• « Je suis citoyen du monde, car la vraie citoyenneté est celle qui s'étend au monde entier. » Voilà comment Diogène de Sinope, philosophe grec du IVe siècle avant Jésus-Christ, déclarait son cosmopolitisme. Cette affirmation restera toujours de l'ordre de l'utopie, une proposition philosophique, ou encore une attitude personnelle en regard du monde.

    À la fin du XXe siècle, plusieurs penseurs contemporains annoncèrent que le cosmopolitisme était pour ainsi dire devenu vrai. L'après-guerre avait vu naître des organisations politiques internationales; des tribunaux humanitaires à portée planétaire s'imposaient, l'économie se mondialisait et se dotait d'outils internationaux de régulation, les migrations définissaient une nouvelle pluralité cosmopolite. Les frontières tant politiques, économiques, culturelles que démocratiques de l'État-nation s'effaçaient. La fin de l'histoire était là.

    Le présent ouvrage s'intéresse à ce débat. Le cosmopolitisme est-il impolitique ?

  • Évangéline : héroïne fictive plus vraie que nature Qui est Évangéline ? L´héroïne d´un poème de Henry Wadsworth Longfellow, imaginée pour incarner les idéaux d´une Amérique en train de se définir ? Une référence identitaire, muse de la renaissance acadienne ? Un symbole rassembleur des racines des Cadiens de la Louisiane ?
    La réponse, constate le sociologue Joseph Yvon Thériault, n´a cessé d´évoluer et se trouve aujourd´hui quelque part entre poésie et histoire.

  • Dans « Faire société », Joseph Yvon Thériault poursuit l´analyse des tribulations identitaires de l´Acadie et des francophonies minoritaires du Canada qu´il avait amorcée en 1995 dans L´identité à l´épreuve de la modernité (Prix France-Acadie).

    S'il y a une constante et une originalité dans l´aventure des francophonies d´Amérique du Nord, c´est bien celle de vouloir faire oeuvre de civilisation en français dans le continent anglo-américain. Cette idée, présente déjà en Amérique française, a été reprise et réinterprétée dans le projet canadien-français, et reconduite, depuis les cinquante dernières années, principalement par la mouvance nationaliste québécoise.

    Aujourd'hui, pourtant, en Acadie et au sein des francophonies minoritaires, l'ambition de faire société demeure présente même si elle est mise à rude épreuve, que ce soit au plan de la réalité - le fait minoritaire - ou de la représentation - leur exclusion de l´imaginaire québécois et l´attraction de l´imaginaire canadien. Entre l´affirmation d´une continuité nationale unissant Canada français et francophonies minoritaires, et celle d´une rupture ayant disloqué le Canada français en autant de fragments constitutifs de la mosaïque multiculturelle canadienne, la tension reste forte.

    Si le Canada français n´est plus une réalité historique ni un espace sociopolitique commun, il en reste une trace encore lisible. Une mémoire vivante qui vient d´une expérience historique particulière, mais dont il faut chercher le sens. La lecture de cette trace se différencie selon le lieu à partir duquel on lit cette tradition : de l´Acadie, de l´Ontario français, du Québec.

    Les essais réunis dans Faire société, écrits de 1995 à 2005, relatent les enjeux et les écueils rencontrés par les francophonies minoritaires dans leurs parcours récents qui visent à faire société. Cet ouvrage rend compte de ce fait.

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