• Né allemand en 1917, Stéphane Hessel choisit de Gaulle et la Résistance ; il sera déporté, participera à de grands moments de la vie internationale et deviendra ambassadeur de France. Derrière ce parcours exceptionnel se cache un personnage original, qui professe le goût du risque et le respect d'autrui. De l'ONU à Saigon en passant par Alger ou New York, il revient sur sa vie d'homme engagé. Indigné.

    Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Normalien, résistant, déporté, diplomate, il fut un proche collaborateur de Pierre Mendès France et Michel Rocard. En 2010, il est revenu sur les motivations de son engagement dans Indignez-vous !.

    « Sa vie est un roman. »
    Le Monde des livres

    /> Préface inédite de l'auteur

  •      Etre partout sans être enfermé nulle part, telle pourrait être la devise de Stéphane Hessel. Homme d'engagement et de culture, ce grand résistant devenu ambassadeur de France est avant tout un citoyen du monde.
         Entré dans la carrière diplomatique après la Seconde Guerre mondiale, il fut un des pionniers de l'ONU et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont on célèbre en 2008 le 60e anniversaire.
         Né à Berlin en 1917, fils de l'écrivain Franz Hessel et de Helen Grund - le couple anticonformiste immortalisé par le film Jules et Jim -, il a été de tous les combats du xxe siècle : le Front populaire, la France libre, la décolonisation, le tiers-mondisme, le mendésisme, avec pour boussole un humanisme exigeant et une conscience européenne chevillée au corps.
         A quatre-vingt-dix ans, Stéphane Hessel reste un militant prompt à se mobiliser pour défendre la cause des sans-papiers, celle des peuples de Palestine et de Birmanie, ou pour lancer, aux côtés de Michel Rocard et d'Edgar Morin, un « Collegium international » visant à définir une nouvelle éthique universelle de civilisation.
         La destinée de ce juste est aussi l'une des plus romanesques qui soient.
         Jean-Michel Helvig est journaliste. Il a travaillé pendant vingt-cinq ans à Libération où il a été chef du service politique, directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste.

  • Après le succès de Danse avec le siècle, dans lequel il racontait son itinéraire hors du commun, Stéphane Hessel aborde les thèmes qui lui sont chers et qui ont été au cœur de sa vie professionnelle comme de ses engagements constants. Face aux dérives de l'économie mondiale, aux inégalités et aux injustices qu'elles engendrent, que peuvent proposer ceux qui, comme lui, veulent réfléchir concrètement à de nouvelles solidarités ? Récit personnel de rencontres et de moments forts vécus en quelques mois par l'auteur, le livre donne aussi la parole à dix spécialistes du développement qui, dans un dialogue fructueux, apportent une contribution essentielle aux défis du nouveau siècle.

  • Stéphane Hessel, 94 ans, a dit Indignez-vous ! et Engagez-vous ! Ses appels ont touché près de deux millions de Français et été traduits partout en Europe. Edgar Morin, 90 ans, a indiqué La Voie (70 000 ex.) pour exposer en tous domaines de la vie sociale et politique la meilleure façon, selon lui, de « changer le changement », en cessant de ressasser les solutions éculées, partisanes ou en trompe-l'oeil. Grand résistant, Hessel a salué à maintes reprises en Morin son frère de lutte et le metteur en forme du soulèvement des consciences et de l'engagement qu'il préconise. Tous deux ont marié leur ardeur et leur réflexion dans ce manifeste appelant à l'imagination et à l'exigence citoyenne pour redonner un horizon à ce siècle, un avenir à cette planète, une espérance à tous ceux à qui elle est ici et maintenant refusée.

  • Au moment où la question du nucléaire civil devrait occuper une place de choix dans la campagne électorale, elle n'est pas vraiment débattue par les principaux candidats. Or, à celle-ci est étroitement liée la question du nucléaire militaire, qui, loin d'être une réflexion réservée aux stratèges, nous concerne tous. Stéphane Hessel et Albert Jacquard conjuguent leur voix pour lancer un appel au désarmement nucléaire total, en complément d'un état des lieux établi avec l'Observatoire des armements. Parce que l'existence de ces armes menace le destin de l'Humanité. Parce que les arsenaux du monde entier contiennent l'équivalent de 60 000 bombes de la puissance de celle d'Hiroshima. Parce que l'Iran, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent ces armes dans un contexte géopolitique d'une extrême fragilité. Parce que l'avènement de l'ère nucléaire militaire, toute force de dissuasion, tout équilibre de la terreur, sont devenus de tragiques illusions. Parce qu'il n'est pas trop tard, et qu'une prise de conscience et une sensibilisation du public s'imposent.

