Presses Universitaires de France

  • Les penseurs prennent la pose mais souvent teintée de mélancolie qui donne une profondeur à toute méditation. Le plaisir de pensée est, quant à lui, un plaisir de théoricien avec son érotisme propre, se raccrochant aux infinies questions de l'enfance et à la fantasmatisation qui accompagne toute spéculation intellectuelle.

  • Pouvoir donner la mort implique de ne plus voir dans la victime un autre soi-même mais seulement un objet à supprimer pour servir des visées personnelles ou idéologiques. Or, si le criminel à l'échelle individuelle ou groupale peut prétendre ignorer l'énigme de son acte qui le dissocie de la solidarité humaine, c'est alors la société qui s'y trouve confrontée. Dans une absolue perplexité telle que la reflètent les médias, elle ne sait que multiplier les termes propres à la rejeter : « barbarie collective », « folie individuelle », autant de manières de répéter à l'infini la question sans se donner les moyens de répondre sur ce qui s'est effectivement passé et peut pourtant refaire surface à tout moment, en tous lieux et à toute époque. La psychanalyse apporte des éléments de compréhension sur la paralysie de la pensée liée à l'homicide, en vue de contribuer à le réintégrer dans une dimension qui permette de l'entendre, de le prévenir et de tenter de le soigner.

  • Qu'estce que la sublimation ?
    En quoi permetelle une satisfaction infinie qui ne s'abîme pas dans la jouissance et s'oppose à l'envahissement brutal de la pulsion de mort ?
    L'idée freudienne d'une sublimation « aux dépens » du sexuel doitelle être remise en question?
    Pour quelles raisons la sublimation occupetelle en psychanalyse une place si importante ?
    Notion psychanalytique indispensable pour comprendre l'articulation entre la vie pulsionnelle et les champs culturel et sociopolitique, la sublimation permet de penser les sentiments de tendresse et d'amitié, les interactions sociales et professionnelles, le souffle artistique ou littéraire, les réalisations techniques, scientifiques ou sportives... Construite par Freud et reprise tout au long du XXe siècle par de nombreux auteurs, elle demeure néanmoins insatisfaisante dans sa définition métapsychologique et fait aujourd'hui l'objet de thèses et de réflexions nouvelles que ce traité se propose de mettre en lumière.

  • La sublimation est donnée comme un « destin de la pulsion ». L'objet de cet ouvrage est de montrer qu'il s'agit aussi d'un « choix » du sujet ; le propos de l'auteur est de sortir la notion de sublimation d'une double impasse où elle se trouve trop souvent reléguée, soit comme concept abstrait et obscur de la métapsychologie, soit comme synonyme un peu rapide de la capacité de créer, voire de l'oeuvre elle-même - quand ce n'est pas du génie qui en est l'origine.
    Sublimer n'est pas que le fait de Mozart, de Léonard de Vinci ou de Freud et quelques autres, c'est l'une des directions vers lesquelles s'orientent nos choix pulsionnels au quotidien lorsqu'ils rencontrent un obstacle qui les empêche d'aller vers la réalisation la plus directe. Ce livre se donne pour objet de repartir du texte freudien pour dégager une théorie de la sublimation dépassant l'habituelle définition en termes de désexualisation du but et de valorisation de l'objet. Joie intense de la certitude et sensation d'un guide intérieur, le daimon qui préside à nos choix n'est-il pas aussi celui qui nous permet de rencontrer le plaisir dans nos activités sublimées ?

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