P.O.L

  • "Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire.
    Ce roman raconte l'histoire de ce silence - qui est devenu le mien."

  • "Pourquoi les mains volubiles d'Alvaro "El Sopa" Aguirre étaient-elles plus expertes que les miennes ? Pourquoi Gonzalo "Fon" Fonseca aimait-il l'effroyable laideur de Gabriela "Viejos Días" Arnesto ? Pourquoi la langue de Sandra "Narigona" Cladera, langue soyeuse, tempérée, n'a-t-elle pas contaminé celle de la jeune carpe que j'étais ? Pourquoi la mère de Margarita, gardienne et négociante de sa croupe avertie, connaissait-elle mon surnom ? Mais pourquoi diable la pulpe de nos dires demeure-t-elle toujours étrangère aux fruits de notre désir ?"

  • "Après le second exil, lorsque j'embrassais une fille, j'avais souvent l'impression que ma bouche abritait trois langues. Était-ce seulement parce que, égaré dans ce pays inhospitalier dont les habitants partout dans le monde sont célèbres pour leur hippophagie et pour leur mauvaise odeur, le français était pour moi un nouveau langage ? Abasourdi par mille et un changements, je ne savais que faire de cet excès de paroles possibles qui ne franchissaient jamais l'enclos de mes dents. J'allais donc ainsi, enlaçant les mots, rendant purs les sons, et propageant mon silence. Car l'exil a ceci de remarquable qu'en nous rendant bilingues, il crée la possibilité de se taire dans une nouvelle langue."

  • 1978

    Santiago H. Amigorena

    "Comme il n'y avait pas beaucoup d'étrangers, c'était sans doute normal de le regarder comme un animal bizarre. En plus, de tous les étrangers du lycée, c'était lui qui affichait le plus son étrangeté. Il mangeait des trucs bizarres, buvait des trucs bizarres, fumait des trucs bizarres. Et pendant tout l'hiver, il est venu en cours couvert d'un poncho."

  • "Peut-on aimer deux personnes à la fois ? La question est si simple et la réponse inévitablement si compliquée. Surtout lorsqu'elle n'est pas formulée par celui qui a doublement aimé mais par l'un de ceux qui devaient se contenter de la moitié d'un amour. Les quelques jours de ce voyage en Italie racontent ce qu'a vécu un homme qui n'était plus aimé qu'à moitié."

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