• Édition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Pour l'amour de l'ingénue d'une troupe de comédiens nomades, le jeune baron de Sigognac qui se morfondait au château de la Misère en compagnie d'un valet, d'une haridelle, d'un chien et d'un chat, joue sur les tréteaux le rôle de Matamore, le « tranche-montagne ». Il prend le nom de capitaine Fracasse, suit la troupe à Paris et dispute Isabelle à son déloyal et puissant rival, le duc de Vallombreuse.
    Lorsqu'il écrit Le Capitaine Fracasse, Gautier vient d'avoir cinquante ans. Artiste accompli et journaliste influent, il souffre des nostalgies de l'homme arrivé.
    Cette célébration de l'audace bouffonne et de l'héroïsme au grand coeur, qui idéalise la belle, pourfend l'injustice et ridiculise les conformismes, lui sera prétexte à poursuivre lui-même une aventure aux sources du temps où il menait, impasse du Doyenné, une vie de bohème.
    Les prouesses du capitaine Fracasse retentissent du cliquetis des phrases, les contrées, les bouges, les châteaux vibrent des couleurs des mots et s'imprègnent de leurs parfums.
    Edition de Jean-Luc Steinmetz.

    2 Autres éditions :

  • Edition enrichie (présentation, notes, annexes, chronologie et bibliographie)« Elle était brune et pâle ; ses cheveux ondés et crêpelés, noirs comme ceux de la Nuit, se relevaient légèrement vers les tempes à la mode grecque, et dans son visage d'un ton mat brillaient des yeux sombres et doux, chargés d'une indéfinissable expression de tristesse voluptueuse et d'ennui passionné ; sa bouche, dédaigneusement arquée à ses coins, protestait par l'ardeur vivace de sa pourpre enflammée contre la blancheur tranquille du masque ; son col présentait ces belles lignes pures qu'on ne retrouve à présent que dans les statues. Ses bras étaient nus jusqu'à l'épaule, et de la pointe de ses seins orgueilleux, soulevant sa tunique d'un rose mauve, partaient deux plis qu'on aurait pu croire fouillés dans le marbre par Phidias ou Cléomène. En regardant cette tête si calme et si passionnée, si froide et si ardente, si morte et si vivace, il comprit qu'il avait devant lui son premier et son dernier amour, sa coupe d'ivresse suprême. » Editions de Bernard Auzanneau. 

  • De belles mortes ressuscitent par amour : des portraits, des tapisseries, des momies s'animent soudain pour venir perturber - ou égayer - l'existence d'innocents jeunes gens ; les époques, les morts et les vivants communiquent mystérieusement... Rêve ou réalité ?

  • Ces contes fantastiques nous plongent dans des univers étranges et dérangeants, mais qui signalent tous la présence d'une autre dimension dans notre quotidien. On y entrevoit ainsi la possibilité d'un regard différent sur les choses. Tirant toutes ces ficelles, Gautier joue bien sûr à nous faire peur, mais il nous montre aussi que l'art est une fenêtre ouverte sur l'idéal... dans chacune de nos vies.

  • Non loin du Nil, dans la vallée de Biban-el-Molouk, un jeune artistocrate anglais, lord Evandale, et un savant allemand, le docteur Rumphius, découvrent une tombe inviolée. Depuis plus de trois mille ans, nul n'a foulé le sol de ces chambres funéraires où repose le sarcophage d'un pharaon. Mais quand s'ouvre le lourd couvercle de basalte noir, les deux hommes trouvent, à leur grande stupéfaction, la momie parfaitement conservée d'une jeune fille... Un roman captivant qui mêle histoire et amour, un voyage au coeur de la civilisation fabuleuse des pharaons. Un classique passionnant.

