• Depuis l'aube de l'intelligence humaine ne faisons-nous pas que délirer... poétiquement, dites-vous, pourquoi pas ?
    Serge Rezvani

    Serge Rezvani est poète, romancier, dramaturge, peintre, compositeur de chansons, on lui doit, entre autres, parmi une centaine de chansons « Tourbillon », chanson du film « Jules et Jim » de François Truffaut et « J'ai la mémoire qui flanche », toutes deux interprétées par Jeanne Moreau. Serge Rezvani est l'auteur d'une oeuvre littéraire considérable, comprenant notamment Le Testament amoureux (Stock, 1981), La Cité Potemkine (Actes Sud, 2000) et Le Dresseur (Le Cherche Midi, 2009).

  • Sache que je meurs sans plus de foi qu'un tout petit enfant qui virendrait de naître.

  • Comme j'ai aimé parler votre langue si raffinée au milieu de ce chaos quelle plus belle langue que votre langue française! J'en aime les possibilités d'humour. Rien que le mot « Noirs » qualifiant ces « Monts », n'est-il pas savoureux que par l'inversion de ses lettres il nous dise: « Rions »?
    Serge Rezvani est poète, romancier, dramaturge, peintre et compositeur. On lui doit entre autres de nombreux romans et essais dont : Les Années Lumière (1967), Les Années Lula (1968), Le Testament Amoureux (1981), L'Origine du Monde (2000), L'Éclipse (2003), La Traversée des Monts Noirs (2011), Ultime Amour (2011) et Vers les Confins (2014), ces trois derniers publiés aux Belles Lettres. Il est aussi l'auteur de nombreuses chansons liées à la Nouvelle Vague, parmi lesquelles « Le Tourbillon » du film de F. Truffaut, Jules et Jim, « J'ai la mémoire qui flanche », ou encore celles du film Pierrot le Fou de J.-L. Godard.

  • La mémoire est faite d'oubli qu'un rien réanime, se dit l'auteur du Corps d'Hélène, alors qu'il craint de voir sa mémoire décliner, puisqu'il est sur le point d'atteindre l'âge de 88 ans.

    Par le hasard de deux chansons qu'il compose « sans raison », s'impose à lui son premier amour d'enfance.

    Un nom de femme est remonté de l'oubli : Hélène Navachine. Curieux de savoir si elle est encore en vie, il cherche sa trace sur internet, et découvre qu'un auteur contemporain (nommons-le X) a utilisé ce nom, accessoirement, dans un de ses romans.

    Il entre en contact avec lui, lequel l'invite à lui en dire davantage sur cette inconnue, dans le but, précise-t-il : « d'enquêter ensemble » à son sujet.

    En toute confiance, par une lettre assez détaillée, le vieil homme lui livre alors le « synopsis » de l'histoire d'amour peu banale - et qui remonterait aux années 45-50 - dont fut marquée son adolescence. Brusque et inexplicable silence de X. Comme cet auteur s'est fait la réputation d'alimenter son écriture par des « histoires » ayant eu lieu à l'époque où lui-même n'existait pas encore, le vieil homme se décide aussitôt d'écrire lui-même l'histoire de son premier amour. Récit auquel il se laisse prendre, revivant avec un certain amusement - qui le « remet en jeunesse » - les émotions de ses 17 ans.

  • Le point final à ma longue exploration de la première personne du singulier.
    Serge Rezvani est poète, romancier, dramaturge, peintre et compositeur. On lui doit entre autres de nombreux romans et essais dont : Les Années Lumière (1967), Les Années Lula (1968), Le Testament Amoureux (1981), L'Origine du Monde (2000), L'Éclipse (2003), La Traversée des Monts Noirs (2011), Ultime Amour (2011) et Vers les Confins (2014), ces trois derniers publiés aux Belles Lettres. Il est aussi l'auteur de nombreuses chansons liées à la Nouvelle Vague, parmi lesquelles « Le Tourbillon » du film de F. Truffaut, Jules et Jim, « J'ai la mémoire qui flanche », ou encore celles du film Pierrot le Fou de J.-L. Godard.

  • Le tourbillon de la vie

    Serge Rezvani

    • Ecriture
    • 1 Décembre 2015

    Artiste touche-à-tout, Serge Rezvani, toujours là où on ne l'attend pas, n'a cessé de surprendre. Peintre, pêcheur en apnée, compositeur de chansons, romancier... : ses casquettes sont multiples. Pourtant, Rezvani demeure un mystère. Au-delà de ses romans autofictionnels, a-t-il vraiment livré son testament " tourbillonnaire " ?Il raconte ici son enfance apatride, ballottée, chahutée, sa jeunesse bohème, ses premiers émois pour la peinture abstraite, et déjà ses rêves de Méditerranée. Sa passion pour Danièle-" Lula ", à qui il dédiera sa vie et plusieurs de ses oeuvres. Ses rencontres avec Othon Friesz, Paul Eluard, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jeanne Moreau (pour qui il composera " Le Tourbillon de la vie ", chanson culte du film Jules et Jim, et " J'ai la mémoire qui flanche "). Sa vocation nouvelle pour l'écriture, à partir des années 60, les quelque cinquante livres qu'il a publiés...Mais ce sont les drames, aussi, qui ont composé sa vie : la maladie de Lula, atteinte d'Alzheimer, les derniers jours avec elle, jusqu'à sa disparition, dont il demeure inconsolable.Pourtant, Serge persévère, plus déterminé à vivre que jamais, prêt à revivre, à survivre. Et toujours, à nous surprendre, là où on ne l'attend pas.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Si j'ai donné comme titre : "Chansons silencieuses" à cette édition des textes de mes chansons c'est pour bien souligner qu'elles ont été écrites mot à note, pétries en quelque sorte avec leur musique, et que d'en publier les textes seuls c'est leur enlever un peu de leur insouciance rieuse.
    La plupart de ces chansons ont été composées dans les années 55-65. Elles sont le fruit de ma paresse, de mon manque d'obstination à apprendre, de ma maladresse invraisemblable à jouer de la guitare. Renâclant à étudier j'ai inventé."

