition d'autrui sans problème si on le fait librement et gratuitement. Mais si c'est pour de l'argent, on s'expose à la réprobation morale et à la répression de l'État, sous certaines conditions prévues par la loi. Ce qui pose un problème politique ou moral dans nos sociétés, ce n'est donc pas de donner du sexe mais de le vendre. Pourquoi ?
    En réalité, le problème est plus général. Il ne concerne pas seulement le sexe, mais tout le corps humain, qui serait protégé par un principe de non commercialisation ou de non marchandisation, dont la valeur serait à la fois légale et morale. Ainsi, en France, la légalisation de la gestation pour autrui est envisagée mais à titre gratuit exclusivement. Les dons de rein, de sang, de sperme sont permis, mais leur vente, interdite. Une fois toutes sortes de raisons mineures écartées, c'est sur le même principe que repose finalement la disqualification morale de la prostitution et, plus généralement, de tout échange de sexe contre de l'argent. Mais qu'est-ce qui justifie ce principe de non commercialisation des éléments et des fonctions du corps humain ? Sur quoi l'opposition morale radicale entre le don et la vente estelle fondée ? Avec brio, clarté, humour, et force exemples à l'appui, l'auteur remet en question le principe kantien de « dignité humaine », en examinant parallèlement le débat autour des mères porteuses et du don d'organes, et celui qui continue de diviser profondément partisans et adversaires de la liberté de se prostituer. Un essai décapant, accessible aux spécialistes comme aux novices en philosophie morale.

  • A quelles conditions un agent rationnel peut-il choisir la ligne d'action dont l'utilité est la plus faible, c'est-à-dire choisir le pire alors que le meilleur est accessible? Déterminer les limites psychologiques de la philosophie morale peut aussi conduire à rencontrer les limites morales de la psychologie.

  • Que dois-je faire ? Qu'aurais-je dû faire ? N'aurais-je pas mieux fait d'agir autrement ? Lorsque nous agissons, que nous délibérons sur nos actions, que nous prenons des décisions, nous sommes en quête de justifications, nous cherchons à montrer que notre action était la meilleure chose à faire, sinon la moins mauvaise. Nous nous référons ainsi, plus ou moins explicitement, à des normes et à des valeurs communes. En partant de la multiplicité des termes employés pour désigner notre expérience morale (éthique, morale, déontologie), cet ouvrage expose les principales théories de la philosophie morale et les grandes questions qui la traversent. Il nous invite à analyser la nature des règles suivies par chacun en société. Il nous propose, enfin, des exemples d'éthique appliquée à des domaines concrets comme la vie professionnelle, le soin médical ou l'activité des entreprises. À lire également en Que sais-je ?... L'éthique médicale et la bioéthique, Didier Sicard

empty