    2 Autres éditions :

  • Fables de vampires, histoires de doubles et de sortilèges, ce recueil évoque par bien des traits une taverne allemande d'Hoffmann, avec ses monstres inquiétants et ses fantômes grinçants. On y retrouve, en effet, les thèmes chers à la première génération romantique, et notamment sa fascination pour le fantastique venu d'Ecosse ou de Rhénanie. A ceci près, cependant, que Théophile Gautier imprime sa marque propre à cet univers trouble de la rêverie humaine : chaque récit reçoit un supplément d'angoisse et de surnaturel qui renforce sa dimension fantastique et l'agrémente d'un surcroît de mystère.L'un des proches de Théophile Gautier avait affirmé que «c'était peu de dire qu'il était superstitieux, il était la superstition même...» Ces Contes et récits fantastiques en sont la parfaite illustration. Derrière le bon vivant se cache en fait un homme taraudé par les sombres figures de l'irrationnel. A sa manière, peut-être, un devancier du Breton de Nadja, lequel dénonce la vanité de «la conventionnelle opposition de la folie et de la raison qui se refuse à faire la part de l'irrationnel».Ce volume comprend : La Cafetière, Omphale, La Morte amoureuse, La Chaîne d'or ou l'Amant partagé, Une nuit de Cléopâtre, La Toison d'or, Le Pied de momie, Le Roi Candaule, Arria Marcella, Avatar, Jettatura.Edition établie par Alain Buisine.

  • On retient souvent de Théophile Gautier l'image d'un conteur chatoyant jouant avec une nonchalance sereine des prestiges du langage.
    Mais Beaudelaire avait su deviner chez ce poète un don pour décrire " l'attitude mystérieuse que les objets de la création tiennent devant le regard de l'homme ". Dans l'univers fantastique de Gautier, les mortes suscitent chez les vivants un désir très charnel (La morte amoureuse, Spirite), les objets s'animent (La cafetière), les personnages s'échappent des tapisseries pour se faire amants d'un soir (Omphale), et les hallucinations se succèdent jusqu'au vertige (La pipe d'Opium, le club des hachichins)...Inspirées des sciences occultes, à l'instar des contes d'Hoffman dont Gautier fut un fervent lecteur, ces récits, parus entre 1831 et 1856, consacrent le rêve comme seconde vie, et expriment, sous leur apparente légèreté, la hantise du temps et de la mort.

  • Folio junior TEXTES CLASSIQUES De nouvelles éditions pour rendre clairs et accessibles les grands textes du passé. Et un Carnet de lecture pour connaître l'auteur et mieux comprendre son oeuvre.

  • Un jeune homme s'apprête à devenir prêtre. Sa vie, jusqu'ici, fut un modèle pour tous. Mais en pleine messe, son regard croise celui d'une femme à la beauté sans égale. Et c'en est fini des convictions inébranlables. Lui qui consacre sa vie à Dieu est prêt à vendre son âme au Diable. Que lui importe alors les avertissements de ses congénères ? Cette femme est un suppôt de Satan, un vampire. La preuve ? Même après sa mort, elle continue de tourmenter le jeune prêtre, qui ne sait plus distinguer le songe de la réalité. Gentilhomme à Venise ou curé de campagne ? Jusqu'où le sortilège le mènera-t-il ?

  • « Les Jeunes France », c'est le nom que l'on donnait, dans les années 1830, à la jeunesse extravagante et chevelue gagnée à l'art romantique et aux idées contestataires. Dans ce recueil paru en 1833, Théophile Gautier, qui fut l'un des leurs, dépeint avec humour et panache leurs excès de langage, de conduite et de parure. Dialogue de deux ivrognes sur les vertus de leurs maîtresses (Sous la table), vie d'un peintre basculant dans la démence (Onuphrius), portraits de romantiques excentriques (Daniel Jovard, Élias Wildmanstadius), récit déjanté d'une orgie (Le Bol de punch), étude des mérites respectifs de l'amour domestique et de la passion impossible (Celle-ci et celle-là) : ces six « romans goguenards », injustement méconnus, dénoncent la folie de toute folie et marquent, deux ans avant Mademoiselle de Maupin, la véritable entrée de Gautier en littérature.
    À la suite des Jeunes France, cette édition rassemble une série de chroniques parues dans la presse à la même époque, qui témoignent d'un même esprit de dérision : Gautier y évoque les travers du bourgeois parisien, la laideur des acteurs, ou encore l'embonpoint des écrivains...


