Langue française

  • « Je ne veux plus de la réalité / parce qu´elle a le goût d´une senteur trop vieille qui m´est arrivée trop jeune. » Voici une écriture qui ne se cherche pas; elle jaillit de source. Elle est délire en surface, mais sagesse en profondeur - la sagesse de la folie. Des réflexions anecdotiques sur l´amitié, la poésie, la beauté, l´estime, la maladie, la mort, l´éternité sont entremêlées de moments de fabulation aux allures de science-fiction, si bien que le tout acquiert un souffle cosmique. On en retire l´intuition vive d´une manière d´être autrement et étrangement. On y ressent la puissance de la conscience de soi en face à face avec l´aliénation, quelle qu´elle soit.

  • D'une voix distincte, Sylvie Maria Filion explore tour à tour la langue, l'amitié, la mémoire, la douleur et la mort. Une farandole de métaphores est présentée parfois en vers libres, quelques fois en rimes. Les textes sont lyriques, parfois ludiques et drôles comme des comptines d'enfant. Une voix originale, qui résonne de fougue, de rébellion, de hardiesse et d'invention.

  • Mary-Jane évolue dans un univers que la folie altère. En une suite d´esquisses troublantes, chacune semblant cerner l´essentiel, on saura plus ou moins clairement des choses à son sujet. Elle est « extra-terrestre du sexe », voyageuse astrale, dyslexique, hallucinée... Elle habite un immeuble douteux, erre dans les rues, fréquente un petit resto préféré. Elle a grandi dans la misère. Elle aurait connu, semble-t-il, une période de normalité : une carrière d´infirmière, un mari médecin, des enfants. Mais elle est maintenant tout et trop ce qu´elle est : aguichante et grotesque, solitaire et sociable, sereine et suicidaire. « La tueuse » sera son ultime particularité. Mais son acte fatal n´est pas plus sensé que tous les autres.

    Porté par une authentique voix d´auteure, ce roman se tient en équilibre précaire entre un surréalisme poétique et un réalisme cru. Kaléidoscopique, indécent, déconcertant, ce récit singulier donne à la démence un air de familiarité inquiétant.

  • Dans ce recueil où s´entremêlent terre d´hiver et exotisme, la narratrice vit à travers ses fantasmes pour contrôler la réalité: éternel combat puisque celle-ci revient toujours au front. Dans son univers rêves et réalité se confondent, joies et peines se succèdent à un rythme frénétique, et désespoir rime avec folie. « Sylvie Maria Filion [...] hérite vraiment et originalement de la manière surréaliste de Patrice Desbiens, truffée d´observations impossibles, de souffrances indicibles, de comparaisons ahurissantes et de mal d´être qu´on comprend d´autant mieux qu´on les saisit à peine. Mais [...] là où Patrice y va d´économie de moyens, qu´il cisèle, qu´il fait concis, Sylvie Maria Filion, elle, a un excès de souffle qui fait faire ouf ! » Normand Renaud

empty