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    Toni Morrison

    Amérique 1950 : le « White only » s'applique partout : bus, hôtels, culture ; pour un soldat noir, voyager d'un État à l'autre est une odyssée. C'est dans un pays au bord de l'implosion que, de retour de la guerre de Corée, Frank Money, miné par de terribles crises d'angoisse et une incapacité totale à renouer avec les autres, reçoit un appel au secours de sa soeur gravement malade, lui demandant de venir à Atlanta. Il se lance alors dans la traversée de cette Amérique ségrégationniste pour la ramener à Lotus, ville de leur enfance. Un voyage emblématique vers ce lieu fantasmé comme détesté, aimé et subi, durant lequel Franck Money se redécouvrira pour se reconstruire. Toni Morrison fait de ce roman, condensé au vitriol de la mémoire honteuse de cette époque, un miroir tendu à l'Amérique d'aujourd'hui.
    Approuvée par l'auteure elle-même, Anna Mouglalis donne au roman de Toni Morrison ce mélange de gravité et de sérénité qui en font déjà un texte mémorial.
    Durée : 4 h

  • On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

  • C'est l'histoire de jeunes gens venus voir une vieille femme, aveugle et sage, descendante d'esclave, noire et américaine. Ils disent tenir un oiseau entre leurs mains. L'aïeule ne sait s'il est vivant ou mort. Elle représente l'écrivaine, l'oiseau, la langue. En s'appuyant sur cette métaphore, Toni Morrison déploie avec une rare poésie l'idée qui traverse toute son oeuvre : nous sommes tous, individuellement et collectivement, responsables de notre relation à l'autre, à travers ce qui nous lie à jamais : le langage.


    Nous sommes mortels. C'est peut-être cela, le sens de la vie.
    Mais nous générons du langage. C'est peut-être cela, la mesure de notre existence.

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