  • La Birmanie, dictature militaire depuis le coup d'État de 1962, est-elle mûre pour la démocratie ?
    Pour certains analystes convaincus que les notions de démocratie et de droits de l'homme ne s'appliquent pas facilement à l'Asie, l'évolution de la Birmanie vers la démocratie n'a rien d'évident. Ce n'est pas l'avis d'Aung San Suu Kyi ni celui de Stéphane Hessel, pour qui les principes contenus dans la Déclaration des droits de l'homme ont valeur universelle. Loin d'un apprentissage de la démocratie, c'est d'un soutien résolu du monde extérieur dont ont besoin celles et ceux qui n'ont attendu personne pour appeler à une autre Birmanie.
    Aux yeux de Stéphane Hessel, la Dame de Rangoon joue " un rôle extrêmement important (...) à un moment où, dans le monde entier, la question des résistances au despotisme prend une place privilégiée. "
    Le respect quasi unanime manifesté à l'endroit d'Aung San Suu Kyi n'a pourtant pas empêché différents observateurs de lui prêter leurs propres vues. Journalistes, universitaires et autres consultants, convaincus qu'une levée des sanctions visant le régime militaire ne pouvait que favoriser son ouverture, ont ainsi affirmé à tort qu'Aung San Suu Kyi – favorable au maintien des mesures existantes – partageait leurs conceptions.

  • Que peut-on dire de nouveau sur un conflit de plus de cinquante ans, dont les paramètres de solution sont aujourd'hui connus par la communauté internationale ? MM. Hessel et Sanbar se sont accordés sur une démarche originale : retracer et analyser le cours des événements qui ont conduit à l'actuelle impasse et s'interroger sur le rapport entre légalité internationale et justice historique. Tous deux reviennent, au cours de leur échange, et dans le même souci de combiner témoignages et réflexions, sur les grandes dates du conflit.
    Elias Sanbar, né à Haïfa en 1947, s'est aussitôt retrouvé sur les routes de l'exil. Il parle du sentiment d'incompréhension et d'injustice qu'il partage avec son peuple. Stéphane Hessel, ancien résistant et déporté à Buchenwald, était diplomate à l'ONU lors de la création d'Israël, à laquelle il était favorable. Il avoue avoir des réserves depuis la guerre des Six Jours, où Israël ne peut plus justifier ses attaques par la légitime défense. Il pointe du doigt l'impunité du pays qui, en continuant la colonisation malgré les traités de paix, se place dans l'illégalité par rapport au droit international. Plus tard, ce sont ses liens avec des oligarchies financières du monde entier qui l'indignent.
    En analysant les causes du conflit et les éléments qui ont empêché les négociations d'aboutir, MM. Hessel et Sanbar parviennent encore à trouver des raisons d'espérer. Sur la possibilité même d'un État palestinien, ils posent comme préalable le retrait des colonies en Cisjordanie. Ils préconisent de former une région forte, où Israël et la future Palestine pourraient vivre ensemble sereinement. Stéphane Hessel, lui, en appelle au réveil du peuple israélien, dans la lignée du printemps arabe. Les auteurs finissent par sortir le conflit de son caractère exceptionnel de bataille pour une terre sainte, trop lourd à porter, et prônent un retour à la banalité, condition sine qua non de la fin de l'impunité israélienne.

  • Stéphane Hessel s'est toujours mobilisé pour défendre les droits de l'homme en général et, en particulier, la cause du peuple palestinien - il s'était rendu à Gaza en plein blocus. Depuis plusieurs années, il dialoguait avec Véronique De Keyser, députée au Parlement européen et vice-présidente du groupe des socialistes et démocrates, spécialiste du Moyen-Orient, qui a suivi la situation en Palestine pendant plus de dix ans.
    Ensemble, ils ont voulu faire part de leur indignation devant la frilosité des institutions européennes, qui ont laissé se dégrader l'état de ce pays, devenu une véritable tragédie humanitaire. Leur analyse nous replonge dans l'histoire récente, de l'élection de Mahmoud Abbas à son départ programmé. Occasions ratées, influences conflictuelles, dialogue impossible font rétrospectivement honte.
    /> Plus qu'un bilan, cet ouvrage envisage l'avenir. Quelles solutions pour le futur de la Palestine ? Comment inscrire le destin de ces femmes et de ces hommes dans le respect du droit international ? Comment instaurer des conditions pacifiées et pérennes, auxquelles la jeunesse palestinienne peut encore croire ? Avec finesse et franc-parler, Stéphane Hessel et Véronique De Keyser nous invitent à garder espoir.Stéphane Hessel Né en 1917, grand résistant, il fut un des pionniers de l'ONU et de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Stéphane Hessel est décédé en février 2013
    Véronique De Keyser Professeur à l'université de Liège et Doyen de la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation, Véronique De Keyser est aujourd'hui député européenne et vice-présidente du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen.

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