  • Capitaine Schelle, Capitaine Eçço pourrait être l'histoire merveilleuse d'une famille de milliardaires fabuleux qui s'abandonne aux délices d'une croisière idyllique sur un yacht magnifique. Mais comme ce beau bateau tient aussi du pétrolier - ses soutes sont pleines de « pétroles bruts » gardés par des Rangers - ses passagers, les capitaines Schelle, Eçço et Elfe, leurs épouses et maîtresses, et leur mère à tous. Démocratia Totale Totale, victimes de la verve d'un poète à l'imagination débridée et succombant à la révolte des « pétroles bruts ». apparaissent comme les tenants dérisoires d'un monde en décrépitude.

  • Ces Repentirs du peintre viennent aujourd'hui s'ajouter à la suite de mes écrits autobiographiques tels : Le Testament amoureux, Les Variations sur les jours et les nuits, J'avais un ami, L'anti-portrait ovale et dans une certaine mesure Phénix. Cycle que je développe parallèlement à mon travail théâtral et romanesque. Bien que m'étant fortifié du conseil de Pline : « Nulla dies sine linea », ces pages ne sont pas exactement un Journal ; elles rendent compte d'une « crise » non pas au jour le jour mais par la mise en forme d'états successifs qui m'ont conduit, après quelque vingt ans d'écriture, à reprendre (en repentir) dix-sept grands tableaux qui gisaient à l'écart dans mon atelier. Sorte de palingénésie à la fois tragique et comique dont résultent ces pages ; la peinture devenant sujet d'écriture et l'écriture épaississant en quelque sorte le travail du peintre. Va- et-vient d'un moyen à un autre pour en dépasser les limites. A force de me situer à côté et de la peinture et de l'écriture, prétendant à la transversalité, j'en suis venu à croire, comme le tireur à l'arc aux yeux fermés, que la pensée est à la fois flèche et but, et qu'il est donc inutile et distrayant de se préoccuper de quelle nature sont et la flèche et le but, car seul d'arquer son arc sans décocher la flèche suffit.

  • À partir du moment où des insectes avaient surgi de la terre, nul ne pouvait fuir l'obligation de meurtre. D'été en été ces insectes, qui étaient sortis du sol en si grand nombre, avec leurs tarières et leurs plaques couleur d'ambre, avaient rendu les habitants de cette partie reculée du pays, plus acharnés à les exterminer, plus méchants, plus en obligation de meurtre. Ceux d'ici les avaient nommés Ambre comme, en des temps oubliés, fut nommée Absinthe la boule de feu ardent dont Père parlait à Soeur, à Mère et à Riky, alors que pressentant sans doute ce qui allait s'accomplir il les menaçait par le Ciel. Parmi les romans de Rezvani qui ont connu un grand succès, on peut citer : Les années lumière (Robert Laffont, 1967). Avec Le 8e fléau qu'il publie chez Julliard, Rezvani nous donne une de ses oeuvres maîtresses.

  • Le canard du doute est fait d'autant de chapitres que d'histoires qui se croisent, coïncident ou ne se touchent parfois que par un détail. Les mêmes thèmes les traversent : essentiellement, celui de l'adolescence abandonnée et de la faillite des adultes. Le monde des adultes est peuplé de vieux Schiller qui ont renoncé et qui s'interrogent : qu'avons-nous fait de nos enfants, sont-ils nés brouillés avec nous ? D'un côté les victimes, de l'autre les tyrans. Ceux qui, pour se sauver, fuient dans une errance suicidaire et que l'on retrouve sur la route et dans les parkings, à travers presque tout ce récit : tels Max et Homard, père floué et fils arraché à la ville, mais qui ne se rejoindront jamais. [...] D'un côté, un monde populaire de vaincus, de l'autre, des géants de marbre, hommes du Nord maniant les faucons de leurs chasses et la caméra avec la même cruauté. Sur Habrok pèse le doute de meurtres d'enfants qui font de lui un nouveau Gilles de Rais. Complice de ses crimes, Nir, le frère d'Ursula, dont elle ne sait auquel des deux elle doit l'enfant qu'elle porte, et dont elle redoute qu'il soit l'héritier de ces hommes trop blonds, trop grands, trop forts, qu'elle aussi cherche à fuir. Témoin pervers et avide la Deschemaeker, ancienne cantatrice castratrice, elle aussi, de son fils. Entre ces deux extrêmes, d'autres personnages essayent de vivre par l'amour, comme Hermann et Gisèle qu'un moment de coïncidence sexuelle ne suffira pas à réunir, ou Saadi et Lucia qui, eux, avec une intuition égoïste et farouche, rejetteront toute entrave pour sauvegarder leur passion. Hermann, l'intrus tantôt caché derrière une vitre ou déchiffrant notes et manuscrits, cherchera à percer leur secret - confondant amour et création. [...] Tel serait le sens de ce Nocturne, premier chapitre d'où rayonnent tous les autres et d'où se détache essentiellement la trajectoire de celui qui dérange tous les destins, le héros véritable de ce livre, Homard le fou anormal.

empty