    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Laissez-vous guider pour un merveilleux voyage dans la Russie du XIXe siècle Théophile Gautier, (1811-1872), le « fils du soleil », s'émerveille devant les prestiges de la capitale des neiges qu'il appelle « l'Athènes du Nord ». Ébloui par les palais et les cathédrales aux teintes pastel, il glisse en traîneau sur la Perspective Nevski, pénètre dans le Palais d'Hiver et assiste à la bénédiction de la Néva en présence du tsar. Texte extrait de Voyage en Russie, 1867. Un témoignage saisissant de la main d'un passionné qui nous laisse envoutés par les charmes de Saint-Pétersbourg EXTRAIT La Néva est un beau fleuve, large à peu près comme la Tamise au pont de Londres ; son cours n'est pas long : elle vient du lac Ladoga, tout voisin, qu'elle déverse dans le golfe de Finlande. Quelques tours de roue nous amenèrent le long d'un quai de granit près duquel était rangée une flottille de petits bateaux à vapeur, de goélettes, de schooners et de barques. De l'autre côté du fleuve, c'est-à-dire sur la droite en remontant le cours, s'élevaient les toits d'immenses hangars recouvrant des cales de construction ; sur la gauche, de grands bâtiments à façade de palais, qu'on nous dit être le corps des mines et l'école des cadets de la marine, développaient leurs lignes monumentales. A PROPOS DE LA COLLECTION Heureux qui comme... est une collection phare pour les Editions Magellan, avec 10 000 exemplaires vendus chaque année. Publiée en partenariat avec le magazine Géo depuis 2004, elle compte aujourd'hui 92 titres disponibles, et pour bon nombre d'entre eux une deuxième, troisième ou quatrième édition. A PROPOS DE L'AUTEUR Théophile Gautier, né à Tarbes le 30 août 1811 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, est un poète, romancier et critique d'art français. Né à Tarbes, Théophile Gautier est cependant parisien depuis sa plus jeune enfance. Il fréquente Nerval, Victor Hugo, Charles Baudelaire et bien d'autres. Il s'essaie à tous les styles littéraires et voue une passion à la photographie.

  • Un recueil de souvenirs qui nous plonge au coeur du Paris littéraire et artistique d'avant la Grande guerre.

  • Une comédie de cape et d´épée au rythme étourdissant, dans une édition annotée et commentée pour les 4e.
    La pièce o Le cheval de la reine d´Espagne s´est emballé. Personne ne se précipite à son secours : en effet, tout homme qui ose toucher la reine est puni de mort. Mais Béatrix, sa suivante, promet sa main au sauveur, quel qu´il soit...
    O Une pièce recommandée dans le cadre de l´étude du théâtre en quatrième (4e) : « Théâtre, faire rire, émouvoir, faire pleurer ».
    Une édition « Spécial théâtre » L´édition de la pièce comprend :
    O des pistes d´ateliers théâtre, au fil du texte, pour une lecture active ;
    O une interview du metteur en scène Jean-Claude Penchenat.
    /> Et en accès libre sur www.youtube.com/, chaîne Théâtre Hatier : des extraits vidéo de la mise en scène de Jean-Claude Penchenat au théâtre Lucernaire (2012).
    Les autres compléments pédagogiques o Un guide de lecture avec des repères et un parcours de l'oeuvre.
    O Un groupement « Textes & image » sur le personnage du Matamore.
    O Une enquête « Histoire des arts » sur le genre de cape et d´épée, des Trois Mousquetaires à Zorro.
    Pour l´enseignant Sur www.classiquesetcie.com, un guide pédagogique proposant un descriptif complet de la séquence et des fiches d´activités photocopiables sur l´oeuvre.

  • Charles Baudelaire de Théophile Gautier Préface de Philippe Galanopoulos Editions Rivages Le 31 août 1867, à quarante-six ans, Charles Baudelaire s´éteint. L´un de ses plus fidèles amis écrit alors : « C´est fini. Il est mort hier, à onze heures du matin, après une longue agonie, mais douce et sans souffrance. Il était d´ailleurs si faible qu´il ne luttait plus. » Théophile Gautier écrit aussitôt une notice nécrologique, sobrement intitulée : « Mort de Baudelaire ». C´est la tristesse qui domine ce texte et, par-delà l´émotion immédiate, l´expression d´une admiration sincère pour l´oeuvre d´un « talent original et fort, dédaigneux jusqu´à l´excès des banalités qui facilitent la vogue ». Quelques mois plus tard, une seconde notice est publiée. L´auteur d´Emaux et camées y rend un magnifique hommage à l´un des plus grands maîtres de la poésie moderne et contemporaine. Avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse, et un talent évident pour les portraits littéraires, Théophile Gautier nous fait entrer dans l´intimité de l´immortel poète des Fleurs du Mal.

  • Partager les émotions des premiers écrivains-voyageurs et retrouver les racines d'un monde intemporel.
    Théophile Gautier explore l'Andalousie pendant l'été 1840. Son récit est le modèle du voyage romantique, avide d'aventures pittoresques, d'archaïsmes et de mélanges orientaux. À Grenade, il se fait enfermer dans l'Alhambra, visite les tanières des gitans et voyage dans le temps.
    Récit extrait du Voyage en Espagne de Madrid à Jérez, publié en 1843.
    Plongez dans ce récit d'aventures poétique qui offre un portrait de l'Andalousie au 19ème siècle !
    EXTRAIT
    En entrant, vous avez en face de vous, formant le fond du parallélogramme, la salle du Tribunal, dont la voûte renferme un monument d'art d'une rareté et d'un prix inestimables. Ce sont des peintures arabes, les seules peut-être qui soient parvenues jusqu'à nous. L'une d'elles représente la cour des Lions même avec la fontaine très reconnaissable, mais dorée; quelques personnages, que la vétusté de la peinture ne permet pas de distinguer nettement, semblent occupés d'une joute ou d'une passe d'armes. L'autre a pour sujet une espèce de divan où se trouvent rassemblés les rois maures de Grenade, dont on discerne encore fort bien les burnous blancs, les têtes olivâtres, la bouche rouge et les mystérieuses prunelles noires. Ces peintures, à ce que l'on prétend, sont sur cuir préparé, collé à des panneaux de cèdre, et servent à prouver que le précepte du Coran qui défend la représentation des êtres animés n'était pas toujours scrupuleusement observé par les Maures, quand bien même les douze lions de la fontaine ne seraient pas là pour confirmer cette assertion.
    A PROPOS DE LA COLLECTION
    Heureux qui comme... est une collection phare pour les Editions Magellan, avec 10 000 exemplaires vendus chaque année. Publiée en partenariat avec le magazine Géo depuis 2004, elle compte aujourd'hui 92 titres disponibles, et pour bon nombre d'entre eux une deuxième, troisième ou quatrième édition.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Théophile Gautier est un poète, romancier et critique d'art français. Ce maître du récit de voyage, dont s'inspireront tous les grands auteurs du XIXe siècle, lance ici la mode de voyage en Espagne et de l'orientalisme.

  • Le médecin aliéniste Moreau de Tours, qui a voyagé en Orient, crée en 1844 un club des Haschichins : à l´hôtel de Pimodan, sur l´île Saint-Louis à Paris, mis à sa disposition par un peintre, un groupe d´artistes, d´écrivains et d´esprits curieux se réunit pour consommer la drogue - qui ne se fume pas mais se mange alors sous forme de confiture verte. Parmi eux, Daumier, Dumas, Baudelaire, Delacroix, Nerval, Balzac, Flaubert, et Théophile Gautier qui met en scène ses visions grotesques, paradisiaques ou effrayantes, auxquelles il a ajouté une forte dose de jeu littéraire et d´ironie. Le Club des Haschichins est le récit de ses expériences au cours de l´hiver 1845-1846. Édition établie par Paolo Tortonese.

  • Lecture en français langue étrangère (FLE) au format numérique dans la collection Mise en scène destinée aux adolescents niveau 1 (300 à 500 mots).
    La morte amoureuseRomuald, un beau jeune homme, est heureux de devenir prêtre quand Clarimonde, une femme magnifique, lui rend visite et bouleverse sa vie.
    Théophile Gautier allie humour et fantaisie dans cette nouvelle fantastique qui raconte une étonnante histoire d'amour et de vampire.

  • « Trente-deux nouvelles, contes ou récits : la chatoyante palette d'un écrivain qui s'est toujours voulu peintre? Il était temps, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, de lui rendre, loin des éditions au conformisme fragmentaire et convenu, un vibrant hommage, sous le signe de cette exhaustivité qui, seule, peut permettre de suivre, au fil des années, entre 1830 et 1866, l'évolution, les facettes, les obsessions, les désirs et les rêves d'un écrivain complet. » Claude Aziza Théophile Gautier, dans ses nouvelles, aborde tous les genres, historique, fantastique, merveilleux, ironique, réaliste. Nul autant que lui n'a joué avec les obsessions de son temps : la soif des ténèbres, la soif de l'exotisme, les tourments de l'âme et la peur de la Femme.

    Edition établie par Claude Aziza

  • Chevalier d'Albert fantasizes about his ideal lover, yet every woman he meets falls short of his exacting standards of female perfection. Embarking on an affair with the lovely Rosette to ease his boredom, he is thrown into tumultuous confusion when she receives a dashing young visitor. Exquisitely handsome, Théodore inspires passions d'Albert never believed he could feel for a man - and Rosette also seems to be in thrall to the charms of her guest. Does this bafflingly alluring person have a secret to hide? Subversive and seductive, Mademoiselle de Maupin (1835) draws readers into the bedrooms and boudoirs of a French château in a compelling exploration of desire and sexual intrigue.

  • Volume mis à jour et augmenté à l'occasion de la sortie du fascicule papier.
    « Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier en 1939. Ville éternelle, ville lumière, Pantruche, Paname...
    Pourtant nombre d´auteurs ont rêvé d´autres Paris, de Paris du futur. Nous proposons quelques-unes de ces visions datant de 1851 jusqu´à 1906 dans ce volume. Émile Souvestre propose en 1843 une anticipation qui n´est guère réjouissante dans Le Monde tel qu´il sera où les banquiers ont pris le pouvoir, les enfants sont allaités par des nourrices à vapeur, la presse est sous le monopole d´un seul titre et les citoyens sans cesse contrôlés. Vingt ans plus tard, Jules soumet le manuscrit de Paris au XXe siècle (écrit vers 1863) à son éditeur Hetzel qui le refuse. D´autres textes sont publiés comme ceux de Pierre Véron (En 1900, 1878), Émile Calvet (Dans mille ans, 1883), ou d´Albert Robida (Le Vingtième siècle en 1882 ou La Vie électrique en 1892). Entre 1851 et 1906 plusieurs auteurs imaginent des Paris futurs. Ces visions sont très variées et naviguent entre utopie sociale, satire et humour. Chaque texte a ses caractéristiques propres et parfois surprend par sa modernité. Théophile Gautier donne deux articles au journal Le Pays en décembre 1851 sous le titre « Paris futur » qui sont recueillis dans Caprices et Zig-Zags en 1852. Raillant le nombrilisme parisien, le « parisianisme », et son orgueil déplacé, il compare le pauvre Paris du XIXe siècle aux splendeurs des villes antiques avant d´imaginer une remise à plat (au sens propre). Deux ans plus tard, Joseph Méry répond à Théophile Gautier avec un « Paris futur » satirique que Françoise Sylvos caractérise ainsi : « Il y brocarde tous les travers de Paris qui font partie des lieux communs du pré-urbanisme utopique. Sur le mode de Boileau ou dans la tradition de Montesquieu, il critique les embarras de Paris et propose d´enjamber les avenues encombrées à l´aide d´arches ressemblant à des galeries couvertes. Ces dernières permettent aux piétons de vivre, de consommer sans avoir à traverser les grandes artères de la capitale. » Que d´eau, que d´eau, pourrait-on ajouter mais pour le comprendre, il faut lire ce texte. » Le « Paris Futur » de Victor Fournel est beaucoup plus sérieux. Historien de Paris, il imagine ce que pourrait être le Paris de l´avenir selon un « modèle exacerbé de l´urbanisme haussmannien ». En 1869, Tony Moilin, futur communard, rêve d´un Paris utopique dans Paris en l´an 2000. Comme il l´indique dans son avertissement : « Le Paris dont il est question dans cet ouvrage ne ressemble guère, je l´avoue, au Paris actuel. À tous les incrédules qui trouveraient mes réformes trop radicales et impossibles à réaliser, je ne répondrai qu´un seul mot : c´est que d´ici à l´an 2000 il s´écoulera 131 années, et que, pendant ce long laps de temps, il pourra survenir plus d´une révolution et se faire bien des changements. » Si l´extrait proposé ici ne concerne que la « transformation de Paris », l´utopie de Tony Moilin balaie l´ensemble des réformes dont il rêve : organisation du travail, société, instruction, gouvernement, religion et moeurs. Il ne survit pas à la Semaine sanglante et est fusillé le 28 mai 1871. Le texte d´Arsène Houssaye nous projette en « L´An trois mille sept cent quatre-vingt-neuf » dans un Paris devenu une capitale de l´univers pleine de poésie. Finissons sur la note humoristique que nous offre Eugène Fourrier imaginant des archéologues du futur décryptant une bien mystérieuse inscription communément gravée sur les murs de Paris.
    - Philippe Éthuin Le site compagnon ARCHÉOSF Le site de Philippe Éthuin

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